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Togo : 42 normes agricoles en voie d’adoption pour renforcer la qualité

novembre 26, 2025 0 389

Le Togo franchit une étape décisive dans la structuration de ses filières agricoles. Depuis le 24 novembre, l’Agence togolaise de normalisation (ATN) tient à Lomé un atelier majeur consacré à la validation de 42 projets de normes nationales. Elles concernent le riz, le soja, la volaille, ainsi que des produits horticoles. L’objectif est clair : disposer d’un cadre de qualité solide pour des filières jugées prioritaires et stratégiques pour l’économie.

Cette initiative est appuyée par le Programme de résilience alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP). Elle marque une évolution importante, car le Togo n’avait encore jamais produit ses propres normes nationales entièrement élaborées par des experts locaux. L’enjeu est autant économique que sanitaire : améliorer la qualité, renforcer la compétitivité et garantir la sécurité des produits vendus sur le marché.

Dès l’ouverture des travaux, le président de la Haute autorité de la qualité et de l’environnement (HAUQE), BOTRE Laré Arzouma, représentant le ministre délégué chargé de la promotion de l’investissement a rappelé que le respect des normes reste l’un des principaux obstacles à l’accès des produits africains aux marchés. Malgré l’ouverture internationale et les accords commerciaux, la part du continent dans le commerce mondial demeure faible. « Cette situation s’explique largement par des insuffisances liées à la qualité et à la conformité », a-t-il indiqué. D’où l’urgence de doter les filières nationales d’outils fiables.

Pour l’ATN, cette étape de validation est cruciale. Les 42 projets ont déjà franchi l’enquête publique, menée pendant deux mois. Ils entrent désormais dans la phase technique. Le Directeur général de l’institution, Dr Esssot’na Héyou Bodjona, a souligné que l’élaboration de ces normes répond à « la volonté de structurer et de sécuriser des filières prioritaires ». Le riz, le soja et la volaille ont été identifiés comme stratégiques, avec un ajout non prévu mais déterminant : l’horticulture, notamment la tomate.

Selon lui, chaque norme constitue un document de référence. « Il n’y a pas de qualité sans normes », a-t-il insisté. Ces textes définiront les bonnes pratiques, les exigences scientifiques et les critères de performance. Ils permettront aussi de capitaliser le savoir technique déjà acquis dans ces filières.

Les experts mobilisés se sont appuyés sur le guide ISO/IEC, qui encadre les étapes de l’élaboration normative. Après l’enquête publique et la validation technique, viendront l’atelier national puis l’homologation par le Conseil technique de normalisation. Ce n’est qu’après cette dernière étape que les documents deviendront des Normes togolaises, identifiées par le préfixe TTN.

Pour la consultante internationale Ndeye Maguette Diop, cette avancée représente un tournant. « Ce sera la première fois que des normes entièrement élaborées par des experts togolais deviendront officielles », a-t-elle rappelé. Elle a insisté sur la nécessité de diffuser largement ces normes, afin qu’elles ne restent pas de simples documents confidentiels. « Elles doivent être portées à la connaissance de tous », a-t-elle martelé.
Les bénéfices attendus sont nombreux. D’abord, elles permettront d’élever la qualité des produits, qu’il s’agisse du riz, du soja, de la volaille ou de l’horticulture. Ensuite, elles renforceront la protection du consommateur. Les producteurs devront désormais intégrer des exigences strictes : taux d’humidité, contaminants admissibles, caractéristiques physico-chimiques. Pour la filière riz, les projets de normes distinguent par exemple le riz paddy du riz usiné, facilitant ainsi les transactions commerciales.

Cette clarification technique facilitera aussi les échanges. Lors d’une vente, producteur et acheteur pourront s’appuyer sur une norme nationale reconnue. C’est un élément clé pour professionnaliser les acteurs et stabiliser les relations commerciales.

Pour le président de la HAUQE, ces normes s’inscrivent dans un cadre plus large : celui de la compétitivité économique. Depuis 2009, le Togo s’est doté d’une loi sur la promotion de la qualité, qui a permis d’intégrer de nombreuses normes internationales. Mais un manque persistait : l’absence de normes strictement nationales adaptées aux réalités locales. Avec ces 42 projets, ce vide sera comblé.

Il rappelle également que la qualité repose sur cinq piliers : la normalisation, l’évaluation de la conformité, la métrologie, l’accréditation et la promotion de la qualité. Maîtriser ces piliers permet d’accéder à de nouveaux marchés, de renforcer la performance des entreprises, mais aussi de sécuriser les chaînes de valeur nationales.

Le processus engagé depuis 2024, avec l’appui du Fonds international de développement agricole (FIDA) et de la Banque mondiale, a réuni experts nationaux, ministères, secteur privé et associations de consommateurs. Tous s’accordent sur un point : la compétitivité du Togo passera par la qualité.

Avec l’adoption de ces 42 normes, le Togo se prépare à franchir un cap structurant pour son agriculture. Ces textes offriront un cadre fiable, renforçant la qualité des produits, la sécurité alimentaire et la compétitivité sur les marchés. En dotant les filières riz, soja, volaille et horticulture d’exigences claires, le pays consolide sa stratégie de développement et affirme sa volonté de bâtir un environnement économique fondé sur la rigueur et la performance.

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