Thumbnail 8
previous arrow
next arrow

Le groupe bancaire panafricain Ecobank Transnational Incorporated (ETI) a publié des résultats financiers 2025 solides, marqués par un bénéfice net en hausse de 29 % à 698 millions de dollars, son plus haut niveau en une décennie.

Portée par la stratégie « Croissance, Transformation, Rendement » (GTR) mise en œuvre sous la direction de Jeremy Awori, la banque affiche un bénéfice avant impôt de 801 millions de dollars (+21 %) et des revenus nets de 2,45 milliards de dollars (+17 %), confirmant une amélioration structurelle de sa performance.

Le ratio coûts/revenus s’établit à 48,3 %, contre 52,8 % un an plus tôt, franchissant pour la première fois le seuil symbolique des 50 %. Une évolution qui traduit une meilleure maîtrise des charges et une dynamique où la croissance des revenus dépasse désormais celle des dépenses.

La Banque de financement et d’investissement (CIB) a fortement contribué à cette performance, avec un résultat avant impôt en hausse de 40 % à 697 millions de dollars, soutenu par le financement du commerce et les activités de marchés. La Banque commerciale et de détail (CCB) affiche également une progression notable, avec 480 millions de dollars (+27 %), portée par la hausse des dépôts et du crédit.

Les dépôts de la clientèle atteignent 25,3 milliards de dollars (+4,9 milliards), tandis que les encours de crédit s’élèvent à 12,8 milliards. Le rendement des capitaux propres tangibles (ROTE) grimpe à 27,8 %, illustrant le retour de la rentabilité.

Après plusieurs années d’interruption, le conseil d’administration a recommandé le versement d’un dividende de 40 millions de dollars, soit 0,0016 dollar par action. Une décision à forte portée symbolique, dans un contexte où le groupe n’avait versé des dividendes que de manière sporadique depuis 2016.

Ce retour intervient après une période marquée par des contraintes financières, notamment évoquées par Papa Madiaw Ndiaye, président du conseil d’administration, lors de l’assemblée générale de 2025. Malgré tout, le taux de distribution reste inférieur à 7 %, traduisant une approche prudente.

Sur le marché régional de la BRVM, le titre ETI a progressé de plus de 128 % sur un an, atteignant 34 FCFA à la mi-avril 2026, signe d’une anticipation du redressement par les investisseurs.

La performance du groupe reste toutefois contrastée, notamment au Nigeria, où la filiale d’Ecobank a longtemps pesé sur les résultats. En 2024, elle n’avait généré que 3 millions de dollars de bénéfice net, affectée par la volatilité du naira, des contraintes réglementaires strictes et des expositions au secteur pétrolier.

Face à cette situation, ETI a renforcé ses provisions pour pertes de crédit, portant le ratio ECL à 7,8 % des prêts bruts en 2025. Une décision prudente visant à assainir le bilan avant une nouvelle phase d’expansion.

Des signaux de redressement apparaissent néanmoins, avec une reprise progressive de la rentabilité et une amélioration de la liquidité en devises.

Au-delà du Nigeria, la diversification géographique du groupe joue pleinement son rôle d’amortisseur. Les régions Afrique de l’Ouest, ainsi que l’Afrique centrale, orientale et australe, affichent des performances solides, soutenues par la reprise des flux commerciaux et l’amélioration des conditions de financement.

Le ratio de solvabilité du groupe atteint 16,7 %, largement au-dessus des exigences réglementaires, offrant une marge de manœuvre confortable.

Parallèlement, Ecobank poursuit ses investissements dans l’expérience client, avec un taux de satisfaction en nette amélioration, désormais estimé à 70 %.

Malgré ces avancées, le groupe reste confronté à un défi structurel majeur : un report à nouveau négatif de 1,56 milliard de dollars, hérité des années de pertes passées et des effets de change.

Dans ce contexte, le dividende 2025 apparaît comme un signal de stabilisation plutôt qu’un tournant définitif. Il marque néanmoins une étape clé pour un groupe qui, après une décennie de turbulences, retrouve progressivement une trajectoire de création de valeur durable.