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vendredi, 20 novembre 2020 20:28

Assemblée nationale: Hommage à Kouassi André Johnson, 3è vice-président de l’assemblée nationale

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L’Assemblée Nationale a rendu ce 20 novembre les honneurs funèbres officiels à l’honorable Ablom Kouassi André Johnson, 3evice-président de l’assemblée nationale.

 

André Johnson est décédé le 14 novembre au CHR de Lomé à l’âge de 70 ans.

« Une vie s’est éteinte, le doyen André JOHNSON s’en est allé comme il a vécu, tel que décrit par Alexander Pope dans sa Lettre à John Gay, «tranquillement et sans bruit». Dans ces moments de vives émotions, je voudrais renouveler mes sincères condoléances à tous, avec une pensée particulière à sa famille et à ses proches », a déclaré la Présidente de l’Assemblée nationale, Yawa Djigbodi TSEGAN.

Eloge funèbre à André Kouassi Ablom JOHNSON3eVice-président de l’Assemblée nationale

Mesdames et Messieurs,

C’est avec beaucoup d’émotion et de tristesse que nous avons appris, le 14 novembre dernier, la disparition de celui qui fut le doyen d’âge, lors de la séance de droit de la VIe Législature. Oui, l’Honorable André Kouassi Ablom JOHNSON 3eVice-président de l’Assemblée nationale nous a quittés au terme d’un combat contre la maladie qu’il a mené courageusement. Figure emblématique du paysage politique national, JOHNSON André voua sa vie à un engagement inlassable au service de ses compatriotes et de l’intérêt général. Ses grandes facultés d’écoute et d’empathie, son profond humanisme, son indéfectible esprit de justice, de solidarité et de fraternité étaient unanimement salués et suscitaient le respect de tous. Il était débordant d’énergie, affable, attachant et généreux; il avait un petit mot affectueux pour chacun de ses collègues. Son implication dans la vie politique nationale marquée du sceau d'un ministre intègre d’une exceptionnelle loyauté à l'égard du Président de la République, son goût pour les batailles politiques difficiles le conduisirent à se présenter aux élections législatives. La confiance exprimée, le 20 décembre 2018, des électeurs de la circonscription électorale du Lacs/Bas-Mono lui permit de siéger au sein de l’Assemblée nationale. Il présida la séance de droit avec sagesse et pétulance. Il devint alors ce parlementaire actif que nous avons tous apprécié pour sa solidité et sa pugnacité. Notre regretté collègue est né le 17 octobre 1948 à Lomé là même où il repose aujourd’hui. A défaut de poursuivre sa formation au séminaire pour servir à l’autel, il se donne une fonction liturgique de guide et de soutien comme choriste. En effet, la chorale occupa une place très importante dans la jeunesse de cet ancien séminariste. Ainsi qu’il le déclara plus tard, cet abandon à Dieu lui donna des leçons de courage, d’endurance, d’humilité et de loyauté. Titulaire d’un baccalauréat de lettre et philosophie et d’une maitrise en littérature anglaise de l’Université Paris 3, il débuta dans la vie professionnelle comme professeur d’anglais en 1981 à Lomé, puis comme professeur d’anglais dans deux grands collèges d’Evry en France entre 1983 et 1993.Son inclination intrinsèque à servir les autres le poussa à la gestion touristique à l’issu d’un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en management du tourisme.

JOHNSON André a consacré une grande partie de sa vie professionnelle à former et à servir à l’étranger, mais c’est dans la vie politique de son pays qu’il investit la plus grande partie de son énergie. A l’époque, ses parents l’avaient plutôt poussé vers l’enseignement. C’est donc après sa retraite qu’il s’est consacré pleinement à la politique et rejoint l’Union des Forces de Changement où il militait déjà à Paris, au sein du Mouvement des togolais de la diaspora. Il va être représentant de l’UFC à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) de 1999 à 2002.Il fut nommé ministre de l’Environnement et des Ressources forestières de 2013 à2019. C’est à ce poste que l’illustre disparu s’est véritablement révélé à nombre de ses concitoyens. En effet, il s’investit avec passion dans cette fonction. Il s’attacha sans relâche à lutter contre l’érosion côtière de sa préfecture et, j’ajouterai, à favoriser une protection durable et équilibrée entre l’espace urbain et le monde rural des autres vastes territoires du Togo. Pour ce faire, il dota le département ministériel d’instruments d’action novateurs et efficaces pour la préservation de l’écosystème. Il mit également en place un régime de responsabilité sociétale des entreprises, pour soutenir tant les zones sensibles que les zones rurales fragilisées.

Sa carrière de parlementaire fut très courte, dense et riche. Pour beaucoup d'entre nous, JOHNSON André fut un exemple, un doyen. Il l'est demeuré jusqu'à l'extrémité de ses forces, jusqu'à ses derniers jours au cours desquels il sut trouver l'énergie de présider la cérémonie d’ouverture d’un séminaire de formation des membres de la commission des finances et du développement économique. Sur tous les bancs de cet hémicycle, l'heure est aujourd'hui au recueillement et au mémorial. Au nom de l’Assemblée nationale tout entière, je souhaite rendre aujourd’hui, dans notre cour d’honneur, un hommage solennel à un parlementaire estimé de tous, un humaniste, un parfait serviteur de la République, un défenseur inlassable de l’environnement et un acteur majeur des réformes constitutionnelles. À son épouse, à ses enfants, à toute sa famille et à tous ceux qui ont partagé ses engagements, je souhaite redire, en ce moment de recueillement, la part que l’Assemblée prend à leur chagrin.

JOHNSON André restera présent dans nos mémoires comme si à travers les paroles de la chanson de Bryan Adams il m’oblige à dire à chacun de nous:

«Sonne le clairon

Pour moi, s'il te plaît

Au fil des saisons

N'oublie jamais, comment j'étais

Pour moi, c'est la fin

Je suis fatigué

Je ne suis plus rien

Rien, qu'un cœur blessé

Rien qu'un soldat

Qui a livré son ultime combat

Jusqu'au dernier soupir

Emmène-moi

Ou laisse-moi mourir

Sonne le clairon

Dis-leur que je pars

Mais les chemins d'antan

Ne mènent plus nulle part

Et sans lumière, j'ai peur de tomber

Au cœur de la nuit

D'abandonner, la vie

De m'en aller

Mais loin, là-bas

Quelque part, dans le ciel

Une voix m'appelle.»

Adieu Doyen; repose enpaix!

Lu 87 fois Dernière modification le vendredi, 20 novembre 2020 20:40

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