lundi, 27 mars 2017 21:19

Processus de réparations : L’ANC y réserve le même sort comme à la CVJR Spécial

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L’Alliance nationale pour le changement (ANC) ne fait pas confiance au processus des réparations piloté par le Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN).

Et ce n’est pas surprenant ! « les mêmes causes produisant les mêmes effets », l’inquiétude a été soulevée par le parti de Jean Pierre Fabre dans un mémorandum relatif à la demande d’appui adressée à l’ANC par la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) du 20 mai 2011, « L’ANC demeure profondément préoccupée par l’attitude de complaisance affichée par la CVJR à l’égard du pouvoir, attitude qui la discrédite aux yeux des populations et compromet irrémédiablement sa mission. Le seul appui que l’ANC peut apporter à la CVJR est de l’exhorter à reconsidérer très sérieusement sa vision quant à l’accomplissement de la mission qui lui est confiée en se montrant attentive aux violations récurrentes des droits et libertés qui constituent un obstacle absolu à la réconciliation nationale », peut-on lire, ce qui exprimait un désaveu intégral du parti des oranges à toutes les initiatives que les commissaires de la CVJR auront à poser dans le cadre des auditions.

Conséquence, beaucoup de sympathisants et militants du parti avaient boudé les dépositions auprès de la CVJR. Sur environ 22 000 victimes enregistrées par la CVRJ, personne ne saurait dire exactement combien d’hommes et femmes du parti ANC en font partie.

Comme le suggèrent les recommandations de la CVJR transmises au chef de l’Etat en mai 2012, en son article 34, le gouvernement a lancé le 25 mars dernier, en présence des différentes couches sociopolitiques et religieuses, la phase des réparations des victimes des évènements à caractère politique, de violations graves des droits de l’homme, commises durant la période allant de 1958 à 2005.

La phase première du programme pilotée par le HCRRUN doit prendre en compte au total2475 victimes à caractère politique sur les 7000 de l’année 2005.

« Je demande aux Chefs des Institutions de la République, aux Responsables des départements ministériels, aux Préfets, aux Présidents des délégations spéciales des préfectures et des communes, aux Forces de Sécurité et de Défense, aux Dirigeants des partis politiques, aux Responsables des services publics et privés, aux Chefs traditionnels, aux ONG, aux mouvements de Femmes et de Jeunes, aux Organisations de la Société Civile, aux Syndicats, aux Média et à toutes les forces vives de notre pays de jouer pleinement leur partition tout au long de ce processus », a exhorté Klassou Sélom lors du lancement.

Malheureusement son cri sera comme de l’eau jetée au dos du canard. Le parti ANC ne voit pas cette exhortation de bon œil et ne sera pas en mesure de suivre le mot d’ordre du Premier Ministre pour le succès du processus des réparations.

« Le programme de réparations n’apaisera pas les cœurs puisque les gens, consciemment, continuent par tuer. Dans le cas du Togo pour la réconciliation, il faut nécessairement aller à la justice classique où les présumés auteurs qui se trouvent tous dans le parti au pouvoir, reconnaissent leur tort. Ce sera un élément important et fondamental pour la réconciliation. Tant qu’il n’y aura pas de jugement, et que les mises en cause vont demander pardon et qu’ils seront pardonnés, les gens vont répéter parce qu’ils ne reconnaissent pas que ce qu’ils font est mauvais », a martelé Edem Abalo Atantsi, le chargé aux affaires politiques de l’ANC ce lundi.

Cette sortie scandaleuse est une véritable gifle que vient de donner le parti « orange » lié par son radicalisme à tout bout de champ aux propositions du gouvernement allant à la réconciliation.

Ce qui est sûr, les autorités sont déterminées à aller jusqu’au bout pour réconcilier les togolais, ce sera l’unique prix à payer afin de bannir la crise de confiance qui épie le peuple.

« Nous demandons beaucoup de patience de la part des victimes sachant qu’elles ont eu déjà à endurer des peines. Toutes les mesures sont prises pour que les réparations se fassent dans un esprit de paix », a lancé Mme Awa Nana Daboya, présidente de HCRRUN.

Pour ce programme, le HCRRUN a bénéficié d'une enveloppe de deux milliards de la part du gouvernement. Les indemnisations se feront autour de trois pôles: Kara, Atakpamé et Lomé.

credo

 

Lu 94 fois Dernière modification le lundi, 27 mars 2017 22:16

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