Composition2 result

Date du jour :

Aujourd'hui = 1987 / Hier = 5726 / Cette semaine = 13257 / Ce mois = 153068 / Total = 1854323

jeudi, 24 septembre 2020 16:13

« Jeudi j’ose » : L’entrepreneuriat, l’arme antichômage pour les jeunes togolais

Écrit par
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Avec le doublement de la population continentale prévu d’ici à 2050, passant de 1,2 à 2,5 milliards d’habitants, l’Afrique devra être en mesure de créer pas moins de « 450 millions d’emplois sur les 20 prochaines années », indiquait en 2017 la Banque africaine de développement (BAD), si elle veut occuper sa jeunesse.

 

Les plus optimistes imaginent que la création d’entreprise sera la nouvelle religion du continent et que l’engouement pour l’innovation sera partout de mise. Déjà, les jeunes « se disent attirés à 72 % par l’entrepreneuriat », observent Jean-Michel Severino et Jérémy Hajdenberg, co-auteurs du livre Entreprenante Afrique. De plus, l’amélioration du climat des affaires et l’adoption de mesures favorables à la libre entreprise dans un nombre croissant de pays africains ont sans doute incité des millions de personnes à lancer leurs affaires pour tenter de tirer profit des opportunités offertes par de nombreux secteurs.

Déjà, 60 % des jeunes Africains seraient sans emploi. Et chaque année, plus de 10 millions de jeunes actifs entreront sur le marché du travail. Alors, comment satisfaire les 10 millions d'Africains qui entrent chaque année sur le marché du travail ? Pour éviter la crise, pouvoirs publics et investisseurs misent sur la création d'entreprises.

Au Togo, que fait le gouvernement pour profiter du dividende démographique ?

« Tous ces jeunes dans la rue à ne rien faire, c’est de gros problèmes en perspective », résumait en 2015 la Libérienne Antoinette Sayeh, directrice du département Afrique du FMI.

Au Togo, le Plan national de développement (PND 2018-2022) a été conçu et lancé pour créer à échéance, 01 million d’emplois dont 500 000 directs ; transformer structurellement l’économie ; faire monter le taux de croissance à 7,6% ; faciliter la transformation locale des produits agricoles et améliorer le bien-être social des Togolais. Ceci passe nécessairement par la promotion de l’entrepreneuriat national, a fortiori dans un paysage socioéconomique avide des projets d’entreprise de jeunes. Heureusement, le Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (Faiej) se démène pour encourager les initiatives économiques privées. « Jeudi j’ose » est l’une des plateformes qu’il a mises en place pour atteindre les résultats escomptés.

« Jeudi j’ose » offre aux jeunes togolais des techniques nécessaires pour la création d’une entreprise. C’est une plateforme d’informations et d’échanges sur l’entrepreneuriat qui a été lancée en novembre 2015. Elle est opérationnelle dans toutes les régions du pays. Chaque deuxième jeudi du mois, une journée portes ouvertes est organisée et au cours de laquelle des professionnels répondent aux préoccupations des jeunes ; c’est également un cadre d’informations sur la spécificité du métier choisi.

L’initiative est née d’un constat : les jeunes ignorent l’existence des mécanismes et des opportunités d’entrepreneuriat mises en place par le gouvernement. Par conséquent, ces jeunes qui s’engagent dans le secteur ont véritablement besoin d’informations, d’outils indispensables, de notions, de conseils, d’expériences pour surmonter les difficultés qui pourraient se dresser sur leur chemin et aller de l’avant dans leur parcours entrepreneurial.

Des milliers de jeunes déjà touchés

En octobre 2018, soit 03 ans après le lancement de la première édition de « Jeudi j’ose », les statistiques établies faisaient état de plus de 4 000 jeunes touchés sur l’étendue du territoire. Par le biais de la plateforme, ces jeunes citoyens férus de l’entrepreneuriat, ont acquis la motivation, les informations et les conseils nécessaires pour susciter en eux la vocation entrepreneuriale et leur permettre d’aider à résorber le chômage. L’un des objectifs des pouvoirs publics est d’atteindre 20 000 jeunes grâce à la plateforme.

Les chiffres du Faiej se passent de commentaire

Le Faiej apporte sa contribution au Plan national de développement qui vise à faire du Togo, une plateforme économique par excellence dans la sous-région. En 2019, il a permis de créer près de 5 000 emplois ; de sensibiliser 106 067 jeunes. 12 450 d’entre eux se sont inscrits et 17 248 ont été formés. 2 849 projets ont été financés ; 5 424 crédits ont été octroyés pour un montant de 3,05 milliards de francs CFA. Ces efforts ajoutés à d’autres actions mises en œuvre pour la même finalité, ont boosté la création d’entreprises au Togo. Pour justification, 6 063 entreprises ont vu le jour au cours des 06 premiers mois de l’année 2020. En 2019, 11 000 entreprises ont été créées. Un an plus tôt, le pays avait enregistré 10 545 nouvelles créations d’entreprise. Aujourd’hui, se fiant au classement Doing Business 2020, le Togo est le 15ème pays mondial en matière de facilité accordée pour la création d’entreprise.

Malgré ses prouesses du gouvernement, il faut de la détermination des jeunes pour devenir un grand entrepreneur sur l’échiquier national. D’ailleurs, selon le rapport 2013 du Global Entrepreneurship Monitor/Youth Business International (GEM/YBI) sur l’entrepreneuriat chez les jeunes, 32 % d’entre les jeunes sont poussés par la nécessité, ce qui signifie que l’esprit d’entreprise est perçu comme une stratégie de survie et non pas comme une opportunité pour faire des affaires.

En Afrique, la fonction publique et le secteur privé emploient moins de 10 % de la population active, mais l’immense majorité des actifs travaillent dans le secteur informel. Et, très souvent, ils ont créé leur propre emploi, c’est le capitalisme de soi.

Selon les spécialistes financiers « Lancer son affaire ne suffit pas, encore faut-il la pérenniser. Et à ce titre, l’Afrique détient la palme des cessations d’activité, avec un taux de 12,7 % en moyenne, contre 6,8 % en Europe, 9,6 % en Amérique latine et 12 % en Amérique du Nord. »

Ce pourcentage élevé de fermetures d’entreprises ternit évidemment les perspectives les plus optimistes de création d’emplois.

Lu 143 fois Dernière modification le jeudi, 24 septembre 2020 17:21

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'entrer toutes les informations requises, indiquées par un astérisque (*). Le code HTML n'est pas autorisé.

Please publish modules in offcanvas position.