Après plus d’une décennie de tentatives infructueuses, le Ghana relance son ambition de se doter d’une compagnie aérienne nationale. Le gouvernement a officiellement lancé, le 28 avril 2026, un processus de sélection d’un partenaire stratégique, avec une approche renouvelée : confier la majorité du capital à un acteur privé.
Selon le ministère des Transports, cette nouvelle compagnie devra être conçue comme un transporteur compétitif et viable à l’échelle internationale. Basée à Accra, elle ambitionne de positionner la capitale ghanéenne comme un hub régional et intercontinental du transport aérien.
Le processus de sélection se déroulera en trois phases d’échanges avec les partenaires potentiels. Le futur investisseur devra démontrer une expertise avérée dans l’exploitation aérienne, une conformité aux normes réglementaires et une capacité financière solide pour soutenir l’acquisition d’une flotte et le développement du réseau.
Fait notable, le gouvernement ghanéen entend rompre avec les modèles précédents en laissant au partenaire stratégique une participation majoritaire dans la coentreprise. Une orientation qui traduit un basculement vers un pilotage par le secteur privé, jugé plus apte à garantir la rentabilité et la durabilité du projet.
La future compagnie devrait opérer des liaisons long-courriers vers l’Europe, l’Amérique du Nord, le Moyen-Orient et l’Asie, tout en assurant des dessertes régionales et des activités de fret.
Les investisseurs intéressés ont jusqu’au 29 mai 2026 pour soumettre leurs offres. Le partenaire retenu devra être en mesure de lancer les opérations à court terme, avec un objectif fixé au plus tard au premier trimestre 2027.
Ce projet intervient dans un contexte marqué par l’absence de compagnie nationale depuis plus de 15 ans. L’ancienne Ghana Airways, créée en 1958, a cessé ses activités en 2004 après de lourdes difficultés financières. Sa remplaçante, Ghana International Airlines, n’aura opéré que jusqu’en 2010.
Depuis 2016, plusieurs tentatives de relance ont échoué, malgré des discussions avec des acteurs comme Air Mauritius, West Atlantic Group, ou encore des consortiums impliquant Ethiopian Airlines et EgyptAir.
Avec ce nouveau schéma, les autorités ghanéennes espèrent enfin concrétiser un projet stratégique visant à renforcer l’offre nationale, réduire la dépendance aux compagnies étrangères et positionner durablement le pays dans le transport aérien régional et international.

