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Réunis à Addis-Abeba en marge du 39e Sommet de l’Union africaine, les dirigeants des Communautés économiques régionales (CER) ont affiché leur soutien à la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA), portée par la Banque africaine de développement, pour combler le déficit de financement du continent.

À l’initiative du président du Groupe de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, une session de travail de haut niveau s’est tenue le 15 février à Addis-Abeba. Organisée en marge du Union africaine, la rencontre a porté sur la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA), un cadre stratégique conçu pour renforcer la souveraineté financière du continent et mobiliser des capitaux domestiques à grande échelle.

Face au déficit persistant de financement du développement en Afrique, la NAFA ambitionne de passer de systèmes fragmentés à une architecture coordonnée et intégrée. Selon M. Ould Tah, cette initiative constitue « un schéma directeur pour la transformation économique de l’Afrique », en misant sur la collaboration institutionnelle et le leadership africain.

Pilier central de la vision stratégique dite des « Quatre Points cardinaux », la NAFA vise à soutenir l’emploi des jeunes, à stimuler l’industrialisation et à accroître les investissements dans des infrastructures structurantes.

La session a réuni les directeurs généraux des Communautés économiques régionales reconnues par l’UA, notamment : l’Union du Maghreb arabe (UMA); le Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA); la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD); la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC); la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO); l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD); la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).

Étaient également présents le secrétaire général du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, ainsi que la Commissaire de l’UA au développement économique, au commerce, au tourisme, à l’industrie et aux minéraux, Francisca Tatchouop Belobe.

Les intervenants ont insisté sur la nécessité de réduire la fragmentation des initiatives financières africaines. Pour Francisca Tatchouop Belobe, cette dispersion amoindrit l’impact collectif et exige une approche intégrée, pilotée par les institutions africaines.

Les CER ont également mis en avant l’importance : des plateformes de cofinancement, des garanties pour réduire les risques d’investissement, de la structuration de projets transfrontaliers, et de la lutte contre les flux financiers illicites, considérée comme un levier crucial pour renforcer la mobilisation des ressources nationales.

Le secrétaire général du COMESA, Chileshe Kapwepwe, a souligné le rôle stratégique des CER dans l’harmonisation des politiques, l’identification des compétences critiques et la promotion de formations ciblées, notamment dans les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle.

La rencontre s’est conclue par un engagement commun articulé autour de trois axes : Approfondir la coordination entre la Banque, les CER et les institutions financières africaines; Aligner les projets régionaux prioritaires sur les priorités d’investissement de la NAFA; Garantir un impact mesurable, inclusif et transformateur.

Cette table ronde positionne la NAFA comme une plateforme centrale pour accélérer la mobilisation du capital africain et concrétiser les ambitions de l’Agenda 2063. Le Groupe de la Banque africaine de développement prévoit d’en formaliser les résultats dans une feuille de route opérationnelle afin de traduire ces engagements en actions concrètes à l’échelle du continent.