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Banque mondiale: l'Afrique subsaharienne a besoin de créer 25 millions d’emplois par an pour lutter contre le chômage 

novembre 12, 2025 0 550

 

Face à une explosion démographique sans précédent, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme : l’Afrique subsaharienne doit s’attaquer aux faiblesses structurelles qui freinent le développement du secteur privé si elle veut offrir des emplois aux millions de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

Selon un rapport publié le 18 octobre 2025, la population en âge de travailler dans la région augmentera de plus de 620 millions de personnes d’ici 2050, soit la plus forte progression jamais enregistrée dans une même région en un quart de siècle. Pour absorber cette croissance, l’institution de Bretton Woods estime qu’il faudra créer en moyenne 25 millions d’emplois par an. 

Cette explosion démographique est qualifiée d’« unique » par la Banque mondiale. L’Afrique subsaharienne devrait à elle seule représenter 90 % de la croissance démographique mondiale au cours des 25 prochaines années. Mais cette dynamique intervient dans un contexte marqué par des conflits persistants, les impacts du changement climatique et la fragilité des finances publiques.
Déjà, la région peine à fournir des emplois décents à la population active actuelle. 

Pour la Banque mondiale, la solution passe par un changement de paradigme économique. L’Afrique doit se doter de systèmes de production plus structurés, fondés sur le développement de moyennes et grandes entreprises capables de générer des emplois productifs, mieux rémunérés et plus spécialisés.

« La majorité des entreprises africaines restent petites et informelles, ce qui limite leur capacité à créer des emplois à grande échelle », souligne le rapport.
La croissance future devra donc reposer sur des entreprises capables d’atteindre une taille critique et de bénéficier d’économies d’échelle. 

Le développement du secteur privé dépendra aussi d’un environnement des affaires plus compétitif. La Banque mondiale insiste sur la nécessité de réduire les coûts liés à la réglementation, aux infrastructures et à l’énergie, tout en améliorant les compétences de la main-d’œuvre.

Les secteurs présentant le plus fort potentiel de création d’emplois sont notamment l’agro-industrie, l’exploitation minière, ainsi que le tourisme et l’hôtellerie. 

Malgré la prise de conscience, peu de stratégies concrètes ont été mises en œuvre pour préparer la main-d’œuvre africaine aux réalités du marché de demain.
L’ancien président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, a récemment averti que l’Afrique pourrait faire face à une crise majeure du chômage, avec seulement 100 millions de personnes employées sur 450 millions d’ici 2030 si rien n’est fait. 

Les contraintes liées à l’emploi sont particulièrement fortes en République centrafricaine, au Niger, en République démocratique du Congo, en Somalie et en Angola, où la population active devrait plus que doubler au cours du prochain quart de siècle.

À l’échelle mondiale, la Banque mondiale estime qu’entre 2025 et 2050, trois grandes régions verront leur population en âge de travailler croître de plus d’un milliard de personnes, dont la majorité devra trouver un emploi.
Pour l’Afrique subsaharienne, le défi est clair : transformer sa croissance démographique en moteur de développement économique.

Last modified on jeudi, 13 novembre 2025 15:49

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