mardi, 08 août 2017 21:54

Togo/AGOA 2017: La société civile déplore le coût exorbitant de la certification des produits africains vers les USA Spécial

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Séance plénière de la société civile au forum Agoa Séance plénière de la société civile au forum Agoa

 « Le présent forum donne l’occasion à tous les acteurs que ce soit du secteur public, du secteur privé ou de la société civile, d’échanger et d’apporter des contributions à l’amélioration des échanges commerciaux entre les Etats-Unis d’Amérique et les pays de l’Afrique subsaharienne », a indiqué a indiqué Bernadette Legzim-Balouki, la ministre du Commerce et de la promotion du secteur privé à l’ouverture à Lomé ce mardi de la session du forum AGOA 2017 du secteur privé et de la société Civile.

Arrivée à expiration en septembre 2015, l’AGOA a été renouvelée jusqu’en 2025, donnant ainsi une nouvelle possibilité aux pays africains, absents ou n’ayant pas suffisamment bénéficiés de ce dispositif, de profiter des bénéfices et avantages y relatifs. Le gouvernement togolais reste déterminé à continuer par jouer un rôle prépondérant dans l’accompagnement du secteur privé et de la société civile pour une mise en œuvre réussie de l’AGOA.
« Tous les acteurs doivent se mobiliser et fédérer les énergies pour des actions de développement et de diversification des exportations vers le marché américain tout en y respectant les exigences », a exhorté Bernadette Legzim-Balouki.

C’était en présence du Premier ministre togolais Komi Selom Klassou. « Le rôle des acteurs du secteur privé et de la société civile dans l’accroissement des exportations des pays de l’Afrique subsaharienne vers les Etats-Unis d’Amérique est primordial », a-t-il indiqué.

Justement, la société civile présente au forum a regretté le coût excessif des certifications des produits éligibles à l’AGOA face aux PME/PMI qui souffrent encore des financements. « Beaucoup de produits dorment encore dans les tiroirs faute de commercialisation parce qu’il est difficile aux exportateurs de dépenser environs de 3 à 4 mille dollars US pour obtenir la certification. Ce sont encore des contraintes et un défi que les PME sous Agoa doivent relever pour bénéficier du commerce équitable », a martelé, Amina Keita, de la société civile malienne.

Comme solution, l’USAID propose aux PME/PMI de se constituer en groupement pour faire face au coût exorbitant pour pouvoir faciliter les exportations vers les Etats-Unis.

Là ne serait pas la solution durable ! C’est pourquoi la société civile africaine recommande qu’il soit mis sur pied des structures africaines capables de délivrer les certifications biologiques et/ou équitables aux PME/PMI et aux exportateurs.

« Si 65% des consommateurs américains maitrisent les procédures et les documents afférents à la certification malheureusement, 20% des pays éligibles à l’AGOA méconnaissent toujours les règles », a martelé Dr Elongue Gilbert du Cameroun.

Dans une déclaration des Syndicats Africains concernant les politiques d’échange conçus pour approfondir les relations d’échange avec l’Afrique dans le cadre d’AGOA, il est recommandé que l’accès à l’information soit un principe capital de l’AGOA de promouvoir la transparence et la redevabilité. « C’est de la responsabilité des Etats-Unis et des partenaires africains de rendre les informations disponibles au public et compréhensibles pour les citoyens », peut-on lire dans la déclaration. Il est demandé de s’assurer que ces politiques d’échange futures favorisent la promotion des aspirations des africains tel que stipuler dans l’agenda 2063 de l’Union Africaine qui parle d’une Afrique intégrée, prospère et pacifique, diriger par ses propres citoyens, et représentant une force dynamique sur la scène internationale.

Face à ces problèmes l’USAID propose au moins un apport de 1 à 2 millions de dollars US pour soutenir les PME/PMI et les exportateurs dans l’obtention de la certification pour qu’ils profitent des avantages et opportunités de l’AGOA. Mais le défi demeure toujours ! Faut-il que les organisations américaines finances encore les exportateurs africains dans une coopération Economique et Commerciale ? Quelle sera la part de la diaspora très interpellée à jouer sa partition dans les stratégies d’échange. La société civile africaine souhaite que la diaspora appuie considérablement les communautés à la base, investisse dans les PME en participant également au renforcement de leur capacité. Elle doit surtout développer d’autres marchés locaux où les mains d’ouvres sont abondantes permettant de créer de nouveaux emplois.

Le cas la société ALAFFIA fait école ; « La diaspora africaine et singulièrement togolaise a un rôle essentiel à jouer dans ce processus. Nous saluons ici la société ALAFFIA qui exporte des produits vers les Etats-Unis dans le cadre de l’AGOA avec succès et a créé de milliers d’emplois surtout pour les femmes et les jeunes », a souhaité le Premier ministre togolais.

La question d'après AGOA 2025 a fait l'objet des recommandations de la société civile ; "Les Etats africains, ensemble avec les parties prenantes doivent commencer à planifier la période post AGOA 2025 afin de préparer une transition qui consolide les résultats de l'AGOA pour permettre à l'Afrique de continuer à avoir accès et profiter des marchés des Etats-Unis", lit-on dans la déclaration des Syndicats Africains.

Comme bilan de l’AGOA pour les pays africains, depuis son introduction, les importations totales de l'AGOA, y compris les GSP (système généralisé de préférences) ont augmenté de 13 % pour atteindre les 9,4 milliards de dollars en 2016. Les échanges hors pétrole au titre de l'AGOA ont bondi de plus de 300 % pour atteindre 4,2 milliards de dollars en 2016, contre 1,3 milliards de dollars en 2001. La croissance de ces secteurs non pétroliers a permis de créer environ 300.000 emplois directs en Afrique.

En 2016, les exportations américaines vers l'Afrique subsaharienne ont atteint 20 milliards de dollars, soit une hausse de 4,8 % par rapport à l’année précédente.

Lu 271 fois Dernière modification le mercredi, 09 août 2017 20:14

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