Lomé, 4 mai 2026 — La célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse a pris, cette année au Togo, une résonance particulière. Le Syndicat National des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT) a profité de cette tribune pour interpeller l’opinion publique et les autorités sur une problématique de fond : la précarité persistante des professionnels des médias, qu’il considère comme une menace directe pour l’indépendance de la presse.
Dans son communiqué publié le 3 mai, l’organisation syndicale rend hommage à la résilience des journalistes togolais, qui continuent d’exercer leur métier dans un environnement jugé difficile. Mais au-delà de cet hommage, le SYNJIT met en garde contre une réalité inquiétante : une presse ne peut être véritablement libre si ceux qui la font vivre évoluent dans l’insécurité économique.
Pour le syndicat, la question salariale est désormais centrale dans le débat sur la liberté de la presse. La faiblesse des rémunérations expose les journalistes à diverses formes de pressions, compromettant ainsi leur rôle de garants de la démocratie. Dans un contexte national marqué par des défis socio-économiques multiples, le SYNJIT insiste sur la nécessité de garantir des conditions de travail décentes pour préserver l’intégrité de l’information.
Face à cette situation, le SYNJIT révèle avoir officiellement saisi la ministre de la Communication et des Médias afin d’accélérer la mise en place du comité de suivi de la Convention collective signée en octobre 2022. L’objectif est clair : adapter sans délai la grille salariale des journalistes aux réalités actuelles.
Le syndicat souligne que la revalorisation du SMIG à 52 500 FCFA, effective depuis janvier 2024, rend obsolètes les barèmes en vigueur dans le secteur des médias. À ses yeux, continuer à appliquer ces anciennes grilles revient à fragiliser davantage une profession déjà vulnérable.
Dans une démarche inclusive, le SYNJIT invite l’ensemble des parties prenantes à prendre leurs responsabilités. Il exhorte les employeurs du secteur médiatique à engager un dialogue constructif pour une mise à jour effective des salaires. Il appelle également le gouvernement à honorer ses engagements contractuels, tout en encourageant les journalistes à rester mobilisés pour la défense de leurs droits.
En filigrane, le message du SYNJIT est sans équivoque : améliorer les conditions de vie des journalistes, c’est renforcer la qualité de l’information et consolider la démocratie. À l’heure où les défis se multiplient, la dignité salariale apparaît comme un pilier incontournable pour bâtir une presse togolaise plus libre, plus professionnelle et plus résiliente.
Jean-Marc Edron

