Thumbnail 8
previous arrow
next arrow

La 14e Conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) s'ouvre le 26 mars 2026 à Yaoundé, au Cameroun, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et d'incertitudes pesant sur le commerce mondial.

À l'ouverture des travaux, la directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a reconnu la gravité de la situation, évoquant « les pires perturbations » du système commercial mondial depuis 80 ans. Malgré ce constat, elle s'est dite confiante quant à la capacité des ministres du Commerce à surmonter leurs divergences et à faire avancer les dossiers prioritaires.

« L'ordre mondial et le système multilatéral que nous connaissions ont changé de façon irrévocable », at-elle déclaré, appelant les membres à repenser l'organisation en s'appuyant sur ses acquis tout en corrigeant ses faiblesses.

Réunie jusqu'au 29 mars, la conférence rassemble plus de 2 000 responsables du commerce, dont une quatre-vingtaine de ministres. Il s'agit de la deuxième Conférence ministérielle de l'OMC organisée en Afrique.

Le président de la rencontre, le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a rappelé le rôle central de l'OMC dans la stabilité et la prévisibilité des échanges internationaux. Il a toutefois souligné la nécessité pour l'organisation de gagner en agilité face à la fragmentation croissante du commerce mondial. « La réforme doit aboutir à une MOC plus forte et plus efficace », a-t-il insisté.

Réforme et dossiers sensibles au cœur des débats

La réforme de l'OMC figure au premier rang des priorités de cette 14e édition. Plusieurs sessions ministérielles sont consacrées aux principes fondamentaux de l'organisation, à ses mécanismes de décision, aux enjeux de développement et à l'équité dans le système commercial.

Parmi les autres sujets clés à l'ordre du jour figurent le commerce électronique et la prolongation du moratoire sur les droits de douane, l'agriculture, l'intégration des pays les moins avancés (PMA), ainsi que l'insertion de nouveaux accords plurilatéraux dans le cadre juridique de l'organisation.

La séance d'ouverture a également été marquée par la célébration de l'entrée en vigueur de l'Accord sur les subventions à la pêche, adopté lors de la précédente conférence ministérielle en 2022.

Par ailleurs, le ministre turc du Commerce, Ömer Bolat, a annoncé que son pays ne s'opposerait plus à l'intégration de l'Accord sur la facilitation des investissements pour le développement (AFID) dans le cadre de l'OMC, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles avancées.

Un « tournant » pour le multilatéralisme commercial

Qualifiant cette conférence de « tournante », Ngozi Okonjo-Iweala a appelé les membres à faire preuve de responsabilité collective. « Il vous appartient de décider si l'organisation doit continuer ou non », a-t-elle lancé, tout en exprimant son espoir de voir émerger des résultats concrets.

Les travaux devraient déboucher sur l'adoption d'une déclaration ministérielle et d'un plan de travail pour orienter les futures réformes de la MOC.

Dans un environnement international marqué par les tensions et la recomposition des échanges, la MC14 apparaît ainsi comme un test majeur pour la capacité du système commercial multilatéral à se réinventer.