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mercredi, 13 juillet 2022 20:25

L’accès à l’eau potable et à l’assainissement, est plus qu’un droit humain

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En Afrique, de nombreux pays souffrent cruellement du manque d’eau potable et d’assainissement. Malgré les progrès réalisés, près de 40% de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et près de 70% ne bénéficient pas de systèmes d’assainissement.

C’est impératif d’accélérer le droit à l’eau potable et à l’assainissement, surtout en cette période de la pandémie du coronavirus qui creuse davantage les inégalités en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement. L’accès à l’eau potable et à l’assainissement est plus qu’un droit humain. Il est un facteur très déterminant dans l’atteinte du développement durable.

L’ancien secrétaire général de l’Onu, Koffi Annan en était convaincu : « Nous ne pourrons vaincre les maladies infectieuses qui affligent les pays en développement tant que nous n'aurons pas gagné la bataille pour l'eau potable, l'assainissement et les soins de santé de base ».

Les besoins d’approvisionnement en eau potable des populations rurales du Togo en général, et de celles de la région des savanes (la zone la plus pauvre) en particulier, sont très importants.

Dans cette zone, la question de l’eau demeure primordiale, car une grande partie des populations continuent à utiliser l’eau de marigot ou des rivières. Ce qui explique la persistance des maladies d’origine hydrique et pénalise particulièrement les femmes et les jeunes en charge de la « corvée » d’eau et donc sur le développement socio-économique de la région.

La question majeure reste donc le financement ; car l’augmentation de la couverture en matière d’eau potable est assujettie à la réalisation d’ouvrages qui sont coûteux. Hier comme aujourd’hui, le secteur est une priorité dans les politiques et programmes de l’Etat.

En effet, en 2011, la proportion de la population togolaise n’ayant pas accès à une source d’eau potable était de 56,1%. Diligemment, des programmes ont été conçus pour monter le taux à 65% en 2017. La mise en œuvre du Projet eau et assainissement au Togo (PEAT 1) a contribué à cette avancée dans les villes d’Atakpamé et Dapaong.

A Dapaong (chef-lieu de la région des Savanes), des travaux sont en cours pour le renforcement de la digue du barrage de Dalwak. L’ensemble du système électronique vieillissant de la station de traitement d’eau a été changé et plus de 1 100 branchements à l’eau potable à des coûts réduits ont été réalisés.

En outre, dans sa feuille de route 2021-2025, le gouvernement veut parvenir à un taux d’accès de 85% au niveau national. En milieu urbain, semi-urbain et rural, l’objectif est d’atteindre respectivement 75, 85 et 95%. Le Grand Lomé, zone à forte densité de population, fait l’objet d’une attention. L’on vise 80% d’ici 2025 pour sécuriser l’approvisionnement en eau en mobilisant les eaux de surface.

Statistiques

Déjà en 2020, les chiffres faisaient état de 397 postes d’eau autonome et 190 mini adductions d’eau potable construits ; 34 centres urbains disposant de système d’adduction d’eau potable. On avait 58% de taux de desserte en milieu urbain, 53 % du taux de desserte en milieu semi-urbain, 69% du taux de desserte en milieu rural et 60% du taux de desserte national.

Pour l’Etat, améliorer l’accès à l’eau potable, c’est augmenter les rendements agricoles par la maîtrise de l’eau pour l’irrigation. Mais surtout, l’atteinte de ces objectifs nécessite d’énormes investissements. Une stratégie d’accès universel à l’eau et à l’assainissement est en cours de finalisation. Elle s’adosse sur le Plan d’action national du secteur de l’eau et de l’assainissement (Pansea) et donnera une visibilité des actions à mener et leur phasage.

Un milieu rural plus urbain

Entre 2013 et 2017, le taux de desserte en eau potable est passé de 42% à 57,2%, soit une amélioration de 15 points. Plus de 5 000 forages équipés de pompes à motricité humaine ont été réalisés en milieu rural, ce qui a fait passer le nombre total de forages à 11 600 en 2019. Aussi, 3 200 forages en panne ont été réhabilités. Le taux d’accès à l’eau potable en milieu rural a bondi de 21% en 2005 à 69% en 2019.

Approvisionnement en eau potable dans le Grand Lomé

Dans cette partie du pays, un plan stratégique élaboré doit servir de guide dans la mise en œuvre des projets d’approvisionnement en eau potable. D’autres initiatives sont en cours dans cette région comme "AEP-Lomé Phase 2" qui bénéficie aux communes du Golfe 2, 5 et 6 ainsi qu’à Agoè Nyivé 1, Agoè Nyivé 2, 3, 4 et 5. Le projet a démarré en août 2021 par la construction de 05 châteaux d’eau dont un de 1 300 m3 dans la commune du Golfe 7.

“L'amélioration et l'approvisionnement en eau potable des populations constitue un enjeu très important pour le Togo”, a indiqué Bolidja Tiem le ministère de l’eau et de l’hydraulique villageoise à l'occasion de la journée mondiale de l'eau le 22 mars 2022 placée autour du thème  « Eaux souterraines : rendre visible l’invisible ».

Les Nations unies invitent tous les acteurs à  faire un focus sur ce réservoir qui constitue 99% des réserves en eau douce de la planète. Pour Yannick AMEDOME-MIN-DIANEY Ingénieur Hydrogéologue, au Togo, l’alimentation en eau potable ne déroge pas à cette tendance. « S’il est vrai que les réserves en eau sont présentes, elles sont encore mal connues et leur exploitation intensives avec le développement des forages privés soulève le problème de la pollution. », a-t-il affirmé.

En janvier 2022, la Banque Mondiale et les services du ministère de l’eau, ont travaillé ensemble en vue d’améliorer significativement la desserte et la qualité de l’eau potable fournie en milieu urbain. 

Le Togo envisage d’atteindre les 80% d’ici 2025 et une couverture intégrale du territoire en eau potable d’ici 2030. De fait, le pays se dote d’un plan directeur d’approvisionnement lui permettant d’anticiper sur la demande au cours des 30 prochaines années.

Ce plan directeur, présenté en conseil des ministres en septembre 2021devrait constituer « un outil de planification à court, moyen et long terme des investissements en infrastructures de production d’eau ». Il servira d’instrument de travail pour le ministère chargé de l’eau et les opérateurs du sous-secteur notamment, la société du patrimoine eau et assainissement en milieu urbain et semi urbain (SP-EAU) et à la société togolaise des eaux (TdE) qui devront intervenir dans le processus de planification.

Il convient de préciser qu’au plan national, il a été lancé en février dernier, l’installation de 300 pompes hydrauliques dans le nord du pays à travers le Projet d’amélioration des conditions sanitaires en milieu scolaire et rural des régions de la Kara et des Savanes (PASSCO).

Au-delà de ces efforts louables les autorités doivent renforcer l’accès de tous à des services d’eau potable et d’assainissement gérés en toute sécurité mais aussi, la diffusion des messages clés par une meilleure gestion  de l’eau

Enfin, le Togo doit maintenir le cap des engagements de l’Objectif de Développement Durable 6, notamment dans les zones rurales  pour garantir un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement des populations les plus démunies.

GADAH Komi

Lu 243 fois Dernière modification le mercredi, 24 août 2022 16:32

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