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jeudi, 16 avril 2020 16:12

Environnement :Le système d’aires protégées du Togo pour améliorer la contribution à la conservation de la biodiversité

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Dans son rapport Ecosystems and Human Well-being : Health Synthesis, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu’environ 60% des éléments de l'écosystème mondial qui soutiennent la vie terrestre (eau douce, air pur et climat relativement stable) subissent des dégradations ou font l'objet d'utilisations non durables.

 

Les scientifiques disent que les effets nocifs de cette dégradation sur la santé humaine sont déjà perceptibles et que la situation pourrait s'aggraver considérablement au cours de ces 50 prochaines années.

La dégradation des écosystèmes terrestres et marins compromet le bien-être de 3,2 milliards d'individus et coûte environ 10% du produit brut mondial annuel en perte d'espèces et de services écosystémiques. Les écosystèmes clés qui fournissent de nombreux services essentiels à l'alimentation et à l'agriculture, y compris l'approvisionnement en eau douce, la protection contre les dangers et la création d'habitats à des espèces telles que les poissons et les pollinisateurs, déclinent rapidement.

En Afrique, la biodiversité de l’écosystème régional est sérieusement menacée, l’écotourisme par la même occasion. Au Togo, les dirigeants tentent de sauver le reste des meubles. Pour y parvenir, ils ont mis en branle des projets pour aider les communautés à lancer des activités de gestion des ressources naturelles et de nouvelles activités génératrices de revenus durables, à préserver les liens de l’écosystème régional avec les pays voisins pour permettre la migration de la faune et le repeuplement des aires protégées par les animaux sauvages. Le Projet de renforcement du rôle de conservation du système national d'aires protégées du Togo (PRAPT) fait foi. Quels sont ses résultats après 08 années d’exécution ?

Le PRAPT a été lancé en février 2012, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) à hauteur de 1.220.000 dollars, l’Uemoa (250 millions de francs CFA), le Pnud (500.000 de dollars) et le Togo (300 millions de francs CFA dont 150 millions en nature). Prioritairement, il est question de renforcer la gestion du système d’aires protégées du Togo afin d’améliorer sa contribution à la conservation de la biodiversité en appliquant des approches efficaces de réhabilitation et de gestion des aires protégées.

Depuis sa mise en œuvre, il a permis de financer 10 projets d’Activités génératrices de revenus dont 05 groupements féminins de beurre de karité et 05 groupements masculins d’apiculture.

Rappelons que le Togo a bénéficié également du projet de réhabilitation des aires protégées (AP), financé par le PNUD, la FAO, l’UEMOA et le gouvernement, qui a été suspendu provisoirement après des violences dans la ville de Mango (592km de Lomé).

Le projet est réalisé dans plusieurs localités de la région septentrionale et couvre une superficie de plus 179.000 hectares. Mais les habitants des 38 villages concernés estiment que la protection de la faune les privera de leurs activités agricoles et qu’ils risquent l’expulsion.

Dans la réserve de faune Oti-Mandouri et le Parc national de la Kéran adjacent, les limites des AP ne sont pas respectées et les communautés locales les ont envahies pour cultiver, faire paître du bétail et installer des villages, détruisant les habitats avec une exploitation non durable. 

Les conflits entre la faune, les paysans et les éleveurs s’aggravent, exacerbés par la pression supplémentaire qu’exercent les populations transhumantes et leur bétail, ainsi que les changements climatiques. 

La faune autrefois abondante de ces deux AP, dont le regroupement forme le complexe Oti-Kéran-Mandouri (OKM) a en grande partie disparu.

Cette situation menace la biodiversité de l’écosystème régional, car ces sites font partie de corridors traditionnels de migration des éléphants et autres grands mammifères. 

Il s’est avéré important de renverser les tendances en rétablissant une aire protégée tout en aidant les communautés riveraines à lancer des activités de gestion des ressources naturelles et de nouvelles activités génératrices de revenus durables. 

Lu 153 fois Dernière modification le jeudi, 16 avril 2020 16:45
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