vendredi, 23 février 2018 20:56

Forum CEDEAO – Turquie : Kalilou Traoré : « Exim bank Turque et la BIDC vont développer la riziculture dans l’espace CEDEAO »

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La CEDEAO est une bonne destination pour les investissements La CEDEAO est une bonne destination pour les investissements

Horizon news (Istanbul; 23/02/2018): Du 22 au 23 février a eu lieu en Turquie, le 1er forum économique de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Turquie.

L’objectif vise à relever le défi des échanges commerciaux entre les deux entités estimés à 12%. La Turquie est prête à investir 3 milliards dollar US dans l’espace CEDEAO dans les cinq (05) années prochaines. Il s’agit pour les autorités turques de créer les opportunités financières, le pouvoir d’achat, les économies complémentaires, de favoriser le transfert de compétence technologique et d’avoir un facteur exponentiel d’investissement en Afrique de l’Ouest. La CEDEAO à son tour offre ses 360 millions d’habitants avec une croissance économique de 5% du PIB et prévoit en 2020, 400 millions de consommateurs pour une véritable plateforme des affaires. Un accord de coopération commerciale a été signé durant ce forum pour plus d’ouverture du libre-échange entre la CEDEAO et la Turquie. « Nous allons développer les exportations sur le marché turc puisque l’accord signé se veut « Gagnant-gagnant », a indiqué Kalilou Traoré, Commissaire de la CEDEAO pour l'industrie et le secteur privé à la fin du forum dans un entretien qui suit.

Horizon news : Quel bilan faites-vous à la fin du forum économique CEDEAO- Turquie ?

Kalilou Traoré : Il faut dire que ce forum a été organisé par la CEDEAO et le gouvernement de la Turquie sur la base que les échanges commerciaux entre les deux parties sont encore faibles et le potentiel est très élevé en termes de commerce d’investissement et de coopération, d’échanges d’expériences. Le forum avait pour but de regrouper les décideurs, les hauts fonctionnaires, les chambres du commerce et d’industrie et les opérateurs économiques des deux parties pour des échanges par rapport aux opportunités qui existent. Entre les opérateurs, beaucoup de discussions et de promesses ont été faites pour le développement d’affaires. Au niveau politique, il y a eu une réunion entre le ministre de l’Economie de la Turquie et les ministres des finances et du commerce des pays de la CEDEAO. Il a été convenu qu’on mettre en place un comité de travail qui étudiera les principales questions qui ont été posées au cours de cette réunion. Parmi ces préoccupations, il y a la coopération financière, la protection des investissements, le commerce, les accords de libre-échange. Un accord de coopération du commerce vise à terme à avoir la facilité de favoriser les échanges mais des étapes existent absolument. La première étape, il s’agit de cette réunion ministérielle dont l’étude analysera les impacts et soulèvera les diverses préoccupations liées à la coopération au bénéfice de chacun des parties. Les résultats seront présentés aux chefs d’Etats de la CEDEAO.

On sait que la CEDEAO est liée à l’UE par un Accord de Partenariat Economique dont bénéficie la Turquie. Pourquoi signer encore un accord avec la Turquie ?

Kalilou Traoré : Le développement est un processus continu et nos pays n’ont pas le choix de devoir s’ouvrir à des partenaires qui s’intéressent à eux. C’est pourquoi, c’est important de travailler pour l’étude du marché, la remise à niveau au fur et à mesure qu’on s’ouvre aux autres comme le cas avec l’UE à travers l’accord de partenariat économique. Tous les pays ont signé l’accord de partenariat sauf certains qui émettent encore des réserves. En pareil situation, on ne peut forcer personne, mais l’essentiel c’est d’aller de l’avant. L’ouverture s’impose car le monde même s’ouvre de plus en plus mais elle ne doit pas être sauvage mais plutôt mesurée pour qu’elle soit bénéfique aux uns et aux autres. Voilà le choix de la CEDEAO en s’ouvrant à la Turquie.

Quelles sont les priorités de la CEDEAO dans ce partenariat avec la Turquie ?

Kalilou Traoré : La CEDEAO est un regroupement de 15 pays qui ont jugé important de se mettre ensemble pour relever les défis du développement dans les politiques de l’agriculture, les transports, les énergies, l’emploi et les PMI/PME, l’éducation et autres. Nous avons un éventail des projets sur lesquels les partenaires devaient intervenir que ce soit la Chine, les Etats Unis, l’Inde, l’UE… Aujourd’hui, avec la Turquie, qui a fait d’énormes progrès ces dernières années dans l’urbanisation, l’industrialisation, les infrastructures et autres, nous avons décidé de mettre un accord de principe de financement entre Eximbank de la Turquie et la Banque d’Investissement de la CEDEAO (BIDC) qui vont aider à financer un certain nombre de projets dans des secteurs précis. Un accord a été conclu ce 23 février pour le développement de la riziculture.

Quelle est la force de cet accord de coopération entre la CEDEAO et la Turquie?

Kalilou Traoré : Dans l’accord signé avec la Turquie, il est fixé un cadre juridique fixant les objectifs, les domaines d’intervention et les priorités. C’est un cadre juridique qui est censé encadré cette coopération. Pour être concret, nous irons pas à pas dans cette coopération. La CEDEAO est une bonne destination pour les investissements. Nous allons développer les exportations sur le marché turc puisque l’accord signé se veut « Gagnant-gagnant ». La CEDEAO ne vient pas comme un mendiant mais c’est pour offrir des ressources capables de favoriser le climat des affaires entre les deux parties. Certainement avec le transfert de compétences technologiques, les pays membres vont augmenter et diversifier leur production dans beaucoup de secteurs.

Propos recueillis par GADAH Joseph

Lu 532 fois Dernière modification le vendredi, 23 février 2018 21:22

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