Selon le relevé du Conseil des ministres, cette révision « s’inscrit dans un environnement marqué par des incertitudes persistantes », rendant nécessaire une actualisation des données budgétaires pour préserver la sincérité et la transparence dans la gestion des finances publiques. Une démarche qui, bien que récurrente, s’impose comme un outil de pilotage budgétaire en période de volatilité économique.
Dans le détail, les recettes budgétaires sont revues à la baisse. Elles sont désormais estimées à 1 472 milliards de francs CFA, soit un recul d’environ 1 % par rapport aux prévisions initiales. À l’inverse, les dépenses connaissent une progression notable, atteignant 1 717,1 milliards de francs CFA, en hausse de 2,3 %. Cette révision fait apparaître un déficit budgétaire de 245,1 milliards de francs CFA.
Le projet de collectif budgétaire, qui s’équilibre à 2 436 milliards de francs CFA, prévoit que ce déficit soit entièrement financé par un solde positif de trésorerie. Autrement dit, l’exécutif entend mobiliser des ressources déjà disponibles, sans recourir à de nouveaux emprunts ni à des émissions de dette sur les marchés financiers.
Pour plusieurs observateurs économiques, cette option traduit une certaine discipline budgétaire à court terme et la capacité de l’État à absorber des chocs conjoncturels sans accroître immédiatement son endettement. Toutefois, cette stratégie comporte des limites.
La trésorerie publique n’étant pas illimitée, la répétition de déficits pourrait, à terme, réduire cette marge de manœuvre. À moyen terme, l’État sera confronté à des arbitrages plus structurants : accroissement des recettes, rationalisation des dépenses ou recours à l’endettement. Il convient de rappeler que pour l’exercice 2026, le Togo prévoit un budget de 2 751 milliards de francs CFA, en hausse de près de 15 % par rapport à 2025.
Cette future loi de finances, adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale, affiche une forte orientation sociale, avec des investissements soutenus dans l’éducation, la santé et la protection sociale, tout en mettant l’accent sur la transformation économique. Elle doit encore être examinée en seconde lecture par le Sénat.









