Lomé, 31 mai 2026 – Le 1er juin 2026, le Togo célébrera la 49e édition de la Journée nationale de l’arbre, une initiative devenue au fil des décennies un symbole fort de la lutte contre la dégradation de l’environnement et de la préservation du patrimoine forestier national.
Instaurée en 1977 sous l’impulsion du président Gnassingbé Eyadéma, cette journée est née dans un contexte marqué par les sévères sécheresses qui ont frappé le pays entre 1972 et 1976. À cette époque, les récoltes avaient été durement affectées et plusieurs cours d’eau, de la Kara au Zio en passant par le lac Togo, avaient subi les conséquences du déficit pluviométrique. Face à cette situation, les autorités avaient lancé ce qui fut alors appelé la « révolution verte », avec pour objectif de freiner l’avancée de la désertification et de restaurer les écosystèmes fragilisés.
Près d’un demi-siècle plus tard, le geste de planter un arbre conserve toute sa portée. Chaque année, la Journée nationale de l’arbre marque le lancement officiel de la campagne nationale de reboisement et mobilise l’ensemble des couches de la population autour d’un même idéal : protéger l’environnement pour les générations futures.
Depuis 1977, des millions d’arbres ont été mis en terre à travers le pays, des Savanes à la région Maritime, en passant par la Kara, la Centrale et les Plateaux. Malgré ces efforts, les défis environnementaux demeurent considérables. Selon les données officielles, le Togo a perdu plus de 40 % de sa couverture forestière au cours du dernier siècle. Alors que les forêts couvraient environ 67 % du territoire national au début du XXe siècle, elles ne représentent aujourd’hui que 24,24 % de sa superficie.
Face à cette réalité, plusieurs zones forestières font l’objet d’une attention particulière. Les massifs de Misahöhé, dans la région des Plateaux, d’Akloa ainsi que le parc national de Fazao-Malfakassa figurent parmi les principaux espaces de conservation du pays. Sur le littoral, les mangroves situées entre Aného et Kpémé jouent également un rôle stratégique. En plus de protéger les côtes contre l’érosion, elles constituent des habitats essentiels pour de nombreuses espèces de poissons et de crustacés dont dépend la pêche artisanale.
Au-delà de sa dimension environnementale, la Journée nationale de l’arbre est devenue un véritable rendez-vous citoyen. Écoles, administrations publiques, organisations de la société civile, associations de jeunes et communautés locales participent chaque année à des opérations de reboisement dans les quartiers, les villages, les champs et le long des berges.
Les spécialistes de l’environnement rappellent que les arbres contribuent à la régulation du climat, à la protection des sols, à la préservation de la biodiversité et à l’amélioration de la qualité de l’air. Dans un contexte marqué par l’intensification des vagues de chaleur et l’irrégularité croissante des saisons, le reboisement apparaît plus que jamais comme une réponse concrète aux effets du changement climatique.
À travers cette 49e édition, les autorités togolaises invitent chaque citoyen à poser un geste simple mais porteur d’avenir. Planter un arbre le 1er juin ne constitue pas seulement un hommage à l’héritage de 1977 ; c’est aussi un engagement en faveur d’un Togo plus vert, plus résilient et mieux préparé aux défis environnementaux de demain.

