La Côte d’Ivoire franchit un nouveau cap dans son processus de transformation économique. Selon un rapport de la Banque africaine de développement (BAD), le pays figure désormais parmi les dix économies les plus industrialisées du continent africain en 2025.
L’étude, qui a évalué les performances industrielles de 54 pays africains, s’appuie sur plusieurs critères, notamment la production manufacturière, les exportations industrielles, la compétitivité ainsi que l’intégration dans les chaînes de valeur. Avec un indice de 0,6173, la Côte d’Ivoire occupe la 10ᵉ place du classement continental.
Cette progression reflète les efforts entrepris par les autorités ivoiriennes pour accélérer l’industrialisation du pays. La stratégie mise en œuvre repose en grande partie sur la valorisation des ressources agricoles, notamment le cacao, l’hévéa et l’anacarde, qui constituent les principaux moteurs de l’économie nationale.
L’agro-industrie s’impose ainsi comme l’un des piliers de la politique industrielle ivoirienne. Le gouvernement privilégie désormais la transformation locale des matières premières afin d’accroître la valeur ajoutée, de créer davantage d’emplois et de réduire la dépendance aux exportations de produits bruts.
Pour soutenir cette ambition, plusieurs infrastructures industrielles structurantes ont été développées. Parmi elles figurent la plateforme industrielle d’Akoupé-Zeudji (PK24), qui s’étend sur près de 1 000 hectares, le pôle agro-industriel de Kogo spécialisé dans la transformation de l’anacarde, ainsi qu’une nouvelle zone industrielle de 431 hectares en cours d’aménagement à Anyama. Ces investissements visent à désengorger Abidjan tout en favorisant l’essor industriel dans les régions de l’intérieur du pays.
Parallèlement, la Côte d’Ivoire mise sur la diversification de son tissu industriel à travers le développement de secteurs à forte valeur ajoutée. L’assemblage automobile connaît notamment une montée en puissance avec des initiatives portées par des acteurs tels que Kpandji et Sotra Industries. Dans le secteur agroalimentaire, plusieurs complexes industriels capables de traiter plus de 50 000 tonnes de produits agricoles ont récemment été mis en service afin de renforcer la transformation locale et la sécurité alimentaire.
L’industrie pharmaceutique bénéficie également d’investissements importants. Des groupes internationaux, notamment chinois, ainsi que la Société africaine d’industrie pharmaceutique (SAIPH), contribuent à l’expansion des capacités de production locales, un secteur historiquement dominé par des entreprises comme CIPHARM.
Au-delà de l’agro-industrie et de la pharmacie, les autorités ivoiriennes accordent une attention particulière aux secteurs de l’énergie et des mines. L’exploitation des ressources pétrolières, gazières et minières est appelée à jouer un rôle stratégique dans le renforcement du secteur secondaire et dans l’amélioration de la compétitivité industrielle du pays.
À travers ces différentes initiatives, la Côte d’Ivoire affiche son ambition de devenir un hub industriel de référence en Afrique de l’Ouest. L’objectif est de stimuler la création d’emplois décents pour les jeunes, de renforcer la transformation locale des richesses nationales et de réduire progressivement la dépendance aux importations.

