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La présidence de l’Union africaine source d'une grande rivalité entre le Maroc et l’Algérie

janvier 30, 2024 0 251

Addis-Abeba accueillera, les 17 et 18 février, la 37e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etats de l'Union africaine.

Le sommet verra l’élection d’un nouveau président de l’UA, pour un mandat d’une année ; un poste qui reviendra au groupe de l’Afrique du nord entre le Maroc et l’Algérie.

La désignation du successeur du président de l’Union des Comores, Azali Assoumani sera connu lors de ce sommet.

La rivalité maroco-algérienne avait bloqué la nomination du premier vice-président de l’UA au 36e sommet en 2023. Aucun Etat n’a voulu se désister en faveur de l’autre.

L’Afrique du Nord devra décider lequel de ses sept membres est le plus apte à présider l’UA. Cependant, les disputes et le conflit de longue date entre l’Algérie et le Maroc au sujet du statut du Sahara occidental ne manqueront pas d’opposer les deux pays, qui pèseront probablement de tout leur poids pour faire élire une présidence à même de défendre leurs intérêts nationaux.

La dernière présidence tournante de l’Afrique du Nord a été assurée par l’Égypte en 2019. Le Maroc a été réadmis dans le giron de l’UA en 2017 et s’est prudemment efforcé de faire valoir sa présence et de nouer des relations avec les États membres et la Commission de l’UA. Après six années d’adhésion à l’UA et un deuxième mandat consécutif au Conseil de paix et de sécurité (CPS), le Maroc s’est lancé dans une campagne sérieuse pour sa première tentative de briguer la présidence de l’UA. L’Algérie en a fait de même, pour ce qui constitue également sa première candidature à cette fonction.

L’Algérie et le Maroc disposant de ressources, de moyens et de capacités similaires, le consensus régional sera un facteur déterminant de l’issue du processus. Si les États ne parviennent pas à se mettre d’accord sur l’un ou l’autre des deux pays, un candidat du compromis devra être trouvé parmi les autres États de la région (l’Égypte, la Libye, la Mauritanie, la Tunisie ou le Sahara occidental). Si cet objectif n’est pas atteint, le poste devra être attribué à une autre région, probablement l’Afrique australe. Les États d’Afrique du Nord et d’Afrique australe devraient donc se tenir prêts à remplir cette fonction.

La rivalité entourant la course à la présidence de l’UA en Afrique de l’Est et en Afrique du Nord ne porte pas uniquement sur les différents intérêts nationaux et régionaux, mais également sur les avantages liés à cette fonction. Comme le souligne l’article 6 (4) de l’Acte constitutif de l’UA, la présidence permet à l’État élu de déterminer le cap à suivre pour le continent. Ce rôle s’accompagne d’un prestige et d’un rayonnement inhabituels, indépendamment de la taille et des capacités du pays.

Les États membres considèrent cette fonction comme de plus en plus stratégique. Les avantages qui en découlent peuvent varier d’un pays à l’autre, en fonction de l’État membre concerné. Pour les grands États, la présidence est souvent considérée comme une occasion de mettre en avant leur puissance, comme ce fut le cas pour l’Égypte (2019-2020) et l’Afrique du Sud (2020-2021). Pour les petits États, il s’agit surtout d’accroître leur influence diplomatique, même seulement pour 12 mois. Ils saisissent l’occasion d’exprimer des préoccupations souvent peu prises en compte.

La présidence tournante a été instituée pour encourager la participation des États membres à la conduite de l’UA tant sur le plan interne que multilatéral. Ce système visait également à renforcer l’esprit de fraternité entre les pays africains, pourtant, les querelles régionales empêchent le bureau de l’UA de fonctionner correctement depuis 2022.

Dans les semaines à venir, les autres membres de la région de l’Afrique du nord (Tunisie, Libye, Egypte, Mauritanie et Polisario) devront jouer les arbitres entre le Maroc et l’Algérie. Faute de consensus, ils devront désigner un candidat de compromis. Si cet objectif n’est pas atteint, le poste devrait être attribué à une autre région africaine.

Une éventuelle victoire de l’Algérie, permettrait au président Abdelmadjid Tebboune de siéger, durant trois années, au mécanisme de la troïka africaine sur le Sahara occidental, lancé en 2018 lors du sommet de l'UA de Nouakchott.

Last modified on mardi, 30 janvier 2024 19:28

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