lundi, 19 décembre 2016 13:43

Entretien avec Ampah Johnson, instructeur, ceinture noire, 6 damnes de karaté, arbitre continental Spécial

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Ampah Johnson Ampah Johnson

Le karaté fait partir des disciplines olympiques. Au Togo, les activités de la fédération de karaté sont moribondes caractérisées par un manque d’organisation des compétitions nationales à l’endroit des athlètes, des arbitres et des instructeurs.

Néanmoins, ce handicape n’empêche des initiatives privées avec le peu de moyen et de sponsoring à certain responsable de club à remettre à jour les niveaux des acteurs de la chaîne. C’est le cas du Club Bassaï Ryu, un centre de renom à Lomé de 04 grands assistants techniques avec à son actif 26 ans d’existence dont 260 athlètes formés. En vue de redynamiser les clubs de la capitale, Lomé et aguerrir les jeunes à des compétitions nationales et internationales, il a été organisé un tournoi dénommé « Tournoi challenge » le 13 décembre 2016 avec la participation de 15 clubs avec 25 athlètes enregistrés. Ampah Johnson, le promoteur de ce tournoi, instructeur, ceinture noire, 6 damnes de karaté, arbitre continental, fait un briefing du tournoi, de la discipline karaté au Togo et les défis à relever en 2017.

 

Plusieurs fois, vous organisez des tournois de karaté au Togo. Quelle est la particularité de cette édition ?

Ampah Johnson : Cette 4è édition est celle de la maturité, la preuve c’est la première fois que nous innovons une compétition de karaté sur deux tatamis. Nettement, les résultats sont probants ! Ce qui devrait permettre aux athlètes de s’habituer aux normes internationales qui utilisent jusqu’à 4 tatamis. Ceci nécessite un réflexe spontané également de la part des arbitres dans leur mouvement d’ensemble. Aucours de la compétition, apparemment les arbitres ont été confrontés à quelques difficultés d'adaptation à cette nouvelle donne. Nous croyons qu’au fil des organisations, ceci rentrera dans les mœurs pour qu’on puisse se préparer à affronter les compétitions internationales.

Au niveau des quartas, que recherchez-vous auprès de vos athlètes. De l’harmonie ou l’équilibre ?

Ampah Johnson : Nous avons des règles qui régissent le jugement et au niveau des quartas, il existe trois critères : d‘abord l’athlète est censé exécuter le quarta conformément à ce qu’il a appris dans son école de karaté. En deuxième position, l’exécution technique, c’est à dire les différentes techniques et positions officielles qui sont contenues dans le quarta et enfin, l’exécution sportive qui constitue un plus-value de l’athlète, qui démontre toutes les souplesses dans l’exécution de son physique et des techniques avec une grande vitesse et un bon rythme. Voilà, les critères d’évaluation de tout athlète, juste dire qu’aucune comparaison n’est faite avec les athlètes sur le terrain de jeu mais ils sont tous simplement jugés dans l’exécution des différents quartas présentés.

On a l’impression que les arbitres ne sont pas aguerris dans les jugements ?

Ampah Johnson : Je vous rassure que les arbitres sont aguerris, très même, seulement que l’exercice du jugement n’est pas aussi facile qu’on puisse l’interpréter. De toutes les disciplines sportives, seul, au niveau du karaté, que l’arbitrage est très compliquée, difficile parce que dès fois, vous êtes en face des athlètes qui font des techniques pratiquement à 180km/h, c’est des gestes qui passent très vite. Parfois prendre une bonne décision à la seconde, demande de l’éveil et de la concentration mais les arbitres togolais sont à niveau, la preuve, à cette compétition, participe un expert arbitre togolais qui réside en France. Les quelques évaluations avec les arbitres locaux démontrent leur niveau acceptable à officier les compétitions.

Pensez-vous que le karaté fait partir des disciplines d’avenir au Togo?

Ampah Johnson : Surement avec un avenir radieux ! Il existe des talents inimaginables certes les seules difficultés se résument à des encadrements sérieux. Si ce problème est réglé, le Togo peut faire mouche dans les compétitions internationales. Le besoin en financement demeure certes il faut penser à relever le problème du suivi technique, qui est indispensable. Cela veut dire qu’il faut des instructeurs qui se mettent à jours face à l’évolution des nouvelles techniques de compétition sur le plan international. Il est important de préciser, que la plupart des instructeurs sont formés sur le tas et donc vous convenez avec moi que le renforcement des capacités doit être notre cheval de bataille.

Comment faire intéresser cette discipline à la gente féminine qui n’est pas aussi représentée?

Ampah Johnson : Habituellement, on remarque que les filles sont peu nombreuses en karaté mais au Togo, au niveau de la catégorie des minimes benjamins et cadets, on sent un effort et une évolution considérable. L’essentiel, qu’elles soient récupérées le plus tôt possible pour un encadrement minutieux à défendre un jour le drapeau togolais dans les compétitions mondiales. Sinon, la pépinière existe et est remarquable ! Le karaté est olympique et sur la base nationale, l’objectif est d’arriver à participer aux prochains jeux olympiques. On dispose encore de trois ans pour préparer activement les athlètes et les préparatifs doivent commencer aujourd’hui et non le lendemain !

Les défis à relever en 2017 pour le karaté au Togo?

Ampah Johnson : En 2017, c’est beaucoup de formations au niveau des athlètes, des arbitres, des instructeurs. C’est cet ensemble qui donnera les belles compétitions et rehausser le niveau national. Nous tablerons au premier trimestre, plus intensément sur la formation, au second trimestre, ce sera surtout un accent particulier des retombées à découvrir et à juger par rapport aux compétitions nationales à organiser, voire les participations à l’internationale.

Propos recueillis par G. Joseph

Lu 152 fois Dernière modification le mardi, 20 décembre 2016 18:32

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