vendredi, 21 septembre 2018 15:10

Politique : Les propos contradictoires qui pronostiquent un lendemain sombre à la C14 Spécial

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Nous ne sommes pas concernés par ce processus électoral organisé par la CENI Nous ne sommes pas concernés par ce processus électoral organisé par la CENI

Les incompréhensions, les malentendus, les désistements, voilà les maux auxquels la coalition des 14 partis politiques (C14) est confrontée dans sa revendication depuis août 2017, du retour à la constitution 92, du vote de la diaspora togolaise.

Pour avoir résisté durant 13 mois dans l’action unitaire, depuis quelques temps, tout porte à croire que l’ambiance devient morose et pas du tout gaie dans « la cour des grands » de l’opposition togolaise.

Déjà, au soir de la première réunion du comité de suivi de la feuille de route de la CEDEAO, chargé de mettre en exécution le chronogramme, les choses ont commencé par se décimer lentement.

C’est le président du Comité d’action pour le renouveau (CAR), Me Yaovi Agboyibor dans une interview à la presse, s’est dit déçu de son aventure du « marché de dupe » envers le reste de la coalition face à la commission de la CEDEAO sur la question du reformatage de la Commission électorale.

« Il a été dit à la coalition, de quitter la salle quand le sujet de la CENI ne sera pas abordé par la commission de la CEDEAO. Moi, j’ai été tenté de quitter la salle, mais appartenant à un groupe organisé, j’ai attendu que ceux que nous avons placés à la tête de la coalition de l’opposition donnent le ton. Mais ça n’a pas été le cas et c’est avec amertume que j’ai été contraint d’assister à ce qui été présenté comme un relevé de conclusion », a-t-il martelé.

Toutefois, le vieux caïman garde un minimum d’espoir que la lutte n’est pas encore perdue ; « Le diagnostic à faire n’est pas du côté des facilitateurs. Il faut que nous-mêmes nous sachions ce que nous voulons. Malheureusement, j’ai l’impression que nous sommes dans un marché de dupes et à vous d’interpréter de quel côté il s’agit », a déclaré M. Agboyibo.

Reconnaissant que les autres membres de la coalition n’ont pas respecté les consignes données ; « cela, ne doit pas être un souci du moment où tout le mode a accepté de rester dans la salle jusqu’à la fin de la séance. C’est une question de bon sens et de responsabilité », a répondu Prof Aimé Tchabouré Gogué, président du parti ADDI et membre de la coalition des 14 partis de l'opposition togolaise dans une émission sur radio de la place.

L’autre pomme de discorde en vue, c’est la décision de la coalition des 14 au cours d’une conférence de presse la semaine passée de reprendre les manifestations de rue, pour exiger la libération des détenus et l’arrêt du processus électoral parla Commission électorale nationale indépendante (CENI).

La coalition des 14 partis de l’opposition, a saisi le ministre de l’administration territoriale de son intention de tenir dans une quarantaine de villes dans le pays, des meetings d’information à l’endroit de leurs militants les 22 et 23 septembre prochains. Sauf que la C14 ne doit pas compter sur la participation du Parti national panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam comme dans un passé récent.

« Toutes les manifestations de rue dans lesquelles le nom du PNP figure, que personne ne vienne nous demander si le PNP figure ou non. Car, selon les 13 autres partis politiques de la coalition, il faut à tout prix organiser des marches ces moments-ci. Et pour le PNP, il n’en est pas question », a expliqué Ouro-Djikpa Tchatikpi, le conseiller du président du PNP, interrogé sur le sujet.

Edem Abalo Atantsi, Chargé des affaires politiques à l’Alliance nationale pour le changement (ANC), a estimé que les responsables du PNP justifient leur décision par un programme lié à la mise en place des bureaux fédéraux de leur parti.

Un argument que ne partage pas le Vice-président de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI). « M. Atantsi ne prend pas part aux réunions de la coalition. Les responsables du PNP ne nous ont pas dit à la réunion qu’ils ne participeront pas aux meetings parce qu’ils sont en train de mettre en place des bureaux quelque part. Il a peut-être fait ses affirmations sous le coup de la colère », a déclaré Laurent Kodjogan Atsu dans une émission sur radio de la place.

Depuis jeudi, coup de théâtre, le CAR de Me Agboyibor qui longtemps participe aux meetings et aux marches, annonce qu’il se désolidarise des prochaines manifestations de la C14 ; « Il n’est pas question pour le CAR de participer aux meetings d’information que la C14 projette sur toute l’étendue du territoire national », apprend-t-on du parti.

Pire, ce qui risque de diviser les 14 partis encore, c’est l’appel ou non à leur militant à se faire recenser du 1er au 24 octobre prochain pour les élections locales et législatives respectivement le 16 et 20decembre 2018.

« Nous ne sommes pas concernés par ce processus électoral organisé par la CENI. Nos militants ne seront pas associés à ces enroulements », a déclaré Prof Aimé Tchabouré Gogué.

Malheureusement, cet avis n’est pas partagé par Me Mouhamed Tchassona Traoré, le président national du Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD), parti membre de la C14 qui pense qu’il faut faire une distinction nette entre le processus électoral qui est évolutif et qui est un acte politique et l’acte de recensement qui participe de la citoyenneté parce que le citoyen togolais ne peut exprimer sa citoyenneté qu’à travers sa carte d’électeur.

 « Les fonds mobilisés pour réaliser le recensement, c’est l’ensemble des Togolais qui y participent et c’est sur le budget de l’Etat. Si c’est un financement extérieur, c’est un prêt que nous allons rembourser plus tard. Deuxième chose. Moi je considère le recensement comme un acte administratif majeur qui établit pour chaque citoyen, la preuve de sa citoyenneté. Le citoyen c’est celui-là qui peut changer le destin d’un pays, qui peut changer demain la nature des choses. C’est ça le citoyen », a-t-il souligné chez nos confrère de hara kiri.

« Les Togolais en âge de voter, doivent se mobilisent assez massivement pour aller prendre leurs cartes d’électeur et c’est cela le point de départ des changements de nos mentalités », conseille Me Mouhamed Tchassona. 

La coalition ira-t-elle aux élections ou pas ? Les togolais sont toujours dans l’attente !

Lu 228 fois Dernière modification le vendredi, 21 septembre 2018 15:16

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