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lundi, 18 mai 2020 21:00

CADERDT: Analyse des impacts socioéconomiques potentiels du covid-19 et des mesures de riposte au Togo

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Odilia Gnassingbe, la Directrice du CADERDT Odilia Gnassingbe, la Directrice du CADERDT

Le CADERDT note que « L’incidence de la pauvreté au Togo risquerait de connaitre un pic de croissance. Mais chaque minute de crise est une opportunité que l’économie togolaise doit saisir ».

 

Le Togo est de plein fouet dans la riposte du coronavirus (Covid-19) depuis son premier cas le  6 mars 2020. Comme plusieurs pays contaminés, des mesures ont été prises en vue de freiner la propagation du virus à savoir les mesures de prévention, les mesures d’urgence sanitaire et les mesures d’atténuation. Mais, nul doute, les impacts de ces mesures se font sentir sur la vie socio-économique des pays. Quel est le cas du Togo dont au 13 mai 2020, le pays comptait, 219 cas confirmés de coronavirus dont 96 guéris, 11 décès et 112 pris en charge ?

Le Centre Autonome d’Etude et de Renforcement des capacités pour le Développement au Togo (CADERDT) a procédé à une recherche portant sur les implications Socio-économiques potentiels du Covid 19 au Togo dans la note de politique intitulée : « Note d’analyse des impacts socioéconomiques potentiels du COVID 19 et des mesures de riposte ». Comme ‘’difficultés liées au secteur de la sante au Togo’’ « En Afrique et au Togo en particulier, la crise du COVID-19 a mis en exergue un ensemble de faiblesses structurelles associées au secteur de la santé, qui entament son fonctionnement optimal », lit-on dans la note notamment, la pénurie et faible qualité des ressources humaines dans le secteur de la santé; faible niveau d’utilisation des services de santé; mobilisation insuffisante et utilisation moins optimale des ressources allouées; faiblesse du pilotage stratégique du système de santé et du leadership du Ministère de la Santé; faible développement de la recherche en santé. Lueur d’espoir, précise la note « Ces difficultés font déjà l’objet d’une prise en compte dans le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS 2017-2022), notamment en son axe stratégique n°5 consacré au renforcement du système de santé vers la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) et la santé communautaire reposant sur huit (08) points, allant du renforcement de la gouvernance et du pilotage du système de santé, à l’amélioration du financement de la santé, le renforcement des ressources humaines en santé, iv) le développement… et autres, le renforcement du Système d’Information Sanitaire (SNIS) et développement de la recherche en santé.

La recherche s’est aussi appesantie  sur les ‘’conséquences possibles de la crise et des mesures de riposte sur l’économie togolaise’’. La note indique à ce niveau que la crise du COVID-19 engendre sur les économies deux types de chocs; liés au ralentissement de l’activité économique mondiale du fait des mesures de prévention et d’urgence sanitaire mises en œuvre dans les pays étrangers et d’autre part les chocs liés à la mise en œuvre de ce même type de mesures au niveau national. Au niveau de l’activité économique nationale « Le ralentissement de l’activité économique au niveau mondial ayant entrainé une baisse de l’offre et de la demande mondiale, les flux de marchandises au Port autonome de Lomé et le flux de passagers à l’aéroport international Gnassingbé Eyadema connaitraient un fort ralentissement. Cela aurait ainsi un impact négatif sur les performances du secteur tertiaire marchand, moteur de la croissance économique togolaise. Alors que selon les prévisions en début d’année, le taux de croissance économique du Togo se situerait à 5,3% pour 2020. Il est à craindre des performances en dessous des 3% selon les nouvelles estimations des experts », relève la recherche du CADERDT.

Ainsi donc, la note précise qu'au Togo, « la demande de matières premières subira une diminution globale de l’offre est à prévoir » au moment où la baisse est remarquée au niveau mondial. Aussi, les mesures de riposte devraient induire une baisse de l’activité des entreprises dans les secteurs formels et informels, une chute du pouvoir d’achat des ménages et une diminution de la consommation finale, de l’épargne intérieure et de l’investissement privé domestique en dépit des mesures d’atténuation mises en place pour soutenir l’activité économique et accompagner les populations les plus vulnérables. « Cet ensemble d’éléments laisse ainsi augurer un ralentissement significatif de la croissance économique à court et moyen terme au Togo », souligne l’analyse.

En matière de ‘’la stabilité des équilibres macroéconomiques’’, il est attendu à court terme, à en croire le CADERDT, une dégradation du solde commerciale liée à l’accroissement de la demande de ces produits et au besoin en importation des produits de première nécessité. La dégradation du solde commerciale serait amplifiée par la réduction des exportations de services (notamment le tourisme) du fait de la fermeture des frontières terrestres du pays à la circulation des personnes. La baisse des recettes fiscales et douanières au Togo, associée à l’augmentation des dépenses budgétaires en vue de financer les mesures de riposte (les dispositifs de réduction du coût de la consommation d’eau et d’électricité au profit des ménages les plus vulnérables et le lancement du Programme de transfert monétaire « NOVISSI ») entraineraient une dégradation du solde budgétaire.

L’accentuation de la contrainte budgétaire et de la dette publique du fait du financement de la riposte affecterait également la mise en œuvre des politiques économiques structurelles et donc une contrainte additionnelle sur la capacité future à mettre en œuvre les projets contenus dans le Plan National de Développement (PND) 2018-2022. « Néanmoins, les promesses des bailleurs de fonds en matière d’allègement de la dette publique pour plusieurs pays de la zone laissent entrevoir des perspectives moins pessimistes », rassurent les experts de cette note de politique.

Malheureusement, explique la note l’incidence de la pauvreté au Togo qui a connu une fragile amélioration en passant de 58,7% en 2011 à 53,5% en 2017 risquerait de connaitre un pic de croissance car le capital humain national se verrait dégrader; les inégalités au sein de la population risquent de s’accentuer de même que l’écart déjà croissant entre la capitale et les villes de l’intérieur.

S’agissant des impacts sur les entreprises (PME/PMI), le principal impact de la crise sanitaire actuelle sur les entreprises (PME/-PMI) est la réduction drastique de leur chiffre d’affaires du fait de la contraction de la demande. « Les coûts de production plus élevés du fait de la mise en place de mesures corporatives de réduction de la propagation du virus et une hausse des coûts de transaction liée au réaménagement des heures de travail suite à l’instauration d’un couvre-feu. Egalement, la fermeture des frontières aussi bien nationales qu’étrangères bouleverse la chaine d’approvisionnement pour les entreprises tributaires des échanges commerciaux internationaux. Au total 35% des entreprises interrogées avancent rencontrer des difficultés pour honorer leurs engagements », arguent les experts de l’analyse. Par ailleurs, rassure la note « cette situation de crise peut s’avérer favorable pour les entreprises qui misent sur une chaine de production totalement locale. Bien qu’affectées par le ralentissement général de l’économie, ces entreprises pourraient trouver leur compte en gagnant des parts de marché par rapport aux entreprises qui importent des produits de l’étranger ».

Les experts de l’analyse pensent que, chaque minute de crise est une opportunité et pour permettre à l’économie togolaise de saisir cette opportunité, le CADERDT propose à l’Etat à court et moyen termes: d’orienter une partie des ressources mobilisées vers l’organisation et le financement des chaines des valeurs locales, d’orienter la commande publique principalement vers la consommation locale et renforcer les exigences en matière de consommation locale pour le secteur privé et les ménages, de renforcer les capacités des producteurs locaux en matière de packaging, etc. De même, l’Etat devrait investir fortement dans le renforcement de capacités des structures publiques en charge de la normalisation et de la qualité afin d’accroitre l’attractivité des produits locaux auprès des consommateurs nationaux et internationaux.

Comme recommandations à la suite de cette analyse des impacts de Covid-19, le CADERDT, sur le plan sanitaire, propose à l’Etat, un renforcement des actions de sensibilisation porte à porte au plus près des populations, de rendre obligatoire le port du masque lors des déplacements, penser à une refonte radicale des systèmes de santé. Sur le plan de la gouvernance en cette période de crise de veiller à accroitre la surveillance et la fermeté vis-à-vis des actes de corruption. Sur le plan économique, à court et long termes, de soutenir fortement la production locale et rendre le développement économique plus endogène et moins dépendant de l’aide étrangère, à accroitre l’épargne intérieure à travers une mobilisation plus importante de l’épargne disponible dans le système financier informel (tontines, finance informelle, etc.), encourager la diversification de la production ainsi que la promotion des industries de transformation. Sur le plan social, les transferts monétaires aux couches les plus vulnérables de la population se devraient d’être les plus inclusives possibles. Elles devraient être maintenues sur le long terme et s’intégrer à une politique large et audacieuse d’assistance/protection sociale.

 

Lu 345 fois Dernière modification le mercredi, 20 mai 2020 19:02

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