Placée sous le thème « Promouvoir l’accès au foncier pour l’autonomisation économique des femmes rurales », la journée a réuni 632 participantes et de leaders communautaires, tous engagés à identifier les obstacles persistants et à tracer des voies nouvelles vers une véritable justice foncière.
Après les Sketchs, jeux participatifs, les activités de la journée ont permis d’aborder les inégalités foncières avec réalisme mais aussi créativité. Ces moments d’expression populaire ont capté l’attention de tous, rappelant que la transformation sociale passe aussi par la prise de conscience collective et par la remise en question de certaines pratiques traditionnelles. Les groupes de femmes ont remis un plaidoyer solennel aux autorités locales. Dans ce document, lu par Mme DANKPO Cécile, elles réclament des politiques foncières équitables, la reconnaissance officielle de leurs droits fonciers et leur intégration dans toutes les instances de gouvernance des terres.
« Notre autonomie économique dépend de notre capacité à produire. Sans terre, nous restons en marge. Nous demandons un accès équitable, juste et durable », ont-elles déclaré, d’une voix ferme et émue.
L’adjoint au maire de Bas-Mono 2, Dogbé Amavi Nestor, a salué l’initiative et encouragé les femmes de la communauté à renforcer les valeurs citoyennes essentielles au vivre-ensemble.
« La femme rurale est un moteur de développement. Notre engagement pour la justice foncière et l’égalité de genre est total », a-t-il affirmé devant l’assemblée.
« Je demande à nos communautés d’accompagner les femmes dans leurs initiatives, de leur ouvrir les portes de la terre et des responsabilités. Leur réussite est une victoire pour nous tous. Soutenons nos femmes, car là où la femme avance, toute la communauté avance. Donnons-leur la place et les outils nécessaires pour porter notre développement. »
Aux côtés des leaders traditionnels et des représentants municipaux, le chef de canton a lui aussi appelé à une évolution harmonieuse des pratiques coutumières pour garantir une meilleure autonomie des femmes.
Il a lancé un cri de cœur à nos communautés de garantir aux femmes un accès équitable à la terre. Car toujours selon ses propos, c’est un acte de justice, mais aussi un choix stratégique pour notre développement agricole. ‘Donnons à nos femmes l’espace pour s’exprimer et apprendre. Une femme écoutée, formée et soutenue devient un pilier solide pour toute la communauté, a-t-il laissé entendre.
La présidente de l’UGEC-ZAH, Mme Hounkpati Amélé, a rappelé que les Groupes d’Épargne et de Crédit sont bien plus que de simples structures financières : « Ce sont des espaces d’apprentissage, de solidarité et de transformation. Investir dans la femme rurale, c’est investir dans l’avenir du Bas-Mono. »
Les représentants d’INADES-Formation Togo, dont Biem Komla et Nunyabu Koffi, ont présenté les actions menées dans le cadre du projet EGALE-AO, mettant en avant les impacts déjà visibles au sein des communautés rurales.
INADES-Formation Togo veille à l’accès des femmes aux terres parce que celles-ci jouent un rôle majeur dans la production agricole rurale mais restent souvent exclues de la propriété foncière. Garantir leurs droits sur la terre renforce leur autonomie économique et contribue à réduire la pauvreté dans les communautés. Cet engagement vise également à promouvoir l’égalité de genre et une justice sociale durable. L’accès sécurisé au foncier permet aux femmes d’investir, de produire davantage et de participer pleinement au développement local. Pour INADES-Formation, soutenir les femmes rurales, c’est soutenir l’avenir de toute la communauté.
Entre pique-nique, échanges communautaires et réjouissances populaires, la journée de la femme rurale à Masséda a pris des allures d’élan collectif. Les femmes rurales y ont exprimé avec force leur volonté de défendre leurs droits, protéger les ressources naturelles et participer pleinement au développement durable de la commune.
Le message final demeure limpide : donner la terre à celles qui la cultivent, c’est offrir à toute la communauté les clés du progrès, de la sécurité alimentaire et d’un avenir plus juste. Et dans le Bas-Mono, l’écho de cette revendication résonne désormais comme un appel incontournable : tant que les femmes auront la force de se lever et de défendre leur place, le développement ne sera plus un rêve, mais une promesse en marche.
Jean-Marc EDRON









