Selon elle, les services constituent le segment du commerce international ayant connu la progression la plus soutenue au cours des vingt dernières années, une tendance amplifiée par la révolution numérique. Les prévisions de l’OMC annoncent une croissance du commerce mondial des services de 4,6 % en 2025 et de 4,4 % en 2026, dépassant nettement celle du commerce des marchandises. Les services numériques devraient enregistrer des performances encore plus fortes, avec une hausse projetée de 6,1 % en 2025 et 5,6 % en 2026.
La cheffe de l’OMC a toutefois rappelé que les pays en développement font face à de nombreux obstacles, liés notamment à la complexité réglementaire, à la diversité des secteurs et à la multiplicité des autorités concernées. « Les services sont désormais essentiels à la transformation économique des pays en développement », a-t-elle insisté, appelant ces États à les intégrer pleinement dans leurs stratégies nationales de développement.
Ngozi Okonjo-Iweala a souligné que l’OMC, en partenariat avec la Banque mondiale, renforcera son assistance technique afin d’aider les économies en développement à surmonter les difficultés qui freinent leur participation au commerce des services. L’initiative TS4D fournira ainsi des outils pour identifier les contraintes réglementaires et d’offre, et élaborer des politiques adaptées.
La DG a également présenté les nouveaux outils mis à disposition dans le cadre de TS4D, notamment une plateforme dotée d’un tableau de bord de diagnostic de la compétitivité du commerce des services, ainsi qu’un Manuel des bonnes pratiques réglementaires. La plateforme centralise également les travaux menés avec les organisations régionales et les banques de développement pour promouvoir les meilleures pratiques dans les économies en développement.
Appelant les États membres et les organisations partenaires à renforcer leur collaboration, elle a encouragé les pays en développement à s’inscrire dans l’initiative pour bénéficier d’un accompagnement sur mesure. « Les services mettent en relation les talents et permettent à chaque pays, quelle que soit sa taille, de participer pleinement à l’économie mondiale », a-t-elle rappelé.
La ministre nigériane de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, Jumoke Oduwole, a salué les efforts conjoints de l’OMC et de la Banque mondiale. Elle a mis en avant la position du Nigéria, dont le secteur des services représente 58 % du PIB et plus de 45 % de l’emploi formel, avec une forte présence dans les services financiers, créatifs, professionnels et technologiques.
De son côté, Denis Medvedev, directeur du commerce, de la concurrence et des entreprises à la Banque mondiale, a rappelé que 72 % du stock mondial d’investissements directs étrangers est concentré dans les services. Il a insisté sur le potentiel de l’AfCFTA et du RCEP pour dynamiser les échanges régionaux, citant des projections d’augmentation significative des exportations interrégionales d’ici 2035.
La vice-ministre du Commerce d’Arabie saoudite, Eiman Al-Mutairi, a présenté la stratégie de diversification économique du Royaume, qui mise sur 20 secteurs prioritaires, dont la logistique, le tourisme, les services financiers et les services numériques. L’Arabie saoudite a procédé à une révision complète de ses réglementations afin de lever les obstacles aux investissements.
Le Cambodge, représenté par la secrétaire d’État Tekreth Kamrang, a également mis en avant l’importance du commerce des services pour son économie, où il représente plus de 40 % du PIB. Le gouvernement intègre désormais ce secteur au cœur de sa stratégie de développement pour attirer davantage d’investissements et renforcer les capacités nationales.
Le Royaume-Uni, par la voix de son ambassadeur auprès de l’OMC, Kumar Iyer, a réaffirmé son soutien à l’initiative TS4D et encouragé les pays en développement à utiliser les outils mis à disposition pour mieux identifier leurs avantages compétitifs.
La table ronde a également enregistré les contributions du Conseil consultatif des entreprises de l’ASEAN, de la Chambre de commerce internationale et de la Banque interaméricaine de développement, qui ont tous souligné le rôle moteur du commerce des services dans les économies en développement.
Les travaux se poursuivront le 4 décembre avec des sessions dédiées aux contributions des organisations partenaires en matière de facilitation du commerce des services.









