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vendredi, 19 juin 2020 19:25

L'UA appelle toujours à l'annulation de la dette des pays africains qui s’élève à 493,6 milliards de dollars

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Selon les dernières statistiques de la Banque mondiale, la dette des pays africains s’élève à 493,6 milliards de dollars.

 

L'Union africaine (UA) a réitéré son appel en faveur de l'annulation de la dette et de la mise en œuvre d'un ensemble complet de mesures d'allégement de dette pour les pays africains en réponse à la crise de Covid-19.

Dans une déclaration publiée le 16 juin dernier après une réunion virtuelle des chefs d'État et des envoyés spéciaux de l'UA convoquée par le président de l'UA en exercice, le président Sud-africain, Cyril Ramaphosa, les dirigeants du continent ont également appelé à la levée des sanctions contre le Soudan et le Zimbabwe afin de permettre aux deux pays de faire face adéquatement à la crise sanitaire mondiale.

En avril dernier, l’institution financière internationale a indiqué que les Etats d’Afrique subsaharienne se préparent à entrer en récession économique cette année, avec une croissance négative entre -2,1% et -5,1% pour la première fois depuis 25 ans.

Pour accompagner les plans de soutien économiques et sociaux décidés au niveau national dans la plupart des pays, l’Union africaine a nommé une équipe d’experts chargés de coordonner l’aide internationale et la discussion sur l’annulation de la dette extérieure publique.

Dans une tribune signée de Kako Nubukpo, Doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion de l'Université de Lomé (Togo), co-coordinateur de l'Initiative « l'Afrique d'après »: « Pourquoi les dettes africaines reviennent toujours ? », l’Economiste togolais donne trois pistes pour répondre à cette question structurelle que réside une véritable émergence du continent africain: « Le premier facteur explicatif de l'endettement africain récurrent est le taux de pression fiscale (rapport entre les recettes fiscales et la richesse créée au cours d'une année) en Afrique subsaharienne qui est structurellement bas, inférieur à 20 % du produit intérieur brut (PIB), alors qu'il se situe au-delà de 40 % dans le monde développé. Or, ce sont les ressources fiscales qui constituent l'essentiel des recettes des États, leur permettant de financer les dépenses publiques. Qui dit donc taux de pression fiscale élevé, dit a priori bonne couverture des dépenses publiques par les recettes éponymes.

Le deuxième facteur explicatif du surendettement est le niveau structurellement élevé des taux d'intérêt réels en Afrique, souvent plus du double du taux de croissance économique ; or, quand vous empruntez à un taux d'intérêt supérieur au taux de croissance économique, il y a peu de chances que vous puissiez rembourser votre emprunt, vu que le rythme de création de richesses (le taux de croissance économique) est plus faible que le coût d'acquisition des moyens de création de richesses (taux d'intérêt). Ce raisonnement est aussi valable sur le plan microéconomique que macroéconomique. Résultat des courses pour les États africains, les flux de déficits s'accumulent et se transforment en stock additionnel de dettes en fin d'année budgétaire.

Le troisième et dernier facteur (le plus structurel) est l'étroitesse de la base productive africaine. L'Afrique ne se décide toujours pas à produire elle-même ce qu'elle consomme. Elle se complaît dans la place qui lui a été assignée dans la division internationale du travail, à savoir exportatrice de matières premières dont les recettes sont volatiles et moins élevées que les prix des biens et services qu'elle importe massivement pour faire face à sa forte demande sociale, conformément à la loi dite de Prebisch-Singer. Le résultat de cette insertion primaire de l'Afrique au sein du commerce international est l'accumulation de déficits dits jumeaux, à savoir le déficit budgétaire et celui du compte courant de la balance des paiements ».

Lu 360 fois Dernière modification le vendredi, 19 juin 2020 20:07
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