Imprimer cette page
mercredi, 10 janvier 2018 15:27

Politique : Gerry Taama appelle certains leaders politiques à respecter au moins les « morts »

Écrit par
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Peut-on, au nom de la politique, renoncer à notre humanité, à notre compassion? Un militaire togolais mort est-il moins important qu'un civil? Peut-on, au nom de la politique, renoncer à notre humanité, à notre compassion? Un militaire togolais mort est-il moins important qu'un civil?

Dans leurs différentes déclarations, au cours de la conférence de presse tenue le 08 janvier, les leaders des 14 partis politiques de l’opposition ont balayé de mains de revers l’assassinant des deux militaires dans la nuit du 16 au 17 octobre dernier dans la ville de Sokodé, tel que expliqué par le gouvernement togolais dans un communiqué.

«Nous, nous n’avons vu aucun militaire lynché, décapité et tué comme le dit à chaque fois le gouvernement. Nous n’avons jamais vu aucune preuve attestant de la réalité de ces informations », a déclaré Antoine Folly du parti UDS Togo.

Une accusation renforcée par les propos du député Jean KISSI : «Le gouvernement dit avoir ouvert une enquête alors qu’ils ont fait disparaitre le corps du délit. C’est la même chose qu’ils ont faite dans le cas des incendies des marchés de Lomé et de Kara où on a démoli les deux bâtiments alors même que le procès n’a toujours pas encore eu lieu», a-t-il soutenu de son côté.

Des propos lâches qui ont fait froid au dos. Après le ministre Gilbert Bawara, qui a qualifié ces déclarations d’une attitude  « abjecte et indigne » de la part des responsables politiques de leur niveau, très remonté contre ces âneries, l’ex officier, candidat aux élections présidentielles de 2015, président du parti le NET, Gerry Taama, a réagi moralement sur sa page facebook en donnant une leçon de vie sociale à ses amis de l’opposition.

Lire l’intégralité de son coup de gueule

Non, on ne peut pas tout dire en politique.

Quand des jeunes ont été fauchés par la mitrailles à Dapaong, nous avons condamné ces meurtres avec véhémence, et exigé des enquêtes qui n'ont jamais abouti. Quand un jeune est mort par balle au carefour GTA, à l'issue d'une manifestation spontanée pour protester contre la hausse des prix du carburant, nous avons condamné. Quand 16 de nos compatriotes ont perdu la vie lors des manifestations pacifiques depuis le 19 août 2017, nos condamnations ont été sévères.
Quand le 19 août, nous avons vu des militaires être molestés par des manifestants à Sokodé, nous avons appelé les organisateurs de cette manifestation pour leur demander de tout faire pour faire cesser cette situation. Un militaire dans l'exercice de ses fonctions est un serviteur de l'Etat.
Quand le Régiment para-commando a perdu deux de ses militaires à Sokodé, j'ai appelé le chef corps de ce régiment pour lui présenter mes condoléances. Beaucoup de personnes, officiers comme membres des familles des défunts ont pris part à la cérémonie funèbre organisée au camps RPC. Je connais personnellement une des personnes tombée au champ d'honneur, armée d'un fusil d'assaut avec une centaine de cartouches. Ils auraient pu faire usage de leur armes. Ils ne l'ont pas fait. Eux aussi sont des martyres.
Plusieurs journalistes ayant pris part à une conférence de presse hier ont rapporté des propos inacceptables de certains leaders politiques, qui remettent en cause ces morts, sous le prétexte de n'avoir pas vu de photos. Sommes-nous réellement tombés dans ce voyeurisme bestial, où seul les cadavres parlent le langage de leur mort? A-t-on vu les cadavres des 16 martyres que nous pleurons tous? Peut-on, au nom de la politique, renoncer à notre humanité, à notre compassion? Un militaire togolais mort est-il moins important qu'un civil?
Ces deux soldats ont été inhumés le même jour que le capitaine Tagaou, mort criblé de balles au Mali, alors qu'il tentait de ramener la paix là bas, si loin. A-t-on demandé à voir le corps là bas aussi? Pourquoi ne pas rendre hommage à nos héros? parce que lui en était un.
Jusqu'à quand comprendrons-nous que l'armée, tant qu'elle reste assujettie au pouvoir civil, reste notre meilleur alliée. Demain, quand nous prendront le pouvoir, nous aurons sous notre commandement, un corps de métier rodé, habitué à servir et à recevoir des ordres. Et comment expliquer à certains que s'en prendre si régulièrement à l'armée est contre-productif?. Quel régiment assurera la sécurité du prochain président s'il est de l'opposition, avec autant de défiance dans nos propos?
La politique ne permet pas de faire une chose et son contraire, de s'autoriser n'importe quel propos. La même compassion que nous éprouvons pour les civils tombés au champ d'honneur, nous devons exprimer ces mêmes sentiments à l'endroit des familles de militaires tombés. Avec peut être même plus de rédemption pour ces derniers. si ça se trouve, ces soldas morts votaient pour l'opposition. Qui sait? ils étaient juste en mission. Ils n'avaient pas demandé à être là bas.
Il n'y a que des nigauds pour penser que toutes les forces armées togolaises votent pour le parti au pouvoir.


Gerry

Lu 471 fois Dernière modification le mercredi, 10 janvier 2018 15:57
Super User

Dernier de Super User