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Charles III au Kenya : "ll ne peut pas y avoir d'excuse" aux abus coloniaux au Kenya"

novembre 01, 2023 0 215

 

L’empire britannique a exercé pendant près de 70 ans une domination coloniale aux conséquences encore décriées.

Accaparement des terres ou encore massacre des autochtones, les Kényans appellent en vain, depuis des années, à des excuses publiques de l’ancienne puissance coloniale. 

"Des actes de violence odieux et injustifiables ont été commis à l'encontre de Kényans alors qu'ils menaient (...) une lutte douloureuse pour l'indépendance et la souveraineté. Et pour cela, il ne peut pas y avoir d'excuse. Rien de tout cela ne peut changer le passé, mais en abordant notre histoire avec honnêteté et ouverture, nous pouvons peut-être démontrer la force de notre amitié aujourd'hui et, ce faisant, nous pouvons, je l'espère, continuer à construire un lien toujours plus étroit pour les années à venir", a déclaré le roi Charles III du Royaume-Uni, dans un discours prononcé à Nairobi, mardi 31 octobre, quelques heures après avoir foulé le sol kényan, dans le cadre d’une visite officielle de quatre jours, accompagné de la reine Camilla.

Dans son discours, le souverain de 74 ans n’a pas présenté les excuses de l’ancienne puissance coloniale, très attendues, sur les « atrocités » de la colonisation. S’il a qualifié « d’odieux » le traitement réservé aux Kényans pendant le soulèvement des Mau Mau, le roi Charles III n’a fait qu'exprimer sa « grande tristesse » et de « profonds regrets ».

L'un des épisodes les plus meurtriers est la révolte des Mau Mau, dont la répression par le pouvoir colonial britannique a fait plus de 10 000 morts entre 1952 et 1960. Trente-deux colons avaient également été tués.

De nombreuses organisations kényanes d'anciens combattants et de défense des droits humains attendaient davantage de la part des autorités britanniques, qui ont pour l'instant simplement exprimé en 2013 des "regrets sincères" pour les violences coloniales au Kenya.

La déclaration de Charles III intervient dans un contexte de tensions suscitées par sa venue. Depuis l’annonce de cette visite, la première dans le Commonwealth depuis son couronnement, en mai 2023, des voix se sont élevées pour exiger des réparations et excuses publiques « inconditionnelles », « sans équivoque » du gouvernement britannique, pour tous les préjudices infligés aux Kényans durant la période coloniale. 

Charles III s'était auparavant rendu symboliquement sur les lieux de la proclamation de l'indépendance du Kenya, au premier jour de sa visite dans ce pays d'Afrique de l'Est, où se sont multipliées les demandes d'excuses.

Ancienne puissance coloniale de 1895 jusqu’à l’indépendance du Kenya acquise en décembre 1963, le Royaume-Uni est accusé de nombreux crimes. Entre autres, le massacre de dizaines de milliers de personnes de la communauté autochtone des Mau Mau, dans une révolte contre le colonisateur. Mais ce chiffre va au-delà de ces estimations, selon des défenseurs des droits humains. En 2013, Londres a accepté de verser 24 millions $ en guise de dédommagement. Cependant, aucune excuse n’a jusqu'ici été publiquement présentée. Le royaume s’était jusque-là contenté de reconnaître et regretter ces « crimes ».

« Bien qu’il y ait eu des efforts pour expier la mort, les blessures et les souffrances infligées aux Africains par le gouvernement colonial, il reste encore beaucoup à faire pour obtenir des réparations complètes », a pour sa part exprimé le chef de l'État kényan, William Ruto.

Les échanges entre les deux pays représentaient environ 1,2 milliard de livres (1,375 milliard d'euros) annuels à fin mars 2023.

Last modified on mercredi, 01 novembre 2023 22:02

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