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lundi, 01 mars 2021 20:44

Revirement dans l’Affaire Bolloré au Togo : Le Togo n’est-il pas sans doute la victime collatérale d’un règlement de comptes « juridico-politique » franco-français ?

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Lors de l'audience du 26 février 2021 au tribunal judiciaire de Paris, Vincent Bolloré, Gilles Alix, directeur général du groupe Bolloré, et Jean-Philippe Dorent, directeur international de l'agence de communication Havas (filiale de Bolloré) ont reconnu avoir utilisé les activités de conseil politique de la filiale Havas afin de décrocher la gestion des ports de Lomé au Togo.

 

L'homme d'affaires français a reconnu avoir payé une partie des dépenses de communication du candidat Faure Gnassingbé lors de la présidentielle togolaise de 2010. Le groupe aurait reçu, en échange, des contrats et des avantages fiscaux pour le port de Lomé.

Le milliardaire français a accepté une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) et le paiement d'une amende de 375.000 euros, mais la juge Isabelle Prévost-Desprez a refusé de valider cet accord, estimant "nécessaire" qu'il soit jugé en correctionnelle. « C’est un trouble à l'ordre public et économique, une atteinte à la souveraineté du Togo », indique-t-elle. Une décision qui surprend plus d’un du moment où après deux mois de négociations avec le Parquet national financier (PNF), il a été accepté une CRPC et le paiement d'une amende.

De quelle atteinte à la souveraineté du Togo parle mais la juge Isabelle Prévost-Desprez ?

Pour rappel, les concessions obtenues par le Groupe Bolloré au Togo l’ont été en 2001, bien avant l’entrée du groupe dans Havas. Cette année-là, les autorités togolaises, dans le cadre du programme de désengagement de l’Etat et d’autres personnes morales de droit public des entreprises, autorisent la mise en concession de l’activité de manutention de conteneurs et de marchandises diverses au PAL.

 Le décret N° 2001 -162 /PR  du 14 septembre 2001 qui en fixe les conditions, précise que la concession de l’activité de manutention est accordée à des sociétés privées ou aux consortiums de sociétés privées réunissant les conditions suivantes : « être capable de réaliser les investissements nécessaires à l’exploitation de la concession, être un amateur ou un représentant d’armateur de premier rang touchant le PAL et apportant un volume de trafic significatif, avoir une expérience de dix (10) ans au moins dans le secteur de l’acconage, de la manutention de conteneurs ou de la manutention des marchandises conventionnelles. » Il indique que la concession est accordée dans un cadre concurrentiel, sans monopole et limite à deux (2) pour la manutention de conteneurs et également à deux (2) pour la manutention de marchandises diverses, pour une période de dix (10) ans.

Le 21 septembre 2001, le décret N° 2001-163/PR signé du Président de la République feu Gnassingbé Eyadéma,  accorde la concession par attribution directe à la société S.E.2.M, filiale du groupe BOLLORE, pour une durée de dix (10) ans. Il autorise le Ministre de l’Economie, des Finances et des Privatisations, celui du Commerce, de l’Industrie, des Transports et du développement de la Zone Franche, à signer la convention de concession.

Alors comment peut-on expliquer l'acharnement de la juge Isabelle Prévost-Desprez, elle qui a été mise en examen en 2012 à la suite de la plainte de Liliane Bettencourt pour violation du secret de l´instruction, renvoyée en correctionnelle puis relaxée en 2015.

La question que bon nombre se posent est de savoir, pourquoi Isabelle Prévost-Desprez et Serge Tournaire font visiblement de l’affaire Bolloré une aubaine pour poursuivre leur acharnement contre M. Sarkozy ?

Leur parti pris dans les dossiers concernant l’ancien président français dont M. Bolloré est proche, a été souvent dénoncé par les avocats de celui-ci et relevé par certains observateurs de la vie politique française.  Le Togo n’est-il pas sans doute la victime collatérale d’un règlement de comptes « juridico-politique »  franco-français.  

L’hypocrisie des juges en charge de ce dossier et même des commentateurs de mauvaise foi est criarde. (Il est courant en effet (même dans les plus grandes démocraties) que des hommes d’affaires soutiennent financièrement   les campagnes électorales d’hommes politiques au pouvoir comme dans l’opposition).

Depuis, l’affaire défraie les chroniques sur les réseaux sociaux et les chaînes internationales à la base des spéculations et fake news qui circulent soutenant que le Port autonome de Lomé a été cédé pour 370 000 €.

En effet, la concession du PAL est faite en contrepartie et sur la base du plan d’entreprise et du programme d’investissement, du paiement de redevances trimestrielles calculées selon les mouvements de conteneurs et de recettes calculées sur la base de stationnement de conteneurs sur terre-plein.

Dans le fond de l’affaire on estime qu’Havas aurait sous-facturé des prestations pour la campagne du chef de l’État en 2010… Faut-il que le Président togolais s’excuse d’avoir bénéficié d’un « geste commercial » ? D’ailleurs, il n’y a jamais eu de contrat entre Havas et une entité togolaise dans le cadre des élections 2010. Aussi, peut-on gagner une élection présidentielle au Togo avec les sommes mentionnées dans cette affaire ?

La vérité incontestable, Faure Gnassingbé était donné largement favori pour l’élection présidentielle de 2010 par tous les observateurs et les médias.  Il fut  réélu haut la main en 2015 et en 2020, sans avoir eu besoin d’un quelconque appui de Havas,  mais grâce à son bon bilan ainsi qu’à une campagne de proximité  réussie.

Dans cette affaire, il faut remarquer que des gens délibérément, ambitionnent coller une autre image à l’opinion publique du Groupe Bolloré au Togo.

Sans langue de bois, reconnaissons que, la réputation du port de Lomé est en partie due à l’important travail réalisé par les partenaires  stratégiques présents dont le  groupe Bolloré. L’économie togolaise tire sa croissance grâce à la performance  des activités du groupe Bolloré qui n’a en rien le monopole du port de Lomé puisqu’il y est en concurrence avec le groupe LCT [Lomé Container Terminal] ». Cette entreprise, issue d’un partenariat sino-européen, a construit et exploite le troisième quai du Port de Lomé, créant une dynamique grâce à laquelle le trafic des conteneurs s’est accru d’une façon exponentielle, faisant du Port de Lomé le premier port à conteneurs de la région.

Pour le gouvernement togolais n'a pas souhaité réagir à cette actualité, évoquant « une affaire franco-française qui ne concerne pas le gouvernement togolais ».

Serein, le Gouvernement togolais fait part de sa disponibilité à fournir toute information ou quelque élément que ce soit, s’il était requis dans le cadre de la poursuite de la procédure ouverte par la justice française contre M. Vincent Bolloré, la 17e fortune française en 2020, selon le classement du magazine Challenges.

Le Parquet national financier  (PNF) n'a en revanche aucunement mentionné le rejet des accords trouvés avec Vincent Bolloré et ses collaborateurs. 

Lu 137 fois Dernière modification le lundi, 01 mars 2021 21:04

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