lundi, 07 août 2017 20:01

CEDEAO : L’Observatoire Ouest Africain des Migrations a échangé avec Faure Gnassingbé

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Photo de famille de la délégation avec Faure Gnassingbé (Milieu) Photo de famille de la délégation avec Faure Gnassingbé (Milieu)

Le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé, Président en exercice de la CEDEAO, a reçu le 04 août 2017 à Lomé, la délégation de l’Observatoire Ouest  Africain des Migrations conduite par son Secrétaire Permanent, Samir ABI.

La délégation a échangé avec le Chef de l’Etat togolais sur ses priorités à la tête de la CEDEAO, notamment en matière d’intégration régionale et de libre circulation des personnes et des biens.

 

Le Secrétaire Permanent de l’Observatoire a eu à féliciter le Président de la République pour sa récente décision de permettre l’ouverture 24h/24 de la frontière Togo-Ghana. Cette décision est apparue aux yeux de l’Observatoire comme un pas de plus vers une circulation fluide des personnes entre le Togo et le Ghana et comme un exemple de bonne pratique à suivre par tous les autres pays africains.

Le Président de la République a exprimé le souhait de voir l’ouverture permanente de cette frontière marquer un accroissement des échanges entre les deux pays. Il a toutefois exprimé sa préoccupation sur les obstacles qui handicapent le commerce transfrontalier entre les pays ouest africains notamment la non possession de carte d’identité par de nombreux citoyens de la CEDEAO.  

A la suite du Chef de l’Etat, la délégation de l’Observatoire est revenue sur les pratiques développées par certains pays ouest africains qui consistent à donner des laissez-passer de 72 heures aux citoyens de la CEDEAO ne disposant pas d’une carte d’identité, moyennant le payement d’une taxe et donnant droit à une quittance. Cette pratique assure ainsi un approvisionnement des caisses de ces Etats qui veillent ainsi à lutter contre la corruption et les tracasseries aux frontières. Les échanges se sont ainsi poursuivis sur la possibilité qu’un jour l’espace CEDEAO puisse réellement ressembler à l’espace Schengen avec la possibilité de circuler librement sans contrôle aux frontières. Le Président en exercice de la CEDEAO, tout en partageant ce souhait, a évoqué les réticences des Etats à une ouverture complète des frontières face aux menaces sécuritaires.

La libre circulation, au niveau africain, a également fait l’objet d'échanges entre la délégation de l’Observatoire et le Chef de l’Etat togolais. Pour la délégation de l’Observatoire, la CEDEAO, et en particulier son Président en exercice, devrait jouer un rôle plus actif dans l’adoption prochaine d’un protocole sur la libre circulation par l’Union Africaine prévue en janvier 2018.

Le Président en exercice de la CEDEAO, a rassuré la délégation sur l’intérêt que porte l’ensemble des Chefs d’Etat africains pour la libre circulation sur le continent. Il a cependant expliqué que l’agenda fort chargé des réunions lors des Assemblées de l’Union Africaine(UA), empêche parfois d’aller au fonds des discussions sur le sujet. Il a en ce sens salué les réformes proposées par le Président KAGAME du Rwanda qui permettront d’alléger l’agenda des réunions de l’UA pour les rendre plus efficaces. La délégation de l’Observatoire a exprimé le souhait qu’à l’exemple du Bénin, le Chef de l’Etat togolais puisse inviter ses pairs africains à exempter de visas d’entrée, les africains se rendant dans son pays.

Faure Gnassingbé a déploré le drame des jeunes africains migrants vers l’Europe via les routes de la mer Méditerranée. Pour la délégation de l’Observatoire, ce drame pourrait être évité si les populations africaines pouvaient bénéficier de facilités pour obtenir des visas dans leur mobilité vers l’Europe dans un esprit de réciprocité aux facilités dont profitent les européens qui se rendent en Afrique.

Dans l’optique du prochain sommet Union Européenne-Union Africaine de novembre 2017 à Abidjan, la délégation de l’Observatoire a sollicité le Président togolais pour qu’il soit le porte-parole de la jeunesse africaine auprès des partenaires européens afin que ceux-ci puissent revoir leur politique de délivrance de visas pour offrir des voies légales de migration aux africains.

Tout en se félicitant de la feuille de route dressée par la Présidence togolaise de la CEDEAO, Samir ABI a émis le vœu que les quatre priorités définies puissent effectivement être réalisées d’ici la fin du mandat.

« L’ouverture manifestée par le Chef de l’Etat togolais à l’égard de la société civile ouest africaine, qui se traduit par la rencontre avec la délégation de l’Observatoire, doit faire exemple au sein de la CEDEAO », espère-t-il.

Le Président de la République togolaise, Président en exercice de la CEDEAO, a, lui,  réaffirmé sa volonté de continuer le dialogue avec la société civile ouest africaine tout au long de son mandat à la présidence de la communauté pour répondre à l’objectif de la CEDEAO des peuples qui tient au cœur de son agenda. 

Il faut noter que cette audience fait suite à la lettre ouverte adressée à l’attention du Président en exercice de la CEDEAO et de la campagne pour la libre circulation en Afrique que coordonne l’Observatoire Ouest Africain des Migrations.

Lu 657 fois Dernière modification le lundi, 07 août 2017 21:14

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