La coopération entre Lomé et Ankara franchit un cap décisif. Portée par une progression soutenue des échanges commerciaux et par le projet structurant d'un corridor maritime entre le Port autonome de Lomé et le Port de Mersin, la relation entre le Togo et la Turquie s'affirme désormais comme un axe stratégique de diversification et d'ouverture internationale.
Le volume des échanges bilatéraux atteint près de 270 millions de dollars, contre environ 128 millions en 2021. Cette dynamique, dans l'espace de quelques années, traduit l'intérêt croissant des opérateurs économiques des deux pays et confirme la volonté togolaise d'élargir son éventail de partenaires commerciaux.
Au-delà des chiffres, cette croissance témoigne d'un repositionnement stratégique : Ankara consolide sa présence en Afrique de l'Ouest, tandis que Lomé multiplie les passerelles vers de nouveaux marchés.
La coopération logistique constitue le nouveau moteur de ce rapprochement. Le 21 février 2026, le ministre togolais de l'Économie maritime, Kokou Edem Tengue, a échangé avec l'ambassadrice de Turquie au Togo autour de la mise en place d'un corridor maritime direct entre Lomé et Mersin, hub méditerranéen stratégique dépendant de l'Asie, de l'Europe et du Moyen-Orient.
Pour le Togo, l'enjeu est majeur : renforcer la compétitivité de son port, fluidifier les chaînes logistiques, sécuriser de nouveaux débouchés et accroître son attractivité comme plateforme régionale de transit.
Le partenariat dépasse largement le cadre commercial. Depuis 2020, les deux États ont structuré leur dialogue à travers un mécanisme de consultation politique, une exemption de visa pour les détenteurs de passeports officiels et plusieurs initiatives académiques.
Dans le domaine de l'enseignement supérieur, une vingtaine d'étudiants togolais bénéficie de bourses en Turquie. Parallèlement, la création annoncée d'un Centre d'études et de recherches turques à l'Université de Lomé illustre l'ambition d'inscrire la coopération dans la durée, en mettant sur les échanges intellectuels et culturels.
Aux côtés de la Chine et de l'Inde, la Turquie s'impose désormais comme l'un des principaux fournisseurs du marché togolais. Cette montée en puissance consolide la place d'Ankara dans la stratégie togolaise de diversification économique et de réduction de la dépendance à un nombre limité de partenaires.
En somme, la relation Togo-Turquie suit une trajectoire ascendante. Entre essor commercial, projets logistiques structurants et coopération institutionnelle élargie, Lomé et Ankara manifestent clairement leur ambition : bâtir un partenariat stratégique durable, capable de soutenir la transformation économique et l'intégration internationale du Togo.

