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mercredi, 10 juin 2020 16:32

Energie nucléaire : Les avantages de l'utilisation de l'énergie atomique à des fins pacifiques au Togo

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L’énergie est la colonne vertébrale de tout développement, l’Afrique a besoin de ressources énergétiques ; l’énergie nucléaire pourrait être la solution pour beaucoup de pays.

 

Beaucoup s’interrogent, pourquoi le nucléaire ? Ce n’est pas le nucléaire qui est en question, c’est l’énergie. Chaque pays a besoin d’énergie et il faudrait trouver une énergie rentable, propre et fiable, avec une population en pleine expansion et des projets de croissance économique.

Au Togo, au cours de la 6e séance plénière de la première session ordinaire de l’année 2020 présidée par Son Excellence Yawa Djigbodi TSEGAN, Présidente de l’Assemblée nationale, les députés ont adopté à l’unanimité le  jeudi 4 juin 2020 le projet de loi portant sur l’utilisation sûre, sécurisée et pacifique du nucléaire. Pour la présidente de l’institution : « Ce cadre juridique bien structuré en matière de législation sur l’utilisation sécurisée et sûre du nucléaire dans un but pacifique offre à notre pays des intérêts multiples et diversifiés. La Représentation nationale est convaincue que les technologies nucléaires ont une contribution majeure à apporter à la satisfaction de certains besoins essentiels à savoir le développement durable, la nutrition l’agriculture ou le traitement de maladies nécessitant l’usage du nucléaire ».

En effet, dans le domaine de la santé en général, les techniques nucléaires contribuent, depuis des années, au bien-être humain en sauvant des dizaines de millions de vies dans le monde. Aujourd’hui, elles jouent un rôle croissant dans le diagnostic et le traitement des principales maladies non transmissibles, notamment le cancer et les cardiopathies. Le cancer et les maladies cardiovasculaires, premières causes de mortalité dans le monde, sont à l’origine de 26,5 millions de décès sur les 56,4 millions comptabilisés en 2015. Or, les techniques nucléaires apportent des améliorations considérables dans ce domaine. L’imagerie médicale et la radiothérapie constituent en effet des outils précieux pour le diagnostic, la prise en charge et le traitement du cancer. Ces dernières décennies, les technologies des rayonnements sont également devenues indispensables à la lutte contre les maladies cardiovasculaires, tandis que diverses techniques isotopiques sont utilisées pour améliorer la nutrition.

« Depuis le début du XXe siècle, les rayonnements jouent un rôle croissant et de plus en plus essentiel dans le traitement du cancer. La thérapie par rayonnement, ou radiothérapie, consiste à tuer les cellules cancéreuses en irradiant les tumeurs avec des doses très précises, soit au moyen de faisceaux externes (rayons X, rayons gamma ou électrons, par exemple), soit au moyen de sources radioactives introduites à l’intérieur du corps du patient ou placées au-dessus de ce dernier. Aujourd’hui, l’appareil le plus communément utilisé dans le traitement du cancer par rayonnement est l’accélérateur linéaire, ou linac. Plus de 12 000 linacs sont actuellement en exploitation dans les hôpitaux du monde entier, et ce nombre devrait encore augmenter », déclare Debbie Gilley, spécialiste de la radioprotection à l’AIEA.

De plus l’engagement du Président de la République dans le domaine de la santé publique est la transformation structurelle de notre système de santé. A ce titre, la science nucléaire va apporter une contribution significative à la réalisation de cet objectif. Dans ce sens, l’AIEA est déterminée à aider ses États Membres, ayant adapté leur législation sur l’utilisation pacifique du nucléaire, avec la science et la technologie nucléaires afin de réduire d’un tiers le nombre de décès dus à des maladies non transmissibles d’ici à 2030. Ce qui est une cible-clé des ODD pour le Togo.

Plus spécifiquement dans le contexte de crise sanitaire de Covid-19, cette adoption vise à renforcer la coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Cette agence onusienne fournit des trousses de diagnostic et du matériel dans la lutte contre le Covid-19. Elle dispense aussi une formation sur les techniques de détection dérivées du nucléaire aux pays demandant une assistance pour faire face à la propagation mondiale du coronavirus responsable de la COVID-19. Aujourd’hui plus de 40 pays bénéficient de ces trousses pour leur permettre d’utiliser une technique d’origine nucléaire afin de détecter rapidement le coronavirus.

« Dans la lutte contre la COVID-19, l’AIEA a assisté plusieurs centaines de laboratoires à travers le monde dans l’application d’une technique de test dérivée du nucléaire, la « réaction en chaîne par polymérase après transcription inverse en temps réel » (RT-PCR en temps réel). À l’heure actuelle, il s’agit de la méthode la plus rapide et la plus précise pour détecter le virus responsable de la COVID-19. Une vingtaine d’appareils de RT-PCR sont parvenus aux utilisateurs finaux à ce jour. La Bosnie-Herzégovine, le Burkina Faso, l’Iran, la Lettonie, le Liban, la Malaisie, le Nigeria, le Pérou, le Sénégal, la Thaïlande et le Togo comptent parmi les premiers pays à avoir reçu ces équipements, qui peuvent être utilisés immédiatement. Les colis contiennent des équipements de protection individuelle (EPI), des appareils de PCR, des réactifs et des consommables de laboratoire », a expliqué le Directeur général AIEA Rafael Mariano Grossi.

Les avantages comparatifs des technologies nucléaires répondent efficacement aux priorités des Togolais notamment à travers la réalisation du Plan National de Développement (PND). En effet, sur le seul point de l’agriculture, les applications nucléaires dans ce domaine reposent sur l’utilisation des isotopes et des techniques de rayonnement pour lutter contre les insectes nuisibles et les maladies, accroître la production agricole, protéger les ressources en terres et en eau, assurer la salubrité et l’authenticité des aliments, et augmenter la production animale. Elles interviennent également en matière de recherches sur l’amélioration de la production laitière des vaches ainsi que l’amélioration des semences en vue de les rendre résistantes à certains agents pathogènes.

 En effet, la FAO et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) vont offrir au Togo, à l’issue de l’adoption de cette loi, des connaissances pour améliorer et renforcer les capacités dans l’utilisation de la technologie nucléaire pour la productivité et la santé animale, l’amélioration de l’équilibre des sols et de l’eau, la prévention des famines saisonnières, la lutte raisonnée des insectes nuisibles, la sécurité sanitaire des aliments en s’attaquant au problème des résidus nocifs et des contaminants dans les produits alimentaires et à renforcer leurs systèmes de traçabilité par le biais de l’analyse des isotopes stables.

Les perspectives du Togo en matière de l’utilisation sûre, sécurisée et pacifique du nucléaire sont grandes et touchent d’autres domaines de développement. Il s’agit entre autres de l’industrie à travers le contrôle de la qualité des équipements et machines utilisés ; de l’énergie par la maîtrise des outils de planification énergétique ; de l’eau avec l’évaluation de la qualité et de la quantité des réserves par des techniques isotopiques (techniques utilisant la propriété de l’atome) ; la sécurité par le contrôle des frontières dans les ports et aéroports. Autres domaines importants l’environnement avec la lutte contre l’érosion côtière, la pollution (air, eau, sols) ; les infrastructures grâce aux essais non destructifs et au contrôle de la qualité des ouvrages (ponts, routes…).

Appui de l'AIEA aux pays africians

En matière d’applications des radio-isotopes dans le développement agricole, au Benin par exemple, avec l’appui de l’AIEA et de la FAO, des chercheurs de l’Université d'Abomey-Calavi (Bénin), l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (INRAB) et plusieurs ONG locales et internationales ont aidé les agriculteurs du pays à améliorer les rendements de soja en augmentant la teneur en azote des sols grâce au processus naturel de fixation de l’azote de l’air, rendant ainsi la production de soja respectueuse de l'environnement.

Afin de faciliter le processus de fixation de l’azote, les chercheurs de l’Université d'Abomey-Calavi ont produit de l'inoculum, engrais biologique contenant des micro-organismes qui améliorent la productivité des sols et stimulent la croissance des cultures. Au cours de la même période, la surface cultivée est passée de 64 000 ha en 2009 à 200 000 ha en 2019, et le rendement, de 890 kg/ha à 1100 kg/ha. D’ici à 2030, on estime que la production annuelle de soja atteindra 341 000 tonnes, soit six fois plus qu’en 2009. Le Bénin, qui n’était pas exportateur de soja lorsque le pays a commencé à recevoir l’appui de l’AIEA et de la FAO en 2009, en exporte désormais 40 000 tonnes chaque année pour une valeur de 19 millions de dollars É.-U.

Avec l’appui cordonné de l’AIEA, les pays comme le Ghana, la RDC, Madagascar continuent de faire des recherches visant à améliorer l'utilisation des engrais dans le cadre du programme de la culture du riz et du maïs.

L'emploi d'appareils portatifs (humidimètres à neutrons) pour mesurer la teneur en eau des sols est d'une valeur inestimable dans les études sur l'utilisation la plus économique de l'eau dans l'agriculture. Ces méthodes sont appliquées depuis quelque temps en Algérie, au Ghana, en Côte d'Ivoire, au Kenya, à Madagascar, au Maroc, au Sénégal.

Dans le domaine, halieutique, on connaît l'importance des pertes de poisson de mer et d'eau douce Causées par les insectes en Afrique. A l'heure actuelle, d'importants travaux de recherche sont entrepris à l'aide des méthodes classiques au Mali, au Niger et dans d'autres pays, et on étudie activement la possibilité d'utiliser les rayonnements pour prévenir ces pertes.

Grâce aux techniques nucléaires, les paysans peuvent améliorer la qualité des sols, ce qui permet des récoltes plus saines et plus abondantes. Au kenya, les sondes à neutrons mesures les taux d’humidité du sol.

Dans 28 pays d'Afrique, il n'y a pas de machine pour le cancer. Les patients ne peuvent pas faire l'objet d'un diagnostic et ils ne peuvent pas être traités.

Par exemple le gouvernement ougandais qui nourrit l’ambition de devenir le centre d'excellence en Afrique de l'Est en matière d'oncologie, a dû être financé par son partenaire de l’AIEA de 50% du coût de sa nouvelle machine d'un coût de 815.000 dollars (664.000 euro). Environs 30.000 patients par an, viennent de toute l'Afrique de l'Est, à l'Institut du cancer dans l'hôpital de Mulago avec un cancer à l'état avancé. La nouvelle machine peut traiter jusqu'à 120 cas par jour.

Sans doute n'existe-t-il pas actuellement en Afrique de moyens de formation dans les domaines les plus spécialisés de l'utilisation de l'énergie atomique, mais le programme de bourses de l'Agence permet à des Africains d'étudier hors d'Afrique afin de remédier à cette lacune. Des Africains ont reçu une formation au titre de ce programme.

Lu 107 fois Dernière modification le mercredi, 10 juin 2020 16:51

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