La République de Corée et l’Afrique ont franchi une nouvelle étape dans le renforcement de leur partenariat économique avec le lancement de la première Table ronde économique Corée-Afrique (KAEC) à Séoul. Cette initiative vise à approfondir les relations commerciales, industrielles et d’investissement entre les deux parties dans un contexte marqué par la montée en puissance de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Coorganisée par l’Association coréenne du commerce international (KITA) et le Secrétariat de la ZLECAf, la rencontre a réuni des entreprises et institutions de premier plan venues de Corée du Sud et d’Afrique afin d’explorer de nouvelles opportunités de coopération dans plusieurs secteurs stratégiques.
Les discussions ont porté notamment sur l’industrie manufacturière, l’énergie, les infrastructures, le commerce numérique, l’industrialisation et les nouvelles technologies, considérés comme des domaines clés pour le développement des échanges entre les deux régions.
Cette première table ronde constitue le premier engagement officiel du Comité économique Corée-Afrique (KAEC), créé à la suite de la signature d’un protocole d’accord entre la KITA et le Secrétariat de la ZLECAf lors du Sommet des affaires Corée-Afrique organisé en juin 2024.
Au total, 35 entreprises et organisations ont pris part aux travaux. La délégation sud-coréenne comprenait notamment de grands groupes industriels tels que Hyundai Motor Group, POSCO International et Samsung Electronics. Du côté africain, plusieurs acteurs économiques majeurs étaient représentés, notamment la Chambre de commerce et d’industrie panafricaine, Eskom et le groupe OPAIA.
Prenant la parole lors de la rencontre, le président de la KITA, Jin Sik Yoon, a mis en avant les perspectives offertes par un rapprochement économique plus étroit entre la Corée du Sud et l’Afrique.
Selon lui, la combinaison de la compétitivité industrielle et technologique coréenne avec le potentiel de croissance du continent africain pourrait donner naissance à un modèle de coopération innovant et porteur de nouvelles opportunités pour les deux parties.
« Le KAEC continuera de soutenir activement les échanges entre les chefs d’entreprise des deux régions et l’identification de projets de coopération », a-t-il affirmé.
De son côté, le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, a salué la mise en place de cette plateforme qu’il considère comme le reflet d’un engagement commun en faveur de partenariats économiques concrets et mutuellement bénéfiques.
Il a souligné que l’avancement de la mise en œuvre de la ZLECAf ouvre de nouvelles perspectives de coopération dans les domaines du commerce, de l’investissement, de l’industrialisation, des infrastructures et de l’innovation technologique.
« Alors que l’Afrique progresse dans la mise en œuvre de la ZLECAf, nous encourageons un approfondissement de la coopération qui soutienne une croissance économique durable et crée davantage d’opportunités pour les entreprises et les populations des deux régions », a déclaré Wamkele Mene.
La rencontre a également permis à l’Institut coréen pour la politique économique internationale de présenter les axes prioritaires de la future coopération économique entre la Corée du Sud et l’Afrique.
Les échanges ont notamment mis en évidence les opportunités offertes dans les domaines de la fabrication industrielle, du développement des infrastructures, de la transition énergétique, de la décarbonation, du commerce numérique et du commerce électronique.
Les participants ont insisté sur la nécessité de développer des chaînes d’approvisionnement intégrées capables de soutenir les ambitions d’industrialisation du continent africain tout en tirant parti du savoir-faire technologique et industriel de la Corée du Sud.
À l’issue de la rencontre, la KITA et le Secrétariat de la ZLECAf ont annoncé leur intention d’institutionnaliser la plateforme KAEC à travers l’organisation régulière de réunions et de programmes d’échanges d’affaires qui se dérouleront alternativement en Afrique et en Corée du Sud.
Cette initiative devrait contribuer à renforcer les flux commerciaux et les investissements entre les deux régions tout en soutenant l’agenda d’intégration économique porté par la ZLECAf, considérée comme le plus vaste projet de libre-échange au monde en nombre de pays participants.
À terme, les deux partenaires ambitionnent de bâtir une coopération économique plus structurée, fondée sur l’innovation, l’industrialisation et la création de valeur partagée au bénéfice des entreprises et des populations africaines et coréennes.

