L’événement, célébré en grande pompe au port de Morébaya, au sud de Conakry, a réuni plusieurs chefs d’État africains, dont Brice Clotaire Oligui Nguema du Gabon et Paul Kagamé du Rwanda. C’est par ce port stratégique que transiteront les premières exportations du minerai extrait du site géant de Simandou.
Longtemps retardé par des litiges sur les droits miniers, des soupçons de corruption et les défis logistiques d’un projet hors norme, Simandou est désormais une réalité. Avec une teneur exceptionnelle de plus de 65 % en fer, le gisement devrait produire jusqu’à 95 millions de tonnes par an.
L’exploitation est assurée par deux entités : Winning Consortium Simandou (WCS), un consortium sino-singapourien, et Simfer SA, détenue par le groupe anglo-australien Rio Tinto, le géant chinois Chinalco et la Société Financière Internationale (IFC). L’État guinéen détient 35 % des parts dans la société minière et jusqu’à 51 % dans les infrastructures associées.
Estimé à 20 milliards de dollars, le projet Simandou comprend non seulement l’exploitation minière, mais aussi la construction d’infrastructures majeures : un chemin de fer de 670 km, un port en eau profonde à Forécariah, ainsi que des zones industrielles et logistiques.
Plus de 5 milliards USD seront consacrés aux entreprises guinéennes, afin de renforcer le tissu économique local. Les infrastructures ferroviaires et portuaires seront à usage multiple, stimulant le commerce, l’agriculture et la mobilité régionale.
Le programme prévoit la création de plus de 50 000 emplois directs et indirects, ainsi qu’un important transfert de compétences vers les acteurs nationaux. Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Mourana Soumah, ce projet “incarne la vision d’une exploitation minière intégrée au développement local, où chaque infrastructure profite à la population”.
Le Programme Simandou 2040, issu des orientations du président Mamadi Doumbouya, vise à transformer la Guinée en un hub industriel et logistique régional d’ici quinze ans. Le plan repose sur trois piliers : industrialisation, création de valeur locale et développement durable.
Pour le gouvernement, Simandou représente plus qu’un projet minier : c’est un levier de souveraineté nationale et le symbole d’une gouvernance économique rénovée, fondée sur la valorisation responsable des ressources naturelles.
“Simandou n’est pas seulement une mine, c’est le moteur d’un nouveau modèle de développement pour la Guinée et un exemple pour l’Afrique tout entière”, a déclaré le président Doumbouya lors de la cérémonie inaugurale.









