L’annonce a été faite le 18 novembre 2025 par la Banque centrale du Nigeria (CBN) lors du 20ᵉ anniversaire de son Département de la politique monétaire. Le gouverneur, Olayemi Cardoso, représenté par le vice-gouverneur chargé de la politique économique, le Dr Muhammad Abdullahi, a précisé que ces réserves arrêtées au 14 novembre 2025 offrent désormais 10,3 mois de couverture des importations, un jalon majeur dans la mise en œuvre des réformes monétaires.
Cette hausse est alimentée par des flux financiers réguliers, un retour massif des investisseurs sur plusieurs classes d’actifs et un rebond solide des recettes pétrolières. Elle s’accompagne d’un apaisement durable sur le marché des changes : le naira s’est apprécié et l’écart entre le taux officiel et celui des bureaux de change est désormais inférieur à 2 %, signe de normalisation et de confiance retrouvée.
Cardoso a également mis en avant la décrue de l’inflation. L’indice général s’est établi à 16,05 % en octobre 2025, contre 34,6 % un an plus tôt, soit sept mois consécutifs de désinflation et le niveau le plus bas en trois ans. L’inflation sous-jacente suit la même trajectoire. Pour la CBN, ces résultats traduisent l’effet combiné des réformes, du retour des investisseurs et de l’amélioration de la perception internationale du Nigeria. Les grandes agences de notation ont révisé leur appréciation, S&P Global Ratings relevant notamment la perspective de « stable » à « positive ». La sortie du pays de la liste grise du GAFI renforce également sa crédibilité financière et ouvre la voie à une amélioration du financement du commerce extérieur et à des flux d’investissement plus importants.
Le gouverneur a rappelé le rôle central du Département de la politique monétaire dans ces avancées. Depuis vingt ans, celui-ci a piloté des réformes clés : introduction du taux de politique monétaire en 2006, création du corridor des taux d’intérêt, modernisation de la communication institutionnelle et transition progressive vers un cadre orienté vers le ciblage de l’inflation.
Malgré ces progrès, Cardoso reconnaît que plusieurs défis persistent, notamment la volatilité des marchés mondiaux, les fluctuations des prix des matières premières et les déséquilibres structurels internes. Il plaide pour une approche plus agile, appuyée sur le renforcement des capacités analytiques, l’amélioration des outils de modélisation et un recours accru aux technologies et aux données massives pour guider les décisions de politique monétaire.









