À la tribune, le Président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, a appelé à une refondation profonde du partenariat Afrique–Europe, estimant que seul un modèle de coopération renouvelé, fondé sur la paix, la stabilité et la confiance mutuelle, permettra de répondre à un monde de plus en plus fragmenté.
« Dans un monde marqué par la défiance, la paix n’est plus un acquis mais un combat quotidien que l’Afrique et l’Europe doivent mener ensemble », a-t-il averti, soulignant que la sécurité des deux continents est désormais indissociable.
Structurant son intervention autour de trois priorités, Faure Gnassingbé a d’abord insisté sur la nécessité de reconnaître la paix et la sécurité comme des biens publics mondiaux. Pour le chef de l’État, leur consolidation doit être portée d’abord par l’Afrique, appuyée par des institutions régionales robustes et des mécanismes de financement durables.
Il a plaidé pour une approche endogène de la sécurité, condition essentielle selon lui pour bâtir un ordre international plus stable.
Le dirigeant togolais a également appelé à une rénovation du multilatéralisme, à l’heure où les tensions géopolitiques mettent à l’épreuve la légitimité des institutions internationales. Si ces dernières ne parviennent plus à refléter l’équilibre réel des forces, a-t-il prévenu, elles risquent d’être contournées au profit de rapports de puissance imprévisibles.
L’Afrique et l’Europe ont, selon lui, tout intérêt à défendre un système de règles communes garant de prévisibilité et de stabilité.
Enfin, Faure Gnassingbé a défendu la construction d’une architecture de paix partagée entre les deux continents, capable de répondre aux menaces hybrides : terrorisme, cybercriminalité, campagnes de désinformation.
Il a particulièrement insisté sur le rôle central de la jeunesse africaine dans la consolidation de la paix future, plaidant pour une formation renforcée, une meilleure implication civique et une écoute accrue des aspirations des jeunes générations.
En clôturant son intervention, le Président du Conseil a exhorté les dirigeants européens et africains à choisir la confiance plutôt que la peur, et à construire une “solidarité stratégique” entre les deux continents.
Selon lui, une Afrique stable renforce l’Europe, tout comme une Europe engagée contribue à la souveraineté africaine.
Avec cette vision, Faure Gnassingbé réaffirme la place du Togo comme acteur-pont entre les régions et promoteur d’un dialogue stratégique renouvelé entre l’Afrique et l’Union européenne.









