mardi, 02 octobre 2018 17:16

Politique : L’UFC demeure un parti d'opposition constructive, et non plus de contestation systématique Spécial

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Nous sommes un parti d'opposition constructive, c'est à dire une force de proposition et d'élaboration pour un Togo nouveau Nous sommes un parti d'opposition constructive, c'est à dire une force de proposition et d'élaboration pour un Togo nouveau

La polémique de l’appartenance de l’Union des Forces de changement (UFC), comme parti de l’opposition ou du pouvoir a alimenté ces derniers jours la scène politique. Quand il s’agit de désigner les représentants des partis parlementaires à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), la coalition des 14 partis politiques a jugé écarter le parti de l’opposition charismatique à l’emblème du « palmier rouge ».

Et pour cause, l’UFC partage le gouvernement avec le parti au pouvoir Union pour la République (UNIR) depuis 2010. Le parti aux élections législatives de 2013 dispose de trois députés à l’assemblée nationale.

« En vertu de l’article 2 de la Loi portant Statut de l’opposition, par ailleurs la même ayant consacré M. Jean-Pierre FABRE comme Chef de file de l’opposition, et au regard de la déclaration signée par nos députés en début de législature et dont la présidence de l'Assemblée détient une copie, l’UFC est bel et bien un parti d’opposition, et doit être considérée comme tel », a expliqué Isaac Tchiakpé, conseiller spécial du président national de l’UFC, Gilchrist Olympio auprès de nos confrères de afreepress.

Selon la loi N° 2013-015- du 13 juin 2013 portant statut de l’opposition, en son Art. 2 : « Aux termes de la présente loi, l’opposition s’entend de l’opposition parlementaire. Elle comprend le ou les partis et regroupements de partis politiques représentés à l’Assemblée nationale ainsi que les députés qui y siègent, et qui ont remis au bureau de celle-ci une déclaration indiquant leur appartenance à l’opposition. Cette déclaration est accompagnée de la liste des députés concernés, signée par le président du groupe parlementaire ou par chacun des députés, conformément ail règlement intérieur de l’Assemblée nationale ». La déclaration d’appartenance à l’opposition est faite en début de législature et au plus tard quinze (15) jours calendaires suivant l’adoption du règlement  intérieur de l’Assemblée nationale. Cette déclaration d’appartenance peut également-être faite par la suite, à tout moment de la législature. Copie de la déclaration d’appartenance  à  l’opposition est transmise au ministère chargé de l’administration  territoriale par le bureau de l’Assemblée nationale. Et selon l’Art. 3 : Toute personne appartenant à un parti ou regroupement de partis politiques de l’opposition peut, à titre individuel, accepter de participer au gouvernement.

Pour Isaac Tchiakpé, rien ne justifie ces réactions de savoir si l’UFC est un parti de l'opposition ou du pouvoir ; « Nous sommes un parti d'opposition constructive, c'est à dire une force de proposition et d'élaboration pour un Togo nouveau. Nous ne sommes plus dans la contestation systématique. C'est au regard de notre histoire et de nos expériences de lutte que nous avons choisi une approche de négociation coopérative pour obtenir pacifiquement l'alternance », a-t-il martelé.

En ce qui concerne le maintien du représentant du parti UFC à la CENI, « En outre, nous jugeons utile de rappeler qu’en aucun cas le communiqué du comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations de la CEDEAO ou le Code électoral togolais n’ont attribué à la Coalition des quatorze partis politiques de l’opposition (C14), les cinq (05) places à la CENI au titre de l’opposition. En effet, le communiqué du comité de suivi de la CEDEAO qui, en parlant de « parties concernées », se réfère univoquement aux partis d’opposition parlementaire et non aux parties prenantes au dialogue », insiste, Isaac Tchiakpé.

Malheureusement, ceux qui entretenaient de telle polémique ne sont que les anciens lieutenants du parti UFC. Il y a 10 ans, Jean Pierre Fabre, le chef de file de l’opposition avant la création de son parti Alliance Nationale pour le Changement (ANC), était le secrétaire général de ce parti.

« C’est dommage que c’est Jean pierre Fabre et ses amis qui ont participé au début à l’accord UFC/RPT s’acharne contre l’UFC à ce jour et la qualifiant du parti au pouvoir. Et pourtant ceux-là, avaient poussé le président du parti à aller au gouvernement pour mettre fin aux rivalités de longue date opposition-pouvoir a fait de nombreux morts et quelques parts retardé l’économie nationale», a indiqué Jean Claude Homawoo, Conseiller du président du parti.

Pour ce conseiller du parti, il est important de revenir sur le mémorandum publié par le parti à la veille des élections 2015, qui explique en long et en large, les raisons qui soutiennent l’entrée de l’UFC au gouvernement.

En voici un extrait de ce mémorandum

LES RAISONS INTERNES AYANT RETARDE L'ALTERNANCE POLITIQUE PACIFIQUE AU TOGO

Il est indéniable que JPF et l’ANC ont conduit la lutte pour l’alternance pacifique dans une impasse politique, fragilisant ainsi, la dynamique entamée depuis 1992 par l'UFC en vue de la démocratisation pacifique au Togo sur le modèle de l'Afrique du Sud. Pour permettre aux togolais de comprendre comment on en est arrivé à cette situation, la vérité des faits doit être rétablie au-delà de la conjoncture politique actuelle.

L'ANC, on le sait est un parti politique issu de l'UFC. Tous ses membres ont tous été des militants de l'UFC. Qu'est-ce qui a donc justifié cette scission, organisée dans la violence verbale et physique, à travers une campagne de diabolisation, d'insultes et d'incitation à la vindicte ? Ces motivations étaient-elles d'ordre idéologique, politique ou personnel ?

Les raisons de l'affaiblissement actuel de la marche héroïque du peuple togolais vers l'alternance politique pacifique après près d'un demi-siècle de lutte doivent être portées à la connaissance du peuple togolais et aux électeurs, compte tenu du contexte électoral actuel.

Philosophie et ligne politique invariables de l’UFC depuis sa fondation

L'UFC dès sa fondation le 2 février 1992, s'est engagée dans la conquête du pouvoir d'état par des moyens politiques, c'est-à- dire par la voie du dialogue, du compromis, de la négociation et de la concertation avec le régime en place, mais avec exigence et sans concession. Cette ligne politique est clairement affirmée dans le projet de société et abondamment exprimée par le président du parti devant toutes les audiences togolaises et internationales. C'est du reste, ce souci d'un règlement politique pacifique qui a amené l'UFC à s'engager dans plusieurs dialogues multipartites ou bilatéraux avec le RPT.

JPF a occupé à partir de février 1994 le poste de secrétaire général en intérim d'Elliott OHIN qui a dû s'exiler. A ce poste, il a été membre de toutes les délégations de l'UFC au cours des négociations politiques multipartites ou bilatérales avec le RPT.

C'est cette volonté d'arriver à une alternance politique pacifique et négociée facilitant le vivre-ensemble qui a incité l’UFC à accepter d'entrer en négociation avec le RPT au lendemain du scrutin présidentiel de 1998 que le Président Gnassingbé Eyadema a perdu. L'accord-cadre signé à Lomé en juillet 1999, fut un compromis politique, qui devait favoriser une transition politique pacifique et constituer pour le Chef de l'Etat togolais, s'il quittait son poste, une garantie d'amnistie. La volonté de se maintenir coûte que coûte au pouvoir a conduit le Président Gnassingbé Eyadéma à renier les engagements personnels qu'il avait pris dans le cadre de cet accord, tout autant que la caution qui lui a été publiquement apportée par le Président français Jacques Chirac à Lomé même. Ce reniement a conduit le Togo dans une impasse politique, car le pays a été soumis dès lors à des sanctions économiques de la part de l'UE et de toutes les grandes puissances mondiales pour déficit démocratique et non-respect des principes de l'état de droit.

Cette ligne politique a été assumée par tous les cadres de l’UFC et Jean-Pierre Fabre qui assurait l'intérim du secrétaire général du parti y a pleinement adhéré. En charge de l'administration et de la mise en œuvre des résolutions du Congrès et des institutions du parti, il a eu pour rôle de s'assurer de la formation des militants et de l'application de la ligne politique du parti. Du reste, tous les rapports établis par le secrétariat général mentionnent les démarches accomplies par le parti pour réaliser l'avènement de la démocratie et une alternance politique pacifique en utilisant les moyens du dialogue et de la prévention des conflits.

Historique et déroulement des multiples négociations ayant abouti à l’accord historique UFC-RPT-UNIR

Arbitrairement exclu de la compétition électorale en juin 2003, le Président National de l'UFC prendra alors son bâton de pèlerin pour plaider la cause du Togo devant les institutions européennes et onusiennes afin de faire renouer les fils du dialogue rompus au Togo, car les sanctions ont été maintenues au lendemain de ces élections et les populations durement éprouvées par cette situation d'embargo économique et politique. Ainsi, en juillet 2003, devant le Parlement européen, le président de l'UFC plaide pour une solution pacifique de la longue crise politique que traverse le Togo par l’organisation d’un dialogue politique efficace au terme duquel une transition politique serait organisée et des garanties offertes au président Eyadéma. Ces propositions vont alors aboutir à des consultations entre le gouvernement togolais et l'Union Européenne dans le cadre de l'article 96 de l'accord de Cotonou. Au terme de ces consultations, le Togo prendra 22 engagements en vue de réduire le déficit de démocratie et d'instaurer un véritable état de droit.

C'est également en août 2005 qu’ont débuté les négociations entre l’UFC et le RPT sous la houlette de la communauté Sant´Egidio près de Rome, avec la participation active de tout le staff de l'UFC, dont en particulier JPF, Patrick Lawson, Georges Lawson, et Éric Armerding. Ces négociations ont connu plusieurs rencontres préparatoires, notamment le 28 juillet 2004, le 21 juillet 2005, le 10 novembre 2005 (voir les pièces à conviction en annexe). C'est dans ce contexte que le Président Gnassingbé Eyadéma meurt. En pleine crise politique, les partis politiques sont en quête d’un modus vivendi pour renouer les fils du dialogue et aboutir à un consensus sur le cadre électoral et toutes les réformes institutionnelles et constitutionnelles nécessaires en vue de l'organisation des futurs scrutins au Togo.

Outre ces discussions bilatérales UFC-RPT sous la houlette de la communauté de Sant’ Egidio, des rencontres bilatérales directes ont eu lieu entre les deux partis. Ainsi, le 6 juin 2006 a eu lieu au domicile parisien du président de l'UFC une rencontre bilatérale directe dont Jeune Afrique a rendu compte dans son édition du 17 juillet 2006. Du côté de l'UFC, les chefs de délégation ont été Patrick Lawson et Éric Armerding. Quelques semaines plus tard, une nouvelle rencontre est organisée à Accra à laquelle a participé JPF (voir en annexe la pièce à conviction de l’article cité de Jeune Afrique).

Au terme de ces dernières discussions, un accord de partage de pouvoir a été conclu entre les deux principaux partis togolais, préfigurant déjà l'accord historique UFC - RPT, et selon lequel le poste de premier ministre revenait pour la première fois dans l'histoire du Togo à l'UFC en la personne de Patrick Lawson.

Outre ces discussions à Paris et à Accra, des rencontres bilatérales ont eu lieu à Lomé et ont donné lieu à des relevés de conclusions et des échanges de correspondance, comme la lettre très instructive du Président National de l’UFC au Président du Togo en date du 27 novembre 2007, qui jouit encore d’une actualité brûlante (voir en annexe). C’est aussi le cas du rapport rédigé par Patrick Lawson sur la rencontre du 22 novembre 2007 entre l’UFC et le RPT, révélant les ambitions ministérielles aux lendemains des élections législatives du 14 octobre 2007 de plusieurs dirigeants actuels de l’ANC qui font partie aujourd’hui des plus virulents détracteurs de la participation de l’UFC ou de l’opposition togolaise au gouvernement togolais (voir en annexe). L'objet principal de ces négociations est de résoudre des préoccupations partagées en vue d'un apaisement politique au Togo. Ces négociations visaient la mise en place d'un accord politique bilatéral permettant la poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles et in fine à l'avancée démocratique du Togo.

Incontestablement, la chronologie et l'accumulation de ces faits prouvent que l'accord historique UFC-RPT est l'aboutissement d'un long processus de négociations, auxquelles ont activement pris part tous les cadres de l'UFC devenus aujourd'hui membres de l'ANC. Ces derniers devenus détracteurs de cet accord historique du 26 mai 2010, présentent toutes ces démarches politiques comme une démarche personnelle du Président de l'UFC, nonobstant le fait que selon les statuts de l’UFC, une seule personne ne peut prendre une telle initiative qui engage la vie de tout le parti, voire de la nation. L'intoxication du peuple togolais sur cette base calomnieuse, sous la responsabilité ouvertement assumée des leaders de l'ANC, relève incontestablement du reniement d’engagements moraux et juridiques dûment consignés par écrit, du parjure, de la trahison, du coup d'état, de l’ingratitude et du parricide. Il s'agit indéniablement d'ambitions personnelles au moyen de la manipulation et du mensonge, d’usage abusif et immoral des moyens modernes de communication, de la fausse rumeur et de la désinformation, de la confusion entre l’opinion et la vérité, la sincérité et la vérité, la fausseté et la vérité. (….)/

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