Thumbnail 8
previous arrow
next arrow

Séoul accueille cette semaine le Forum d’affaires Corée-Afrique 2026, un rendez-vous majeur consacré au renforcement des échanges commerciaux, des investissements et de la coopération industrielle entre la Corée du Sud et les pays africains. Organisé en marge de la Réunion des ministres des Affaires étrangères Corée-Afrique, l’événement a réuni plusieurs centaines de décideurs publics et privés autour des perspectives offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Proposé sous l’égide du ministère sud-coréen des Affaires étrangères, le forum a été organisé par l’agence de presse Yonhap, la Fondation Corée-Afrique, l’Agence coréenne de promotion du commerce et de l’investissement (KOTRA) ainsi que l’Association coréenne du commerce international (KITA).

Au terme de la réunion ministérielle tenue la veille, la Corée du Sud et les États africains ont adopté une déclaration commune appelant à un renforcement de la coopération économique et stratégique. Les deux parties entendent notamment approfondir leurs partenariats dans les chaînes d’approvisionnement, les minéraux critiques et les secteurs industriels d’avenir, dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les perturbations des échanges mondiaux.

Quelque 300 chefs d’entreprise, responsables gouvernementaux et représentants d’organisations internationales ont pris part à cette rencontre, représentant 50 pays africains sur les 54 invités.

Dans son allocution d’ouverture, le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, a souligné l’importance croissante du continent africain dans l’économie mondiale.

« L’Afrique est le continent présentant le plus grand potentiel de croissance au monde avec ses 1,4 milliard d’habitants et ses riches ressources minérales », a-t-il déclaré. Selon lui, les crises récentes affectant les chaînes d’approvisionnement mondiales ont renforcé la valeur stratégique de l’Afrique pour les partenaires internationaux.

Le chef de la diplomatie sud-coréenne a identifié plusieurs secteurs prioritaires de coopération, notamment le numérique, l’industrie verte, les batteries et les industries culturelles. Il s’est dit convaincu que la combinaison du potentiel économique africain et de l’expertise technologique coréenne pourrait générer d’importantes synergies au bénéfice des deux parties.

Parmi les principaux intervenants figurait également Wamkele Keabetswe Mene, secrétaire général de la ZLECAf. Dans son discours, il a insisté sur l’évolution des relations entre l’Afrique et la Corée du Sud, qui tendent désormais vers un partenariat stratégique fondé sur le commerce, l’investissement, l’industrialisation et l’innovation.

Le responsable de la ZLECAf a mis en avant les opportunités offertes par le marché africain intégré dans des secteurs tels que l’industrie automobile, les produits pharmaceutiques, la transformation des minerais stratégiques et le commerce numérique.

Selon lui, les protocoles de la ZLECAf relatifs à l’investissement et au commerce numérique offrent davantage de sécurité juridique, de prévisibilité et d’accès au marché aux investisseurs étrangers, renforçant ainsi l’attractivité du continent.

« Les pays du monde cherchent à renforcer leurs partenariats et à diversifier leurs marchés d’exportation face aux défis géopolitiques, à la fragmentation des chaînes d’approvisionnement et à la montée du protectionnisme », a-t-il souligné, assurant que l’Afrique demeure un partenaire fiable pour les entreprises coréennes.

Le secteur privé coréen a également affiché son intérêt croissant pour le continent. Sung Kim, président de Hyundai Motor et ancien ambassadeur des États-Unis en Corée du Sud, a rappelé que son groupe exporte aujourd’hui près de 130 000 véhicules vers l’Afrique chaque année, après avoir commencé ses activités sur le continent avec l’exportation de modèles Pony dès 1976.

Malgré une présence encore limitée, le dirigeant s’est montré optimiste quant aux perspectives offertes par les marchés africains.

« Nous sommes convaincus que l’avenir réside dans l’énorme potentiel de croissance de l’Afrique et dans les nombreuses opportunités encore inexploitées », a-t-il affirmé.

Placée sous le thème « Partenariat commercial Corée-Afrique : le futur de la prospérité partagée et de la croissance conjointe », cette édition 2026 du Forum d’affaires Corée-Afrique a confirmé la volonté des deux parties d’approfondir leur coopération économique dans un contexte mondial en mutation.

Le président sud-coréen Lee Jae Myung devait par ailleurs recevoir plusieurs ministres et responsables internationaux présents à Séoul afin de poursuivre les discussions sur les perspectives de coopération entre la Corée du Sud et le continent africain.

À travers la ZLECAf et la montée en puissance des chaînes de valeur régionales, l’Afrique apparaît désormais comme un partenaire stratégique incontournable pour les entreprises coréennes en quête de nouveaux marchés et d’opportunités d’investissement à long terme.