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vendredi, 19 novembre 2021 00:45

L’avenir de l’OMAOC: Les critiques et propositions de la Côte d’Ivoire qui rassurent

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La Côte d’Ivoire a pris part à la 16e Assemblée Générale Extraordinaire de l’organisation Maritime de l’Afrique de l’ouest et du centre ( OMAOC) tenue  à Accra ( Ghana) du 16 au 18 novembre 2021.

 

La délégation ivoirienne composée essentiellement des cadres du secrétariat d’état auprès du ministre des transports en charge des affaires Maritimes,  était conduite par le colonel Kouassi Lucien Marcellin,  Conseiller Technique, représentant Dr Serey Doh Célestin.  Les Experts ivoiriens à cette réunion sont Philippe Kouhon,  conseiller Technique et Nanihio Félix,  conseiller juridique. Au menu de cette réunion extraordinaire,  la gestion (financière et administrative) du secrétariat général et l’élection du nouveau secrétaire général de l’organisation après dix( 10 ans) de léthargie.  Occasion  pour la Côte d’Ivoire,  pays du siège de formuler des critiques constructives en vue de remettre l’institution sur les rails pour un nouveau départ. 

Le colonel Kouassi Lucien Marcellin, au cours de la réunion des Ministres le 18 novembre,  Dr Serey Doh Célestin,  secrétaire d’état auprès du ministre des transports a d’entrée, relevé que tous  les engagements pris par le gouvernement ivoirien ont été honorés avant de regretter le manque d’initiative de la part du secrétaire général sortant pour assurer une meilleure  gestion des affaires communes  aux 25 États membres de l’Omaoc. 

« Le gouvernement ivoirien a pris des mesures pour loger le Secrétariat Général dans un bâtiment fonctionnel, payer régulièrement ses cotisations et faire assister le Secrétariat Général par les Experts de l’Administration Maritime, chaque fois que la demande en a été exprimée. 

C’est pourquoi, je suis très heureux de me trouver parmi vous ce matin, parce que l’occasion m’est ainsi donnée de partager avec vous ma grande inquiétude face à la manière dont le Secrétariat Général a été géré pendant ces 10 dernières années » a fait savoir Serey Doh Célestin. 

En effet, 10 années de fonctionnement sans orientation donnée au Secrétaire Général par les organes habilités à le faire, sans contrôle de leur part sur  l’utilisation des fonds publics mis à la disposition du Secrétariat Général, sans leur avis sur les recrutements effectués dans une institution censée être la boussole des Etats membres pour leurs choix stratégiques de développement du secteur maritime, ces 10 années ont selon Serey Doh Célestin,  « laissé des séquelles qu’il nous faudra cicatriser le plus rapidement possible ».

 « En ma qualité de représentant du pays qui abrite le siège de notre organisation, c’est avec beaucoup d’amertume que je m’adresse aujourd’hui à cette auguste Assemblée » a-t-il ajouté avant d’exprimer sa grande satisfaction sur la reprise des réunions statutaires des organes directeurs de l’OMAOC et remercié « très sincèrement tous les Etats qui ont contribué d’une manière ou d’une autre au retour à la normalité ». 

Malgré son absence très remarquée à cette 16e Assemblée Générale Extraordinaire,  le secrétaire général sortant,  Alain Michel Luvambano n'a pas échappé aux critiques des Experts et des Ministres présents. 

Aussi, la Côte d’Ivoire qui a relevé au cours de cette période qui s’achève des dérives graves dans la gestion de la politique et des ressources financières de cette belle plateforme de coopération a invité les Ministres de tutelle de l’OMAOC, à prendre leurs responsabilités, pour exercer pleinement les pouvoirs qui sont les leurs,  conformément aux textes qui régissent l’institution, afin de redresser la situation de l’OMAOC et faire en sorte que les Secrétaires Généraux qui vont prendre fonction dans l’avenir, « ne nous donne plus une telle image de l’OMAOC ».

« Force est de constater que le Secrétariat Général est plongé dans une léthargie qui a fait perdre progressivement à l’OMAOC, la place qu’elle a occupée en tant qu’instrument de développement.

Tout démontre que depuis 2011, le Secrétariat Général manque de vison stratégique et de plan d’action permettant de maintenir et développer d’avantage les acquis de l’organisation, dans un monde maritime en pleine mutation. La conséquence en est que les 5 grands projets laissés par l’ancien Secrétaire Général qui a exercé de 1998 à 2011 sont aujourd’hui au même stade de mise en œuvre, 10 ans après : le réseau de la fonction de garde-côte, le centre d’information et de communication avec en son sein l’observatoire régional des transports maritimes, le fonds maritime régional qui devrait aboutir à la mise en place d’une banque maritime régionale de développement, le code maritime régional, ainsi que le système de la grille plombée pour la facilitation du transport de transit vers les Etats membres sans littoral » a relevé Serey Doh Célestin. 

Poursuivant  ses observations,  le secrétaire d’état aux affaires Maritimes a insisté sur plusieurs faits qui vident l’Omaoc de sa substance existentielle. 

« Pourquoi, au moment où le monde maritime affronte des problèmes contemporains comme le transport du commerce extérieur de l’Afrique par les Africains eux-mêmes, le cabotage entre les pays de la région à la faveur de la zone de libre-échange, le concept d’économie bleue, les plans à long terme en ce qui concerne l’utilisation du potentiel de la mer, notre organisation est restée si silencieuse ?

Comment comprendre que les Etats membres ne puissent pas avoir recours à l’expertise de l’OMAOC devant les grands chantiers maritimes pour recueillir son avis ? N’est-ce pas là sa vocation ?

Autant d’interrogations qui illustrent bien la défaillance fonctionnelle de notre Organisation commune » a-t-il interrogé. 

Un vide qui a fait naître une Association des Chefs des Administrations Maritimes d’Afrique (AAMA) avec pratiquement les mêmes objectifs que l’OMAOC et qui semble occuper le terrain de l’action.

En outre,   Serey Doh Célestin a souligné l’urgence de procéder au toilettage des textes de l’OMAOC en vue de les actualiser.

Il a enfin souhaité  que les présentes assises permettent d’élire un nouveau Secrétaire Général, afin que la page des dix dernières années peu glorieuses de l’OMAOC puisse être tournée et que tous ensemble, « nous puissions nous atteler à redresser l’institution ».

Notons que cette intervention qui a ouvert la série des communications des États a été très ovationnée.  Dans leurs allocutions les pays membres de l’OMAOC ont salué et félicité le rôle majeur joué par la Côte d’Ivoire en vue de la survie de l’organisation.

Lu 81 fois Dernière modification le vendredi, 19 novembre 2021 00:59

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