jeudi, 30 août 2018 13:40

Politique: Pour Gerry Taama, les parlementaires doivent marquer l'histoire des réformes au Togo Spécial

Écrit par
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Il est temps, messieurs les députés Il est temps, messieurs les députés

Un mois après la proposition pertinente d'une feuille de route pour les réformes constitutionnelles et institutionnelles au Togo, par la Communauté Economiques des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), en vue d'une sortie apaisée de la crise politique, c’est le statu quo auprès des acteurs politiques dans la mise en œuvre.

Ceci, n’est pas du bon goût de Gerry Taama, président du Nouvel Engagement Togolais (NET), qui interpelle les parlementaires à prendre leur responsabilité le plus tôt possible afin que ces réformes se fassent avant les élections législatives du 20 décembre prochain.

"Il est temps, messieurs les députés, d’œuvrer courageusement pour les réformes constitutionnelles dans ce pays en ouvrant un débat à l’Assemblée Nationale, quelle que soit d'où vienne l'initiative", déclare-t-il dans une lettre ouverte aux élus du peuple.

Voici l'intégralité de la Lettre ouverte aux parlementaires togolais
 
J'ai longuement hésité avant de faire cette lettre, parce que certains diront, à raison d'ailleurs, pourquoi moi, Gerry Taama, politicien, ne suis-je pas à l'assemblée nationale et me permets-je d'écrire à nos honorables députés?
Ceci pour deux raisons: la première est que être un homme politique ne fait pas moins de moi un citoyen comme tout autre, donc ayant vocation à interpeller les représentants de la nation. La seconde raison est plus prosaïque. En 2013, j'ai réuni derrière ma liste plus de voix que certains députés aujourd'hui présents à l'assemblée nationale. La faute à un découpage électoral décrié par nous tous, mais qui ne change pas. Enfin, toujours pas.
Ce soir j'écris donc à nos honorables députés pour les interpeller sur l'absence d'initiative à l'assemblée nationale pour opérer les réformes constitutionnelles, nonobstant la feuille de route de la CEDEAO.
En effet, le 31 juillet 2018, les chefs d'Etat de la CEDEAO, s'agissant de la crise togolaise, ont fait une série de recommandations pour les réformes constitutionnelles.
- Limitation du nombre de mandats présidentiels à deux.
- Mode de scrutin présidentiel à deux tours.
- Recomposition de la cour constitutionnelle et en limiter le nombre de mandats
- Renforcement du processus électoral, avec une participation inclusive des acteurs à la CENI.
Ces recommandations, bien que ne satisfaisant pas toutes les parties, ont pourtant été saluées comme des avancées majeures par toute la classe politique, associées aux autres propositions comme les élections législatives pour le 20 décembre 2018, le vote des togolais de la diaspora et la poursuite des mesures d'apaisement.
Presque un mois après la diffusion de ces recommandations, nous nous attendions à ce que parallèlement à l'organisation des législatives, les réformes constitutionnelles engendrent rapidement des débats à l'assemblée nationale, en vue de leur adoption avant les élections législatives. Force malheureusement est de constater que si la composition de la CENI donne lieu à une foire d'empoigne, les réformes constitutionnelles semblent avoir été léguées aux calendes grecques.
L'opposition parlementaire aurait certes pu introduire une proposition de loi et susciter ainsi un débat concret, mais celle-ci reste muette.
Le gouvernement, si prolifique en projets de loi, et qui avait déjà, le 4 septembre 2017, introduit un projet de loi presque similaire, en dehors de recommandations sur la cour constitutionnelle, reste aussi silencieux.
Il est temps, messieurs les députés, d’œuvrer courageusement pour les réformes constitutionnelles dans ce pays en ouvrant un débat à l’Assemblée Nationale, quelle que soit d'où vienne l'initiative.
Notre peuple vous pardonnera difficilement de faire ces élections législatives comme nous le recommande la CEDEAO le 20 décembre 2018, sans avoir procédé au préalable aux réformes constitutionnelles.
Même le vote des Togolais de la diaspora et une recomposition éventuelle de la CENI ne peuvent être opérées que par une modification du code électoral, donc par un vote à l'Assemblée Nationale.
Alors messieurs les députés, au travail.
Pour le bonheur du peuple togolais.
Vive le Togo.
Gerry Taama
Lu 200 fois Dernière modification le jeudi, 30 août 2018 13:57

Laissez un commentaire

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.