lundi, 13 août 2018 17:10

Politique : Pourquoi la C14 maintient le statu quo contre la CENI ? Spécial

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Le siège de la CoENI à Lomé Le siège de la CoENI à Lomé

Ce 13 Août, est la date butoir annoncée par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) pour que les formations politiques transmettent la liste actualisée de leurs représentants au sein des 38 Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI) dans le cadre des préparatifs des élections législatives de décembre prochain comme fixées par la feuille de route de la CEDEAO le 31 juillet dernier.

Malheureusement, cet appel semble ne pas avoir d’écho favorable auprès de la coalition des 14 partis politiques (C14) de l’opposition. Les sorties de ces leaders politiques depuis cette annonce démontrent à suffisance qu’ils ne sont pas prêts à collaborer avec l’instance organisationnelle.

« Nous n’allons pas répondre à cette demande. Nous devons montrer qu’au sein de l’opposition nous sommes des gens sérieux », a déclaré Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, coordonnatrice de la coalition, au micro d’une radio privée ce lundi.

Pour la C14, la Céni s’arrime à un instrument aux mains du pouvoir et aucun acte de cette Commission se sera prise en compte. « Ne jouons pas avec le destin des Togolais. La Céni ferait mieux d’arrêter le plus tôt possible », a souligné, la coordinatrice de la C14.

A cette allure, la légitimité de la Céni est remise en cause par la C14 alors que certains partis de l’opposition font bonne figure depuis l’élection du nouveau bureau en Octobre 2017. Au lendemain de leur désignation par l’Assemblée nationale, certains nouveaux élus pour le compte de la société civile ont ainsi été attaqués pour leur supposée militantisme au sein du parti au pouvoir et même de l’opposition. D’un côté, par exemple, Yawa Kouigan est accusée d’être membre du parti au pouvoir, tandis que Ouro-Bossi Tchacondo serait proche des Forces Démocratiques pour la République (FDR), une formation membre de la coalition de l’opposition à l’origine des manifestations de ces dernières semaines.

Alors du moment où la C14 a pris acte de la feuille de route qui fixe les législatives au 20 décembre prochain n’y a-t-il pas nécessité d’aller au recensement électoral et disposer d’un fichier électoral consensuel au plus vite pour ne pas être surpris par le délai ?

Paradoxe d’analyse chez Nathanaël Olympio, l’un des membres de la coalition qui estime que la décision annoncée par la CENI est contraire au processus de sortie de crise défini par la CEDEAO. « Ce n'est pas le moment de parler d'élection. Il faut d'abord mettre en œuvre les recommandations prescrites par la CEDEAO. Ne poussons pas les Togolais à la révolte. Cela va être un ouragan que personne ne pourra contenir si la Céni persiste à organiser les élections », a –t-il déclaré dimanche.

Reste à savoir si l’élection dont parle Olympio ne fait plus partie des recommandations de la CEDEAO ?

Même son de cloche la semaine passée au niveau d’un autre parti membre de la C14, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) dont Jean Kissi, le Secrétaire général qualifie de « provocation, une bavure » dès l’annonce de l’organe chargé d’organiser les législatives ; « La Céni fait partie des réformes à faire pour inclure tous les partis. Cette bavure est une façon de se dérober du sujet principal », estime Kissi.

Alors avec quelle CENI faut-il aller aux élections législatives de décembre 2018 ? A cette question, le pouvoir ne cherche pas par mille chemins la réponse efficace.

Selon le Délégué général des sages du parti Union pour la République (Unir), Charles Kondi Agba, dans émission le 01 août, au lendemain de la sortie des recommandations, les élections restent une priorité au niveau de son Parti. « Nous devons aller de toutes les façons aux élections et tout le monde le sait bien. Le mandat actuel des députés est fini en mi-août. Les élections ont une façon normale de se passer partout», fait-il savoir.

Toutefois souligne-t-il, il ne sera plus question de recommencer à zéro les travaux de la CENI. « La CENI est là, des places sont restées vides. Apparemment la feuille de route invite ceux qui avaient fait la politique de la chaise vide à revenir prendre leur place. Cette CENI est consensuelle. Elle est issue à la suite d’une autre crise et adoptée par l’opposition et le pourvoir lors de l’Accord Politique Globale (APG). Faut-il encore chercher un autre consensus ? Non. Dès lors qu’on trouve un consens, on le considère comme un gain et on continue le chemin. On ne peut plus recommencer à Zéro », précise le Délégué général des sages de l’Union pour la République.

La CENI dans sa composition actuelle vise à donner un avantage certain au régime ? Pour les togolais, la C14, ne doit plus commettre les erreurs du passé en boycottant les réformes et élections ; « L'opposition s'est lancée dans une tentative de blocage inutile et vouée à l'échec. Autant laisser l'opposition composer la CENI elle seule. Quoi qu'il en soit la CENI ne sera jamais dominée par la minorité que constitue l'opposition. Pour rappel, c'est cette même opposition qui a rejeté la mise en place d'une CENI Technique », analyse un expert électoral.

Justement, l’idée d’une CENI technique a été avancée en début d’année par le gouvernement à travers le ministre de l’Administration. Là encore, l’idée a reçu une fin de non-recevoir de l’opposition qui se méfie du profil des personnalités qui pourraient être choisies pour y siéger.

La règle de la CENI prévoit une composition de (17)  membres dont : Cinq désignés par la Majorité Parlementaire; Cinq désignés par l’Opposition Parlementaire; Trois désignés par les Partis Politiques, Extraparlementaires élus par l’Assemblée nationale ; Trois de la Société Civile élus par l’Assemblée nationale ; Un désigné par l’Administration.

Depuis 2017, il ne reste que la place pour les 4 représentants de l’opposition parlementaire.

Que veut réellement la C14 ? Selon des indiscrétions, le Parti national panafricain(PNP) de Tikpi Atchadam n’a pas d’élus à l’Assemblée nationale. Le PNP n’a pas, non plus, fait de proposition de noms au titre des places réservées aux partis extra-parlementaires. Or, s’il faut s’en tenir à la réalité sur le terrain depuis deux mois, ce parti aurait toute sa place au sein de la Commission électorale.

Depuis des années, la question de la Ceni divise la classe politique togolaise.

Joseph

Lu 305 fois Dernière modification le mercredi, 15 août 2018 13:04

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