mardi, 23 octobre 2018 12:21

POLITIQUE : La victoire de l’UFC comme parti parlementaire à la CENI Spécial

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Comment peut-on exclure un parti politique parlementaire qui a rassemblé 152 000 voix aux élections législatives de l’opposition pour sa participation au gouvernement?

Selon la loi N° 2013-015- du 13 juin 2013 portant statut de l’opposition, en son Art. 2 : « Aux termes de la présente loi, l’opposition s’entend de l’opposition parlementaire. Elle comprend le ou les partis et regroupements de partis politiques représentés à l’Assemblée nationale ainsi que les députés qui y siègent, et qui ont remis au bureau de celle-ci une déclaration indiquant leur appartenance à l’opposition. Cette déclaration est accompagnée de la liste des députés concernés, signée par le président du groupe parlementaire ou par chacun des députés, conformément ail règlement intérieur de l’Assemblée nationale ». La déclaration d’appartenance à l’opposition est faite en début de législature et au plus tard quinze (15) jours calendaires suivant l’adoption du règlement  intérieur de l’Assemblée nationale. Cette déclaration d’appartenance peut également-être faite par la suite, à tout moment de la législature. Copie de la déclaration d’appartenance  à  l’opposition est transmise au ministère chargé de l’administration  territoriale par le bureau de l’Assemblée nationale. Et selon l’Art. 3 : Toute personne appartenant à un parti ou regroupement de partis politiques de l’opposition peut, à titre individuel, accepter de participer au gouvernement.

Durant deux semaines, la coalition des 14 partis politiques (C14) a retardé son entrée à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) juste pour avoir refusé de céder l’unique place qui revenait au parti politique de l’opposition l’Union des Forces de Changement (UFC) de l’opposant historique Gilchrist Olympio, président national du dudit part après l’accord du 23 septembre dernier en présence du comité de suivi de la CEDEAO pour le règlement pacifique de la crise politique au Togo.

A cette polémique répondait déjà, Isaac Tchiakpé, conseiller de Gilchrist Olympio, rien ne justifie ces réactions de savoir si l’UFC est un parti de l'opposition ou du pouvoir ; « Nous sommes un parti d'opposition constructive, c'est à dire une force de proposition et d'élaboration pour un Togo nouveau. Nous ne sommes plus dans la contestation systématique. C'est au regard de notre histoire et de nos expériences de lutte que nous avons choisi une approche de négociation coopérative pour obtenir pacifiquement l'alternance », a-t-il martelé.

Malgré l’interpellation d’un autre leader de l’opposition, Nicolas Lawson, le président du Parti du renouveau et de la rédemption (PRR), dans une lettre ouverte le 15 octobre au Président de la Commission de la CEDEAO, avait qualifié cette situation d’un nouveau parjure et d’une nouvelle incongruité. Il s’explique « Un accord d’un parti politique avec un autre pour former un gouvernement, suite à des crises répétées et de graves crimes de sang, ne fait pas d’eux le même parti. L’UFC n’est pas UNIR ».

Finalement, comme l’avait prédit Jean Luc HOMAWOO, le maréchal du mouvement « LES TEMPLIERS », ex délégué de la jeunesse de l’UFC, tout revient aux députés qui ont voté le statut de l’opposition de dire le droit pour départager les protagonistes ; « Le droit dira son dernier mot. Ceux qui disent qu'ils luttent pour la démocratie font une chose et son contraire. Personne ne va toucher au membre de l'UFC à la CENI. C'est un manque de respect à la lutte de Gilchrist Olympio, président national de l'UFC dans ce pays et de surcroît un manque de respect au parti de l'UFC ».

Chose faite, le lundi 22 octobre au parlement dans un débat houleux. Les députés ont failli en venir aux mains au cours de la séance qui a connu des suspensions. Les députés de l’opposition faisaient de grand bruit dans la salle, tapaient sur les tables, criaient à tue-tête dans les micros.

La majorité parlementaire n’a pas, donc, cédé aux pressions du groupe parlementaire de l’opposition et a fini par donner raison à l’UFC comme parti parlementaire de l’opposition à la CENI par un vote utile.

« C’est un vote qui traduit la sagesse. Pendant que les gens sont en train de charger l’Assemblée comme étant l’institution qui bloque les autres membres de l’opposition, il fallait avancer pour permettre aux autres membres de l’opposition de siéger au niveau de la CENI pour contribuer au processus électoral.», a confié Christophe Tchao, président du groupe parlementaire UNIR.

Dans le camp de l’opposition, ce vote est une mascarade qui ne respecte aucun fondement juridique. Voilà, pourquoi, les députés de l’opposition ont quitté la salle au moment du vote ; « Les députés n’utilisent plus le bon sens, mais sont prêts à suivre les instructions qu’on leur donne. Si le député de base peut faire cela, le président de l’Assemblée a l’obligation de faire respecter l’accord, à moins qu’on puisse déduire qu’il rejette les recommandations de la facilitation », a martelé Doe-Bruce Adama, Vice-président du groupe parlementaire ANC.

Pour le moment aucune déclaration n'est observée au cabinet du parti du "palmier à huile".


Sont à la CENI pour le compte de l’opposition; Abalo Atantsi et Jean-Jacques Têko de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Kodzo Awudji du Comité d’action pour le renouveau (CAR) et Yamba Pessinaba de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), les sieurs SIBABI Boutchou, SEBABE- GUEFFE TCHAH Tchassanti Nouridine (partis de l’opposition extraparlementaire) et KLUVIA Mateli Ametepe Seth (société civile).

Il reste une place à pouvoir par la C14 pour respecter l’esprit de l’accord du 23 septembre qui stipule que chaque protagoniste désigne librement 8 représentants à la CENI.

Lu 402 fois Dernière modification le mardi, 23 octobre 2018 12:36

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