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Lomé, 31 mai 2026 – La disparition progressive des forêts constitue aujourd'hui l'un des défis environnementaux majeurs du Togo.

Désertification, baisse de la fertilité des sols, perturbations climatiques et raréfaction des ressources en eau sont autant de conséquences qui accroissent les autorités à faire du reboisement une priorité nationale.

Les chiffres illustrent l’ampleur de la situation. Selon les données officielles, le couvert forestier togolais diminue au rythme de 0,42 % par an, tandis que les efforts de replantation ne permettent de récupérer que 0,14 % sur la même période. Chaque année, près de 5 679 hectares de forêts disparaissent contre environ 2 000 hectares reboisés. Le pays enregistre ainsi une perte nette de 3 679 hectares par an, soit l'équivalent de plusieurs millions d'arbres qui cessent de jouer leur rôle dans la protection des écosystèmes.

Les effets de cette déforestation sont déjà visibles dans plusieurs régions du pays. Dans la Kara et les Savanes, l'appauvrissement des sols affecte les rendements agricoles tandis que les points d'eau deviennent de plus en plus vulnérables aux longues périodes de sécheresse. Les populations constatent également une élévation des températures et une irrégularité croissante des saisons pluvieuses, compliquant les activités agricoles qui dépendent fortement des prélèvements.

Sur le littoral, la situation est tout aussi préoccupante. L'érosion côtière continue de gagner du terrain à mesure que disparaissent certaines barrières naturelles, exposant davantage les villages riverains et les infrastructures aux assauts de l'océan.

Face à ces défis, le gouvernement togolais a lancé en 2021 une politique ambitieuse de restauration du couvert végétal. L'objectif est de mettre en terre un milliard de plantes d'ici à 2030 afin de porter la couverture forestière nationale de 24,24 % à 26 %. Pour atteindre cette cible, le pays doit produire et planter près de 100 millions d'arbres chaque année sur une superficie estimée à 67 000 hectares.

Cette ambition repose toutefois sur une mobilisation collective, tant les causes de la déforestation restent profondément enracinées dans les pratiques quotidiennes. Le recours massif au charbon de bois demeure l'un des principaux facteurs de destruction des forêts. Source d'énergie essentielle pour une grande partie des ménages, sa production entraîne l'abattage de nombreux arbres chaque année.

L'agriculture sur brûlis contribue également à la réduction du couvert forestier. Dans plusieurs localités des régions des Plateaux, de la Kara et des Savanes, des parcelles sont régulièrement incendiées pour l'ouverture de nouveaux champs. Si cette méthode permet une exploitation rapide des terres, elle accélère également leur dégradation et favorise l'avancée de la désertification.

À cela s'ajoutent les feux de brousse qui ravagent chaque saison sèche des milliers d'hectares de végétation, ainsi que l'exploitation illégale d'essences précieuses telles que le caïlcédrat, l'iroko ou le samba. L'urbanisation rapide des grandes villes, notamment Lomé, Sokodé, Kara et Atakpamé, exerce également une pression croissante sur les espaces verts situés en périphérie urbaine.

Pour les autorités et les acteurs de la protection de l'environnement, planter un arbre ne relève plus uniquement d'un acte symbolique célébré chaque 1er juin à l'occasion de la Journée nationale de l'arbre. Il s'agit désormais d'une nécessité stratégique pour préserver les ressources en eau, protéger les terres agricoles, atténuer les effets du changement climatique et garantir des conditions de vie durables aux générations futures.

À l'heure où les défis environnementaux se multiplient, le message des campagnes de sensibilisation demeure plus actuelle que jamais : préserver la forêt, c'est préserver l'avenir. Car le coût de l’inaction pourrait être bien plus élevé que celui des efforts engagés aujourd’hui pour reverdir le territoire national.