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lundi, 20 juillet 2020 17:02

Insécurité maritime et économie bleue : Le Togo veut se prendre en charge et assumer son destin

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Les chefs d’États et de gouvernements riverains du golfe de Guinée, du Sénégal à l’Angola, ainsi que les organisations régionales CEEAC (Communauté économique des États d’Afrique centrale), CEDEAO (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest) et CGG (Commission du Golfe de Guinée) se sont engagés en 2013 à accroître la sécurité dans les espaces maritimes d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest.

 

Cet engagement politique s’est traduit lors du Sommet de Yaoundé de juin 2013, en application des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, par la définition d’un processus global permettant de lutter contre l’insécurité maritime en Afrique, dont la piraterie et les attaques à main armée en mer constituent la partie la plus visible. Le processus de Yaoundé vise notamment à mettre en place une architecture de sécurité composée de 26 centres dédiés, allant du niveau national au niveau inter-régional, répartis sur toute la côte.

Malgré les efforts de la communauté internationale et des pays riverains, le golfe de Guinée constitue une zone où les actes illicites en mer se situent toujours à un niveau élevé ;

Les causes de cette insécurité en mer sont connues et se combinent entre elles sous la forme d’une hybridation des menaces associant pêche illicite, trafics d’armes, de drogue, d’êtres humains et activités terroristes. Tous ces maux persécutent l’économie bleue, menacent la sécurité des citoyens ou des travailleurs et importunent la souveraineté nationale. Malheureusement, ils sont devenus fréquents dans la sous-région au fil du temps, ce qui nuit véritablement aux économies nationales.

Dans les perspectives de trouver une solution à ces maux, le Togo avait décidé d’organiser la conférence sur la sécurité maritime et le développement en Afrique à Lomé en octobre 2016.

« La Conférence étudiera les voies et moyens adéquats pour enrayer les actes criminels qui portent une atteinte grave à la paix et la sécurité ainsi qu’à la navigation dans l’ensemble de l’espace maritime africain, en particulier, dans la Corne de l’Afrique et dans le Golfe de Guinée. En matière de développement, la Stratégie africaine intégrée pour les mers et les océans à l’horizon 2050 (Stratégie AIM 2050) sera au cœur des travaux de Lomé en vue d’une mise en œuvre plus soutenue et accrue de son plan d’opérationnalisation visant à créer une plus grande richesse, par la promotion d’une économie bleue, florissante, durable, sécurisée et respectueuse de l’environnement », déclarait Faure Gnassingbé Président du Togo en marge de cette conférence.

De nos jours, le Togo, reconnu pour son hospitalité et son climat social serein, est tout de même confronté à ce fléau aux conséquences socioéconomiques méprisables. Pour endiguer le phénomène, le pays va étendre et renforcer, à partir de 2020, les mesures préexistantes liées à la protection des côtes.

Selon les statistiques du Bureau maritime international pour l’année 2018, sur 201 cas d’attaques de piraterie et de brigandage dans le monde, l’Afrique de l’Ouest compte 87 cas. Le Golfe de Guinée enregistre 82 cas soit 41% sur le plan mondial, faisant de lui l’épicentre de la piraterie.

Les gouvernants togolais sont convaincus que la sous-région fait face à une dégradation rapide et inquiétante de la situation sécuritaire. Ils savent que le Togo, dans cet environnement, se doit de tout mettre en œuvre pour maintenir un climat de paix et de sécurité qui est la condition sine qua non pour tout développement. C’est pourquoi le pays va poursuivre les mesures relatives à la sécurité maritime aux larges des côtes afin de lutter contre la piraterie et permettre à l’économie bleue de jouer pleinement son rôle au cours des cinq (05) prochaines années.

Déjà, le pays a créé en 2014, l’Organisme national chargé de l’action de l’Etat en mer (ONAEM) pour renforcer le rôle des administrations publiques et coordonner les efforts intersectoriels afin de protéger les acquis et/ou intérêts maritimes du Togo ; lutter contre la piraterie et les trafics illicites notamment des stupéfiants ; éviter les rejets illicites en mer ; protéger le milieu marin ; lutter contre l’immigration illégale et la traite par voie maritime ; surveiller et contrôler l’exploitation des ressources halieutiques etc.

Pour assister l’Onaem, il a été mis en place un Haut conseil pour la mer (HCM) qui permet de déterminer les plans directeurs ; de discuter des priorités de l’action gouvernementale dans l’espace maritime, en matière économique, environnementale et sécuritaire ; d’aider à identifier et à acquérir des moyens nécessaires à la réalisation des objectifs fixés ; de veiller à l’application des décisions prises ; de sécuriser les échanges commerciaux par voie maritime etc.

Par ailleurs, le Togo bénéficie d’une subvention de la Banque africaine de développement (BAD) pour mener à bien la phase 2 des projets de réhabilitation de la route Lomé - Cotonou et de protection côtière. En réalité, 41 kilomètres de côtes seront concernés (18 km du côté du Togo et 23 km du côté Benin). Des ouvrages d’enrochement seront construits afin de sauver les habitations et les infrastructures des griffes de l’érosion côtière. On parle également de l’aménagement de la section Avépozo - Aného (30 km) en 2x2 voies qui complètera le chaînon manquant sur la portion togolaise du corridor ; la construction de 28 épis et le rechargement en sable ; les aménagements connexes et activités en faveur des jeunes et des femmes ; les mesures de facilitation du transport et du transit ; la formation et la sensibilisation des services frontaliers et des usagers. Le coût du projet est évalué à près de 110 milliards de francs CFA.

Dans la lutte contre l’insécurité maritime, la marine nationale à travers des exercices dénommés « African Nemo 19.1», organise par la préfecture maritime en collaboration avec la marine française, au large de Lomé des exercices maritimes de simulation « African Nemo ». Cet exercice, généralement, vise à renforcer les aptitudes des différentes administrations impliquées dans l’action de l’Etat, en leur donnant les capacités nécessaires dans la lutte contre la criminalité maritime et en les emmenant à gérer efficacement une crise de ce type.

Dans ce sens, il importe donc que l’Afrique, résolue à assumer pleinement la responsabilité qui lui incombe vis-à-vis d’elle-même, et soutenue par la communauté internationale, se donne les moyens nécessaires pour enrayer les actes criminels en mer, et s’investisse dans la réalisation de la vision 2063 de l’Union Africaine pour l’Afrique, qui offre des perspectives heureuses au continent en ce qui concerne son progrès économique et social notamment.

« Lorsque l’on examine ce que l’insécurité maritime coûte à nos économies ainsi que les risques environnementaux majeurs qui planent sur nos espaces marins, une seule conclusion s’impose : la mer est au cœur du développement durable», avait déclaré Faure GNASSINGBE.

Avec un total de 13 millions de km2 de zones économiques maritimes et 17% des ressources mondiales en eau douce, l'Afrique doit voir cette richesse comme une opportunité de développement durable. Sur 54 pays que compte l'Afrique, 38 sont des Etats côtiers. 90% des importations et exportations transitent par la mer et un nombre important des corridors commerciaux maritimes les plus stratégiques se trouvent dans l'espace maritime africain.

Lu 281 fois Dernière modification le lundi, 20 juillet 2020 17:39

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