Selon Serge Poda, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, deux textes ont été entérinés : la nationalisation et la mise en place d’un nouveau statut juridique faisant de la SN-Citec une société d’État à 100 %. L’objectif : préserver un outil industriel stratégique pour l’approvisionnement en huiles alimentaires, produits d’hygiène et tourteaux destinés à l’élevage.
Jusqu’ici, Géocoton détenait 53 % du capital, aux côtés de la Sofitex (34 %) et d’investisseurs nationaux (13 %). Lorsque le groupe français a exprimé son intention de céder ses parts, l’exécutif s’est aussitôt positionné pour les récupérer, conformément à son orientation de recentrage sur les filières clés.
Les discussions ont toutefois achoppé sur un point jugé essentiel par l’État : une dette souscrite par Géocoton au nom de la SN-Citec, utilisée en partie pour financer ses propres activités et celles de filiales au Burkina Faso et au Togo. Les autorités exigeaient un éclaircissement avant toute reprise. Face au refus de l’actionnaire majoritaire de traiter ce volet, et à l’approche de la nouvelle campagne, le gouvernement a estimé qu’un blocage pourrait perturber les stocks, fragiliser les prix intérieurs et créer un risque de rupture.
La nationalisation a donc été actée comme une mesure de « sauvegarde économique ». L’État a confirmé que les actionnaires seront indemnisés.
La SN-Citec est l’héritière d’une longue trajectoire industrielle. Créée en 1941 sous le nom de CITEC par les établissements Boussac, elle devient en 1967 la Société des Huiles et Savons de Haute-Volta, puis la Société des Huiles et Savons du Burkina en 1984. Privatisée en 1995, elle est intégrée en 2008 à Géocoton, filiale du groupe Advens.
Installée à Bobo-Dioulasso depuis 1972, l’unité transforme principalement l’arachide et le karité, et produit huiles, savons et tourteaux, jouant un rôle crucial dans l’approvisionnement national. eneur franco-sénégalais Abbas Jaber, s’est imposé au fil des décennies comme un acteur clé dans les matières premières agricoles et l’agro-industrie africaine. Sa filiale Géocoton hérite en 2008 de Dagris (ex-CFDT), institution historique de la filière coton en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Le groupe a également investi dans d’autres secteurs stratégiques : la meunerie, la logistique ou encore le transport ferroviaire avec Transrail entre Dakar et Bamako. Au Burkina Faso, sa présence inclut la SN-Citec et la Société cotonnière du Gourma (Socoma), dont Géocoton détient 75 % du capital.









