jeudi, 12 janvier 2017 22:42

« Le retour d’Agboyibor sera pour actionner la méthode qui nous amènera à l’alternance », Togbui Dagban Ayivon IV Spécial

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Togbui Dagba Ayivon IV Togbui Dagba Ayivon IV

Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), entame ce 13 janvier un congrès de deux jours qui permettra au parti de disposer d’un nouveau comité de direction et de se relancer véritablement dans la lutte démocratique. Avec Togbui Dagba Ayivon IV, membre influent dudit parti, nous faisons la situation de ce qui pourrait découler de ces assises. Il nous éclaire sur son engagement politique ainsi que sur son souhait de voir revenir à la tête du parti Me Yaovi Agoyibor.

Horizon-news : Comment se porte votre formation politique en début d’année et surtout à quelques heures de votre congrès ?

Togbui Dagban Ayivon : Je crois que nous sommes en train de relever le parti, cette nouvelle année par l’organisation de notre congrès qui va prendre corps du 13 au 14 janvier. J’estime qu’au sortir de cette rencontre, nous allons donc présenter à la face de l’opinion la très grande bonne forme de notre parti

 Quels sont les défis du CAR en 2017 ?

Nous nous inscrivons dans la durée. Nous voulons marquer une rupture avec l’ordre ancien, les pratiques anciennes, ces méthodes qui n’ont pas pu aboutir. Nous voulons faire en sorte que la méthode qui avait fait ses preuves dans le temps avec la personne du fondateur de notre parti puisse refaire son chemin. Nous voulons appeler les uns et les autres à reprendre ce chemin perdu que nous avons eu à abandonner dans l’euphorie des « venus de France » qui nous avait promis une alternance automatique et rapide, ce qui n’a pas été le cas. Ce sera donc une rupture par rapport à ce qui se fait depuis 25 ans : cela doit normalement nous amener à l’alternance que nous voulons tant. C’est pourquoi d’ailleurs le thème de notre congrès est libellé : « retour à la méthode pour l’alternance ».

Quelles seront les parties prenantes à votre congrès ?

Nous avons toutes les bases du parti essentiellement les fédérations qui coïncident plus ou moins bien avec les préfectures. Chaque fédération sera représentée par cinq personnes. Les comités de préfectures  qui sont essentiellement des associations militantes des ressortissants des autres préfectures qui résident à Lomé, les groupes socioprofessionnelles (GSP), les jeunes libéraux , les femmes, les notables participerons à ce congrès . Toutes nos bases militantes et agissantes seront au rendez-vous.

Le congrès signera-t-il réellement le retour de Me Yawovi Agoyibor à la tête du parti ?

Ce n’est plus un secret pour personne : nous avons estimé, nous autres, que Agboyibor a encore à donner. Il a encore de la substance, contrairement à ce que certaines allégations ont voulu nous faire croire sur le terrain. Agboyibor est encore sur ses deux pieds, il a encore toute ses facultés mentales, de l’énergie. Surtout, est-il resté l’épine dorsale du parti parce que quand bien même il n’est pas aux affaires, il a toujours prêté main-forte sur les plans financier, intellectuel et moral au parti ; beaucoup de décisions se prennent sur la base de ses analyses : Apévon lui a été toujours collé courant son règne. C’est pour cela que lorsque certaines personnes ont voulu faire croire qu’Agboyibor a créé une crise, il est clair qu’il n’en était pour rien.

Agboyibor sera-t-il le seul candidat à la présidentielle du parti ?

Nous, au CAR, nous avons un scrutin de listes. Agboyibor aura sa liste. D’autres sont libres d’en avoir. Nos statuts prévoient juste que les listes soient portées par le tiers des fédérations avant d’être soumises à la consultation populaire. Moi, je ne me présente pas en adversaire d’Agboyibor. Si les militants l’aiment toujours  comme par le passé, il sera plébiscité. Nous souhaitons cela pour qu’il n’y ait pas demain de rébellion ou de sensibilité adversaire. Nous voulons avoir une certaine cohésion pour un nouveau départ, un départ vrai, fructueux et qui doit nous amener à terme à l’alternance que nous désirons tant.

Quelle sera votre place dans la prochaine équipe dirigeante?

J’ai toujours été le coordinateur du parti à Lomé qui est ma ville natale, mon fief. Je souhaiterais, si les militants et la prochaine équipe l’accordent, continuer mon œuvre parce que c’est beaucoup plus concret, plus vivable, plus réaliste à la base que d’être haut perché et que d’autres travaillent à votre place.

Quand vous parlez de méthode du CAR, à quoi faites-vous allusion ?

Elle est simple. Nous sommes pour le dialogue. Si ce dernier piétine, nous faisons voir à l’adversaire que nos revendications ne viennent pas de nous : c’est en cela que nous appelons les forces vives à la rescousse. Nous n’appelons pas celles-ci pour montrer notre popularité ou pour narguer l’adversaire mais c’est pour lui montrer la véracité de ce que nous lui demandons. Nous utilisons aussi d’autres stratégies que je me permets de ne pas révéler ici pour faire pression sur l’adversaire. Ceci, sans violence. Nous considérons l’être humain dans sa valeur intrinsèque. C’est en cela que nous  donnons de la considération à ceux qui tiennent ce régime : ils ne sont pas nos ennemis mais des adversaires  politiques vis-à-vis d’un sujet donné  et après cela, nous redevenons des frères, des citoyens de ce pays, nous nous fréquentons. Ceux qui nous ont servi qu’en politique, il ne faut pas se rapprocher de son adversaire nous ont menti parce qu’eux se cachent la nuit pour aller et le jour, ils crient haro. Voilà bien des jeux politiques malsains qui les enrichissent au détriment de la population. Regardez la situation socio-économique du pays avec la dette, la misère ambiante…C’est ce qui explique mon engagement politique que beaucoup ne comprennent pas. Du moment où mon peuple sera en train de croupir, de gémir et de crier à l’aide, je ne peux as applaudir les tenants du pouvoir pour leur dire qu’ils ont bien fait. En les encourageant à aller sur cette voie qui fait croupir les autres, je ne joue pas mon rôle de leader à la base étant en porte-à-faux par rapport à la réalité. Mon engagement politique est à ce titre ; le jour où les gens autour de moi vont commencer par soupirer, alors, je commencerai par applaudir.

La vision perçue dans les messages de vœux du Chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre (ANC) et de Gilchrist Olympio, président de l’UFC semble rapprocher vos méthodes. Etes-vous d’avis ?

Notre méthode n’a jamais ressemblé à aucune autre ligne. Si aujourd’hui, ayant atteint leurs limites, certains reviennent à notre ligne, c’est autre chose. S’ils tiennent aujourd’hui un langage qu’ils n’avaient jamais tenu avant, comprenez que finalement, ils font foi en notre ligne qui prône le dialogue et met l’adversaire au centre du débat mais dans tout le respect de la personne. Nous ne dénigrons pas l’adversaire tout en allant en dialogue avec lui ; nous ne faisons pas de démonstration de force dont nous ne détenons aucune base. Ces messieurs qui, hier, criaient fort, faisaient des démonstrations et qui demandaient aux autres à s’aligner derrière ne voulant collaborer avec personne pour aller de l’avant, s’ils ont atteint leur limites alors ça ne fait pas sérieux. Celui qui n’a pas tété honnête pour de petites choses ne peut pas l’être pour de grandes. Si hier, pendant 25 ans, ils nous ont fait errer comme au désert et c’est aujourd’hui qu’ils comprennent qu’il faut changer de langage, ce n’est pas honnête. Qu’ils viennent se ressourcer au CAR dont la ligne est unique, nous donner la vedette pour que nous puissions aller de l’avant. Mais peut-être aussi que les propos ont changé mais que les méthodes ne le sont pas parce que ces personnes se sont maintenant enrichies. Si aujourd’hui, on leur crée une institution qui les couvre et leur donne l’immunité nécessaire et ils disposent de budget de fonctionnement et toute la facilitation possible, qu’ils ne se leurrent pas, notre peuple n’est pas dupe. Il peut l’avoir été pendant un temps mais notre souhait est qu’il se réveille et comme un seul homme, aux côtés de notre méthode, que nous puissions aller de l’avant pour l’alternance.

Un message de vœux à l’endroit de la population ?

Mon vœu le plus cher est que ce peuple sorte de la léthargie, qu’il se réveille enfin et se rende compte qu’on l’a dupé pendant  25 ans lorsqu’on lui a fait croire que par quelques coups de stylo, on peut faire chasser le régime en place. Aujourd’hui, le constat est là : tous ceux qui jouaient aux radicaux, qui nous faisaient croire qu’ils ont la solution politique de l’alternance à portée de main ont atteint leur limite. Ils ont tous abdiqué et préféré se sucrer à l’ombre du régime.  Que ce peuple comprenne qu’il a été trompé et qu’il revienne à notre méthode qui a fait ses preuves. Agboyibor, qui était à l’avant-garde de la lutte démocratique avait pris seulement cinq ans pour avoir tous les acquis démocratiques, pour avoir même un accord de principe sur le départ du régime avant que ceux qui ont profité de l’amnistie ne reviennent pour reverser l’ordre établi et depuis 1991, en voulant, jouer aux radicaux, ils nous ont mené en bateau. Aujourd’hui, nous avons échoué, le chemin qu’on avait laissé à travers la personne de Me Agboyibor doit être repris. Le retour de ce dernier, si les militants l’accordent, sera un symbole. Ce sera comme si nous reprenions le marche de 1991 là où nous l’avions abandonnée, pour la faire aboutir dans un riche avenir, et je veux croire en 2020. Son retour sera pour actionner la méthode qui nous amènera à l’alternance. 

Lu 256 fois Dernière modification le lundi, 16 janvier 2017 21:45

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