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jeudi, 08 octobre 2020 13:39

Politique : Laurent Lawson « 30 ans après, l’idée de l’alternance doit quitter la rue pour atterrir autour d’une table de réflexions au Togo »

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Le Premier Secrétaire du Parti Social-Démocrate du Togo (PSDT) Laurent Lawson Le Premier Secrétaire du Parti Social-Démocrate du Togo (PSDT) Laurent Lawson

Le 05 octobre 2020, le Togo commémorait les 30 ans de l’avènement démocratique. Déception, trahison,  stratégie de l’alternance mal ficelée, manifestations violentes dans les rues.

 

Face à cette atmosphère de crise de confiance,  le Premier Secrétaire du Parti Social-Démocrate du Togo (PSDT) Laurent Lawson a une solution « L’alternance doit quitter la rue pour atterrir dans un bureau et autour d’une table de réflexions », propose- t-il. L’homme politique togolais vivant en Suède revient sur le déficit démocratique dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest notamment la Côte d’Ivoire du président Alassane Ouattara et Alpha Condé de la Guinée à quelques semaines des élections présidentielles.

 

Depuis l’élection présidentielle du 22février dernier, la classe politique togolaise devenue morose, sans activités, et en perte de vitesse. Comment expliquez-vous cet état ?

 Laurent Lawson : Je vous remercie, permettez-moi de nous dire que la politique de l’opposition a des limites. D’abord c’est quoi l’opposition politique ? L’opposition politique est un aspect essentiel de la démocratie en ce sens qu’elle est au début et la fin du processus démocratique. L’opposition politique dans les normes est un parti ou groupe de parti politique minoritaire qui a une mission de service public: contrôler et critiquer l’action du gouvernement, proposer des valeurs, des idées et un projet de société alternatifs aux projets mis en place et appliqués par le parti ou la coalition de partis au pouvoir, et briguer les suffrages des citoyens. Une opposition politique n’est pas une boutique ou un étalage commercial où chaque jour il faut ouvrir la boutique et étaler ses marchandises. Ce que je remarque, c’est que quand l’opposition togolaise n’est pas dans la rue pour manifester, le peuple acquit à l’opposition togolaise est mécontent, et les journalistes s’étonnent, parlent du silence de l’opposition qui a choisi la rue. Je pense que c’est normal d’autant puisque l’opposition marchante a habitué ses militants à des activités de marches de protestation. Les journalistes manquent d’articles de débats et des commentaires. La population acquise à l’opposition voit que rien ne se passe, le camp en face voit l’opposition comme désœuvrée et inactive et jusqu’à parler de perte de vitesse. Je ne crois pas et loin de là. Nous ne devons pas perdre de vue certains évènements qui sont survenus ces derniers moments au Togo et comme dans le monde entier. Nous sommes sortis des élections communales, il faut donc que les Maires soient élus aussi bien que leurs adjoints, composer les bureaux et mettre en place les conseillers communaux, créer les différentes commissions et ainsi de suite. Comme nous le savons tous, c’est la première fois après le coup d’état de 1963 que le Togo a organisé des élections locales dites « démocratiques ». Les communes ont jusqu’à présent des difficultés à fonctionner économiquement et de façon structurelle. N’oublions pas que certains Maires et certains conseillers et conseillères des communes sont issus des partis politiques de l’opposition. Et en plus ce sont des partis politiques qui avaient optés pour la rue. Nous avons connu l’élection présidentielle avec tous ses contours où jusqu’à présent le candidat de la DMK se réclame vainqueur avec70% des voix et même dans son maquis. Ensuite, nous avons la pandémie du coronavirus (COVID-19) qui depuis le mois de mars 2020 a tout bouleversé non seulement au Togo mais, dans tout le monde entier. Finalement qu’est-ce que ceux qui critiquent l’immobilisme de l’opposition nous proposent ? Avec le COVID- 19, il ne faut pas se regrouper, il ne faut pas se serrer les mains, il faut créer une distance minimum d’un mètre à deux mètres, se laver les mains et se protéger du cache nez. Dites-nous ce que vous voulez que l’opposition fasse. Selon vous, après 30 ans de lutte à combattre le régime, l’opposition doit-elle changer la manière de lutter pour l’alternance ? Le Parti Social-Démocrate du Togo (PSDT), ma famille politique a toujours crié pour demander à ses confrères de l’opposition qu’il est temps de changer de stratégie de lutte. Qu’à un moment donné, la lutte pour l’alternance doit quitter la rue pour atterrir dans un bureau et autour d’une table de réflexions c’est-à-dire ramener la lutte à un niveau stratégique politique. Expliquer au peuple togolais le sens de l’alternance. C’est quoi l’alternance ? Beaucoup de togolaises et togolais et mêmes certains dirigeants de parti politique de l’opposition ne maîtrisant pas les vrais composants de l’alternance. Au niveau du PSDT, le mot alternance est tout un paquet. Dans ce mot, nous avons, la démocratie, les droits humains, la justice sociale avec tout ce que cela comporte, la lutte contre la corruption, la lutte pour l’impunité, la bonne gouvernance etc., donc pour atteindre cela, il faut impliquer tout le monde, la population acquise à la majorité et celle acquise à l’opposition. Quand la population acquise à la majorité adhère à nos explications et qu’elle verra que son intérêt est dans le jeu que nous lui proposons, elle viendra se joindre à nous pour combattre son propre camp pour gagner l’alternance. Mais quand vous combattez la personne en la menaçant que quand vous arriverez au pouvoir vous allez lui faire payer le passé, alors n’espérer pas l’alternance. Pour nous au PSDT, l’alternance n’est pas « ôte-toi delà je vais m’asseoir », ce n’est pas le changement de visage, mais le changement de toute une institution moisie.

Avec les décès des grands hommes de l’opposition, Edem Kodjo, Agboyibo Yawovi, l’opposition n’est pas en train de perdre ses substances pour l’alternance ?

Messieurs Edem Kodjo et Yawovi Agboyibo c’est deux anciens premiers ministres du Togo, j’ai eu l’occasion de les rencontrer plusieurs fois avant, pendant et après leurs passages à la primature. Oui ils ont lutté, ils ont combattu le combat. Seulement qu’ils n’ont pas atteint le résultat de leurs combats. Au fait dire que l’opposition est en train de perdre ses substances pour l’alternance, je nous dis non. Nul n’est indispensable. Le Togo est rempli de femmes et d’hommes intelligents, de bonnes volontés, dévoués à la cause togolaise pour l’alternance.

Au niveau du PSDT, avez-vous des propositions à faire à la classe politique pour sortir de cette léthargie ?

Laurent Lawson (Moi), je suis diamétralement opposé à cette doctrine politique togolaise, je ne suis pas un nouveau venu dans la classe politique de l’opposition togolaise. J’ai été, celui qui par le passé, se passait pour un radical, un vindicatif. J’ai organisé de ma manière l’opposition togolaise à l’intérieur, comme à l’extérieur, j’ai toujours combattu l’injustice et surtout l’injustice sociale et je continue à la combattre mais, je ne suis pas l’ennemi du Togo, ni du togolais et jamais l’ennemi de ceux qui, hier et aujourd’hui nous gouvernent. Ils sont des togolais, fils du Togo. Ils ont le droit comme tout togolais. Mais attention ! Nous avons le droit et le devoir de leur dire arrêtez. Vous abusez, vous allez trop loin. L’opposition togolaise a fait et continue de faire ce qu’elle peut et doit faire mais, les embuches et les défis sont trop grands. C’est vrai que le résultat qu’attendait la population togolaise acquise à l’opposition n’est pas atteint. C’est-à-dire l’alternance. Nous devons reconnaitre après tout que nous avons échoués. Nous avons échoué parce que nous n’avons pas atteint les résultats escomptés. Nous avons échoué à tous les niveaux : les législatives, les communales et la présidentielle. Mais attention! L’échec que connait l’opposition togolaise est un échec collectif, un échec de la majorité au pouvoir, de la minorité opposition et de toute la population togolaise. Ceux qui pensent que l’opposition togolaise représente leurs malheurs, ils n’ont qu’à se prendre à eux-mêmes.

Après le coup d’État au Mali, la démocratie en Afrique a-t-elle encore du chemin à se faire?

Au niveau du PSDT, nous condamnons énergiquement le coup d’état survenu au Mali le 18 août 2020. Ce énième coup d’état n’apportera rien aux maliens comme un salut public qui se trouve à la bouche des putschistes. J’attends voir le contraire. C’est par le coup d’état qu’IBK est arrivé au pouvoir en chassant ATT (Amadou Toumani Touré) un coup d’état de salut public qui n’a accouché que de la poussière et non la sourie.

Alassane Ouattara et la Côte d’Ivoire.

La situation en Côte d’Ivoire est inquiétante. Envoyant ce qui se passe dans plusieurs pays de la sous-région, c’est comme la gymnastique de la modification des constitutions des États est devenue une mode. C’est comme le Togo est le pays initiateur de toutes bonnes comme mauvaises choses. Tout ce qui peut réussir au Togo peut facilement réussir dans beaucoup de pays d’Afrique. Cette situation en Côte d’Ivoire risque de créer de sérieux chaos dans le pays du feu Félix Houphouët-Boigny et ceci va malheureusement beaucoup agir sur la côte Ouest africaine. Je suis très critique envers le Président Alassane Ouattara pour sa candidature. C’est comme finalement le travail du Président de la République n’a plus de valeur ni la promesse d’honneur. Ne serait-ce que le Président Alassane Ouattara respectait sa parole, aujourd’hui les dégâts et les pertes de vie occasionnés ces derniers temps seront épargnés. Ma question est de savoir si dans son parti il n’existe personne d’autre capable et ayant les facultés nécessaires pour diriger la côte d’Ivoire. Sinon comment peut-on nous expliquer que la personne sur qui lui, le Président en Exercice ayant annoncé son départ du pouvoir à la fin de son second mandat et aux yeux du monde où même, il était allé jusqu’à pointer du doigt celui-là qu’il appelait officiellement son dauphin politique et qui malheureusement a succombé. Paix à son âme. Le Président Alassane Ouattara n’a trouvé personne dans son parti pour remplacer le défunt dauphin ? Cela dit qu’il n’a pas été, qu’il n’est pas non plus et qu’il ne sera pas non plus un bon dirigeant d’avant-garde car, son parti politique Le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) regorge plein d’hommes et de femmes non seulement qu’ils sont capables mais, qu’ils feront mieux que lui car, quand on vieillit en politique les idées vieillissent surtout quand on a occupé des postes importants et après 10 années à la tête d’un pays comme la Côte d’Ivoire. Si vraiment j’ai des idées à partager avec les politiques de la Côte d’Ivoire, je n’ai qu’une seule, c’est de conseiller tous les candidats qui ont déjà goûté le pouvoir à un niveau élevé comme président de la République, premier ministre, président de l’assemblée nationale et tous ceux qui ont été mêlés dans les troubles et les guerres en Côte d’Ivoire de ne pas se présenter à cette élection mais, plutôt ouvrir la voie à d’autres personnalités politiques. Le président Alassane Ouattara est le seul qui peut éteindre le feu qu’il a attisé lui-même. Il doit reporter les élections, fait appel à un rassemblement national pour apaiser les cœurs des ivoiriens, procéder à la recomposition de la Commission Électorale Indépendante (CEI) et enfin organiser l’élection présidentielle dans une quiétude totale.

La Guinée et le président Alpha Condé

 

Et voilà une autre manche de la vie des gouvernants en Afrique de l’Oust : la Guinée. La Guinée représente un autre cas très sérieux pour l’Afrique. La question finalement est de savoir si les pays africains méritent d’avoir une constitution votée par ses peuples? Vraiment, je proposerais finalement de suspendre les élections dans nos pays pauvres ces pays surnommés des pays en voie de développement ceci pour nous concentrer à l’éducation et aux formations de nos populations pour un temps afin que les populations de nos pays pauvres soient instruites et informer de leurs droits et devoirs avant de reprendre les votes constitutionnelles et intentionnelles. Permettez-moi de nous rappeler que c’est une parenthèse puisque je ne savais plus quoi dire car, je suis dépassé des évènements politiques en Afrique et particulièrement dans la sous-région Ouest africaine. Si après dix années au pouvoir, 82 ans d’âge, le chef de l’État guinéen se décide de se représenter pour un troisième (3e) mandat ? Ceci après avoir modifié la Constitution ancienne qui disait que le président guinéen ne peut effectuer plus de deux mandats. En 2020 et à la porte de2021, le président Alpha Condé déclare officiellement que cette élection (du 18 octobre 2020) n’est pas seulement une élection, c’est comme si nous étions en guerre », mais au fait en guerre contre qui ? Contre sa propre population ? Le comble, c’est de savoir ce qu’il a fait pendant les 10 années de gouvernance ? Et, c’est à partir d’un prochain mandat qu’il s’engagera à aider les femmes, les jeunes et les pauvres et il ajoute de ne plus laisser personne au bord de la route. Donc, il reconnait que pendant ses dix années de ses mandats passés il n’avait pas pris en compte les problèmes des femmes, des jeunes et des pauvres ? Et pendant tout ce temps lui-même avec sa famille vivent heureux. Le 19 septembre, dans le premier discours de campagne d’Alpha Condé prononcé en malinké, où il disait ceci« Si vous votez pour un candidat malinké qui n’est pas du RPG [Rassemblement du peuple de Guinée, au pouvoir], c’est comme si vous votiez pour Cellou Dalein Diallo », son principal opposant. Ça c’est une menace et, dans la norme des choses, le Président Condé doit être sanctionné ou l’Assemblée nationale doit demander sa démission. Sa candidature doit être annulée car, une menace en cette période d’élection où le président sortant tient des propos de menaces ? Cela doit être considéré comme une corruption électorale a un degré élevé. Je suppose finalement que nous avançons tout droit et surement sur la voie du président sortant l’américain Donald Trump. Ça prouve que la politique de menaces barbares du président américain Donald Trunp fait son chemin en Afrique. Je pense que le président Alpha Condé doit retirer sa candidature, repousser les élections pour donner la possibilité aux candidats et celui de son parti de se préparer pour les campagnes enfin d’aller à l’élection présidentielle prochaine. Nul n’est indispensable.

Appel du président du Nigeria, Muhammadu Buhari.

La leçon du président du Nigeria, Muhammadu Buhari, qui appelle les présidents d’Afrique de l’Ouest à respecter la limite constitutionnelle de leur mandat, n’est que de la poudre aux yeux. Ils sont tous les mêmes. Je veux bien croire à la leçon du président du Nigéria quand des sanctions commenceront à tomber contre ces chefs d’État de façon à les faire plier sous la constitution de leur pays.

Le mot de fin

Je termine en précisant que le respect des dispositions de nos constitutions et notamment celui de la limitation des mandats sont les conditions sine qua non pour la démocratie la paix et le développement. Que les Chefs d’Etat et leurs gouvernements arrêtent de faire souffrir leurs populations seulement pour leurs simples égoïsmes et leurs ventres.

Je vous remercie.

Lu 208 fois Dernière modification le jeudi, 08 octobre 2020 17:32

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