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mercredi, 17 juillet 2019 19:34

Forum-Togo-UE: Sandra Ablamba Johnson « Il nous faut nous assurer un suivi pointu et rapproché afin de concrétiser les partenariats initiés. »

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852 milliards FCFA de promesses d’investissements pour les 141 projets retenus en prélude au 1er forum d’affaires Togo-Ue. Si la moisson a été au rendez-vous, et d’ailleurs largement au-delà des attentes, il reste à rendre ces promesses effectives. Bilan, perspective, mécanisme de suivi, et les nouvelles visions pour faire rayonner la  « petite Suisse d’Afrique » aux côtés des grandes nations émergentes, avec en toile de fond le PND. La ministre Sandra Johnson, secrétaire d’Etat en charge du climat des affaires, elle qui a coordonné l’organisation du Fetue (Forum économique Togo-Ue), lève un coin du voile sur l’avenir des projets ayant attiré les investisseurs. Exclusivité.

 

 Le premier forum Togo - UE a connu récemment son épilogue. Quel bilan dressez-vous de cette grande première ?

Sandra Ablamba Johnson (SAJ) : Le Forum Togo – UE était une des plus importantes rencontres d’affaires organisées au Togo. C’était un succès sur tous les fronts. Les objectifs fixés au départ ont été tous atteints. Le nombre de participants était supérieur à 1000 contre 400 initialement prévus. Plus de 410 participants étrangers venus de 54 pays, 450 entrepreneurs togolais, 46 membres de la diaspora togolaise, ainsi que 200 dignitaires et hauts fonctionnaires. Nous avions reçu 141 projets pour les rencontres b2b contre 100 initialement prévus. Au total, lors du forum, 427 rencontres B2B ont eu lieu. On était bien au-dessus des attentes. Avec plus que 60 journalistes, dont une vingtaine media internationaux qui ont couvert l’évènement, le Forum a renforcé l’image du Togo comme une destination d’investissement et d’affaires de premier plan.

Il a créé une nouvelle dynamique en termes d’encouragement de l’entreprenariat local, plus particulièrement celui des femmes et jeunes entrepreneurs venus de toutes les régions du pays. D’ailleurs, pour l’appel à projets que nous avions lancé en prélude au forum, plus de 400 projets du secteur privé local avait été réceptionnés.

Les entrepreneurs togolais ont noué des contacts fructueux avec des partenaires étrangers et plusieurs projets sont au stade de négociations avancées.

Deux protocoles d’accord ont été signés à savoir : la lettre d’adhésion du Togo au Centre de Développement de l’OCDE et un accord entre la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo et la Conférence Permanente des chambres consulaires d’Afrique et de la francophonie (CPCCAF).

De plus, le Forum a permis de fédérer le secteur privé togolais avec les trois (3) principales structures, notamment la CCIT (Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo, ndlr), le CNP (Conseil National du Patronat du Togo, ndlr) et l’AGET (Association des Grandes Entreprises du Togo, ndlr), qui ont unifié leurs efforts pour promouvoir les atouts du Togo.

On a également assisté, lors du Forum, au lancement officiel de la Chambre de Commerce européenne au Togo.

852 milliards FCFA de promesses pour 141 projets. Un succès selon le Premier ministre. Mais l’autre paire de manche sera la mobilisation effective de ces ressources. Quand on réussit l’organisation d’un tel évènement avec les objectifs au rendez-vous, comment en arrive-t-on à l’effectivité des promesses ?

SAJ : Le Forum était la plateforme idéale de networking (réseautage d’affaires) pour les porteurs des projets qui pouvaient y rencontrer des partenaires et nouer des relations gagnant-gagnants. Maintenant que nos entrepreneurs ont présenté leurs projets aux partenaires potentiels, il nous faut nous assurer un suivi pointu et rapproché afin de concrétiser les partenariats initiés.

Il semblerait que certains  promoteurs de projets soient inquiets et, comme nous voulons prendre le temps pour bien faire les choses, il faut les rassurer : avec la rigueur instaurée par les autorités au plus haut niveau, nous sommes bien obligés de ne pas faire les choses à la hâte, s’agissant du suivi du Forum. Un cadre institutionnel relatif au mécanisme de suivi ainsi qu’une stratégie viennent d’être validés et sont en cours de mise en œuvre.

Des courriers ont été envoyés à tous les participants pour recueillir leurs commentaires et également aux promoteurs de projets pour les aider à poursuivre les discussions avec leurs partenaires. Nous avons surtout impliqué les ambassades pour ceux dont les partenaires sont à l’extérieur. Les promoteurs concernés ont tous été contactés à cet effet. Soyez-en rassurés. Certains s’en sortent déjà très bien. Nous avons des retours.

 La plateforme B2B mise en place avec l’appui de l’UE, est opérationnelle pour deux ans, en vue de permettre aux promoteurs de poursuivre les échanges avec leurs partenaires. Les promoteurs ont été alertés par courriers qu’ils seront contactés sous peu pour ce qui est du mécanisme de suivi.

D’ici les prochains jours, une réunion sera organisée pour leur expliquer le dispositif mis en place en collaboration avec le secteur privé et ce qu’ils doivent faire.

Parallèlement et au-delà des partenaires étrangers, des institutions financières internationales telles que la BAD et la Banque mondiale ont pu identifier des projets sur la liste des 141 retenus. Ces institutions accompagnent déjà certains promoteurs afin de les aider à affiner leurs projets. Nous espérons qu’ils pourront bien se vendre et finaliser les discussions pour bénéficier des financements.

Par ailleurs, la Chambre de commerce (CCIT, ndlr) pour sa part, vient de mettre en place un mécanisme de garantie pour les PME, surtout celles dont le montant des projets n’est pas très élevé. Ceux-là pourront profiter de cette garantie pour aller vers les banques locales se faire financer.

Je voudrais, par cette occasion, de saisir la balle au bond pour expliquer aux promoteurs que l’Etat ne jouera, comme déjà dit dès le début du forum, que le rôle d’accompagnateur et de facilitateur. Ils se doivent eux-mêmes d’être capables de saisir les opportunités pour vendre leurs projets et non attendre que la manne tombe du ciel. C’est malheureusement ce que nous observons aujourd’hui pour certains. Toutefois, nous confirmons que le mécanisme de suivi déployé restera à l’écoute et les accompagnera.

 Au sortir de ce forum, outre les promesses de financement des 141 projets retenus, quelles sont les retombées pour les projets phares du PND ?

SAJ : Outre les projets bancables du secteur privé, tous les projets phares du PND ont été très bien accueillis par la communauté des investisseurs pendant le Forum. Nous avons reçu des propositions fermes dans les domaines d’infrastructures, de l’énergie renouvelable, de l’eau, de l’agriculture et de l’agro-industrie, de la construction de parcs industriels, du développement de centre commercial entre autres. Ces projets sont à différentes phases de concrétisation. De plus, les principaux ministres étaient présents au Forum en vue de promouvoir ces projets. Il faut ajouter que deux pré-événements dédiés au PND (agriculture et l’énergie) étaient aussi organisés pour mieux présenter les projets du PND.

Une consultation avec la partie européenne est prévue « très bientôt », apprend-on. Quel sera le contenu de cette consultation ?

SAJ : L’Union Européenne reste le premier partenaire économique du Togo, pour le commerce international ainsi qu’en termes de sources d’investissement, d’arrivée de touristes, de flux financier, d’assistance au développement et de coopération. Nous avons une structure de dialogue bien établie et nous nous entendons très bien sur les différents dossiers prioritaires. Naturellement, le PND va être un de sujet clef dans nos discussions et négociations. Le PND est un catalyseur du développement durable et pérenne du Togo.

L’UE a mis en place un fonds d’investissement extérieur qui vise à allouer 4,1 milliards d’euros à l’Afrique et le voisinage de l’Europe. Quelles sont les stratégies mises en place par Lomé pour s’offrir sa part du gâteau ?

SAJ : Dans le cadre du projet « Alliance Afrique-Europe pour des emplois et des investissements durables » du Président de la Commission européenne Monsieur Jean-Claude Juncker, l’Union Européenne espère mobiliser environ 44 milliards d’euros d’investissements, notamment en offrant des garanties et des fonds privés. Et comme l’a affirmé le Vice-Président, Jyrki Tapani Katainen, l’UE « veut et peut » aider le Togo. On va prochainement signer un accord entre l’UE et la BAD pour le projet CIZO d’un montant de 10 millions d’euros. Nous travaillons sur différents projets financés par l’UE, notamment : la stratégie pour le développement du secteur privé, les projets d’appuis aux petites et moyennes entreprises, le programme de renforcement de capacité des entreprises, le développement d’une stratégie de l’exportation vers l’UE, entre autres.

Après la Chine et l’UE, le Brésil. D’un pays à un autre, la stratégie du gouvernement a changé. A quoi doit-on s’attendre cette fois-ci ?

SAJ : La diplomatie économique du Togo est bien en marche avec plus d’ouvertures sur le monde, au-delà des frontières de nos partenaires dits historiques et traditionnels. Le Togo se positionne comme la Capitale financière par excellence de l’Afrique de l’Ouest, un Hub de premier plan pour les investissements et les affaires ainsi qu’un port d’éclatement et un centre de tourisme. Pour assurer cette politique d’ouverture, le Togo consolide ses relations politique et économique avec tous les pays émergents. Le Président de la République a redoublé ses efforts pour mieux positionner le Togo sur le radar des investisseurs potentiels des pays exportateurs de capitaux. Nous avons un regard particulier sur l’Inde, la Russie, le Canada, les Emirats Arabes Unis et la Scandinavie, et d’autres pays. Aussi, allons-nous travailler d’arrache-pied pour l’internationalisation du Togo.

Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo

Togo First

 

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