mercredi, 15 août 2018 17:37

Politique : A la CENI, le bruit de l'ouragan n’empêche pas les poissons de dormir Spécial

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Apparemment, la CENI ne fait que respecter le code électoral Apparemment, la CENI ne fait que respecter le code électoral

La situation politique au Togo, encore une fois, risque de s’envenimer si les facilitateurs n’interviennent pas vite.

Conformément à la feuille de route de la CEDEAO le 31 juillet, au 53è sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de la CEDEAO exhortant le Togo à procéder à la révision intégrale du fichier électoral en vue de l’organisation des élections législatives le 20 décembre 2018, le 13 Août dernier, était la date butoir annoncée par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) pour que les formations politiques transmettent la liste actualisée de leurs représentants au sein des 38 Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI).

Malheureusement, l’appel a eu un écho « silencieux » favorable auprès de la coalition des 14 partis politiques (C14) de l’opposition. D’ailleurs, les sorties de des leaders à cette annonce démontrent à suffisance qu’ils ne sont pas au même diapason à collaborer avec l’instance organisationnelle qu’ils jugent incompétente et illégitime.

« Nous n’allons pas répondre à cette demande. Nous devons montrer qu’au sein de l’opposition nous sommes des gens sérieux », a déclaré Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, coordonnatrice de la coalition.

Certains sont partis loin comme Nathanaël Olympio, l’un des membres de la coalition qui estime que la décision annoncée par la CENI est contraire au processus de sortie de crise défini par la CEDEAO. « Ce n'est pas le moment de parler d'élection. Il faut d'abord mettre en œuvre les recommandations prescrites par la CEDEAO. Ne poussons pas les Togolais à la révolte. Cela va être un ouragan que personne ne pourra contenir si la Céni persiste à organiser les élections », a –t-il déclaré

 Le président de la CENI Prof Kodjona KADANGA, à cinq mois d’une élection législative, ne veut pas lancer son institution dans une course de TGV à la dernière minute pour bâcler le processus ; « La CENI va s’atteler à mettre tout en œuvre pour remplir sa mission d’organisation et de supervision des consultations électorales, dans le respect de la constitution togolaise et du code électoral. A cet effet la CENI a repris ses activités pour la préparation des opérations de recensement afin de disposer d’un nouveau fichier électoral », a-t-il déjà annoncé bientôt une semaine, tout en invitant les parties prenantes et la classe politique à œuvrer à la réussite du processus électoral dans un esprit d’équité et de transparence.

Mais en attendant, que les retardataires ne prennent le train en marche,la CENI, a déjà publié mardi la composition des noms des membres des Commissions Électorales Locales Indépendantes(CELI) à l’issue d’une séance plénière suivant les propositions reçues des partis politiques, et de l’administration. Les membres nommés sont issus de la majorité parlementaire UNIR et de partis extraparlementaires comme le NET, OBUTS, PDR et l’UFC.

Reste toujours 04 bonnes places que devraient occuper des représentants de l’opposition parlementaire pour renforcer l’équipe existante selon la feuille de route de la CEDEAO.

L’opposition exige toujours une recomposition de la CENI.

Mais au niveau du pouvoir, cette exigence n’est pas à tolérer. Selon le Délégué général des sages du parti Union pour la République (Unir), Charles Kondi Agba, il ne sera plus question de recommencer à zéro les travaux de la CENI.

« La CENI est là, des places sont restées vides. Apparemment la feuille de route invite ceux qui avaient fait la politique de la chaise vide à revenir prendre leur place. Cette CENI est consensuelle. Elle est issue à la suite d’une autre crise et adoptée par l’opposition et le pourvoir lors de l’Accord Politique Globale (APG). Faut-il encore chercher un autre consensus ? Non. Dès lors qu’on trouve un consens, on le considère comme un gain et on continue le chemin. On ne peut plus recommencer à Zéro », précise le Délégué général des sages de l’Union pour la République (UNIR).

Cet avis est entièrement partagé au niveau du Nouvel Engagement Togolais (NET)), de Gerry Komandega TAAMA.

« Il n’a jamais été question dans la feuille de route de la CEDEAO, d’une recomposition de la CENI comme l’avance une partie de l’opinion nationale. La CEDEAO a parlé de recomposition de la Cour constitutionnelle et d'une participation inclusive des acteurs politiques à la CENI. J'attends seulement de voir là-où c'est écrit que nous ne sommes pas acteurs politiques ou que la CENI doit être recomposée. Par ailleurs je note que cette CENI non seulement est issue d'un consensus après l'Accord Politique Global (APG), mais la présence effective de certains à cette CENI n'a jamais empêché ceux qui gagnent de gagner. Ridicule tout ça », écrit-il.

« Nous considérons que le problème soulevé par les uns et les autres ne peut trouver satisfaction que par l'arbitrage de la CEDEAO. Autrement dit, si les facilitateurs trouvent que les recommandations de la CEDEAO sont déviées, il leur revient de remettre la CENI sur le droit chemin. Nous avons une CENI qui est composée sur les bases de l'article 12 du code électoral et qui fonctionne sur les bases de l'article 36 du code électoral qui considère qu'à partir de 9 personnes, le quorum est atteint», a-t-il soutenu.

Apparemment, la CENI ne fait que respecter le code électoral.

Les CELI sont les démembrements de la CENI. Elles sont composées de sept membres chacune, dont :

– Un magistrat qui en est le président

– Un représentant de l’administration

– Deux représentants de la majorité parlementaire

– Deux représentants de l’opposition parlementaire

– Un représentant des partis politiques extra parlementaires.

Lu 265 fois Dernière modification le mercredi, 15 août 2018 21:12

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