mardi, 24 juillet 2018 18:10

Politique : La feuille de route de la CEDEAO a déjà du plomb dans l'aile avant le 31 juillet prochain Spécial

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les valeurs, les normes et les principes qui sous-tendent la démocratie et l 'Etat les valeurs, les normes et les principes qui sous-tendent la démocratie et l 'Etat

A quelques jours du dénouement de la crise politique au Togo par la CEDEAO le 31 juillet prochain, difficile de comprendre les agitations de la classe politique : des leaders de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition qui sont sur l’offensive, au niveau du pouvoir, c‘est la défensive de la grande muraille, face à une crise qui dure depuis 11 mois (19 août 2017), au moment où les togolais traversent une situation socioéconomique précaire.

En effet, la guerre médiatique que livre la C14 montre à suffisance que la tension politique risquerait de bien mal trouver une porte de sortie le plutôt que prévue dans les jours à venir.

Les meetings dits d’information et de sensibilisation de remobilisation des militants dans les villes du pays, les menaces proférées à l’endroit de la CEDEAO sont des preuves palpables que la feuille de route promue a déjà du plomb dans les ailes. Alors qu’il reste quelques jours à la tenue du fatidique sommet des Chefs d’Etats et de Gouvernement, la position ferme du Secrétaire à la Communication de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), membre de la Coalition des 14 partis politiques (C14) en est une. Pour Eric Dupuy, le peuple a le droit de dire « Non » s’il n’est pas d’accord avec les propositions de la CEDEAO. « Nous avons le droit de dire non, si la décision de la CEDEAO ne nous convient pas », a-t-il dit.

A en croire M. Dupuy, une initiative de la communauté internationale, notamment la CEDEAO qui n’aidera pas le Togo à tourner la page de ce régime, et à réaliser l’alternance politique sera mal accueillie. « Les Togolais ont besoin de liberté. Ils ont besoin de l’alternance politique pour le développement économique et social. Il faut qu’ils nous aident pour que l’alternance politique soit effective le plus rapidement possible », a souligné Eric Dupuy.

Ce mardi c’est le tour d’un autre leader, Nathaniel Olympio, du parti des Togolais, d’appeler la jeunesse de l’espace CEDEAO à soutenir le « combat » du peuple togolais ; « les chefs d’Etat de la CEDEAO s’apprêtent à proposer une solution de sortie de crise lors du sommet qu’ils tiendront à Lomé le 31 Juillet 2018. Mais la vigilance s’impose car la feuille de route attendue de ce sommet doit absolument tenir compte des aspirations profondes du peuple togolais », peut-on lire dans une lettre rendue public et d’ajouter ; « Elle ne peut aucunement ouvrir la voie au chef de l’Etat togolais de prétendre postuler à un quatrième mandat présidentiel, alors qu’il en exerce déjà un troisième en violation de la règle communautaire. Le contraire serait incompréhensible, injuste et surtout de nature à aggraver davantage la crise, avec des conséquences sécuritaires pour le Togo et leurs débordements certains dans la sous-région ».

Déjà, lundi, l’autre leader Antoine Folly, président du parti UDS Togo, membre du C14, ex ministre de Faure Gnassingbé, a juré que la crise perdurera dans le temps si le pouvoir continue de s’opposer aux aspirations du peuple. « Le prochain sommet de la CEDEAO ne serait qu’une étape, il ne sera pas la fin de notre combat pour la démocratie », a-t-il martelé.Et de raviver la flamme « Tous les Togolais souhaitent qu’il n’y ait plus d’autres 19 août. Si les autorités togolaises satisfont aux revendications que porte la coalition des 14 partis au nom du peuple togolais, et que le Togo devient un pays démocratique, évidemment qu’il n’y aura pas de raison qu’il ait d’autres 19 août. Mais si les tenants actuels du pouvoir continuent de prendre le Togo comme leur patrimoine privé et le gèrent comme un héritage familial à jouissance personnelle, les 19 août vont se multiplier ».

 Dimanche, c’était le tour du ministre de la Fonction publique Gilbert Bawara, qui dans une interview accordée à la presse nationale, accuse la C14 d’entretenir une situation insurrectionnelle dans le pays. « La coalition tente d'imposer son diktat au gouvernement et sa majorité sans quoi elle reprendrait les manifestations pour rendre le pays ingouvernable. Mais il n'est pas question de céder à la loi de la rue, plutôt que celle de la République. C'est pour cela qu'il n'y aura plus jamais d'autre 19 août 2017 ».

Pour Gilbert Bawara, la feuille de route n’ira pas à l’encontre des principes démocratiques de l’organisation sous régionale contrairement à ce que pensent certains leaders de la C14, à propos du contenu de la feuille de route de la CEDEAO qui doit permettre une alternance pacifique; « les repères et le fondement des décisions attendues sont parfaitement connues, ce sont les valeurs, les normes et les principes qui sous-tendent la démocratie et l 'Etat, qui s'appuient solidement sur des règles juridiques essentielles et que reprennent largement les instruments communautaires pertinents, notamment le protocole additionnel de la CEDEAO relatif à la démocratie et à la bonne gouvernance ».

Toutes ces sorties politiques avant le grand sommet de Lomé, démontrent à plus forte raison, le choix spécifique et difficile qu’attend les chefs d’Etats et de gouvernement de la CEDEAO pour une véritable sortie de la crise au Togo.

Le sommet de Lomé ne sera qu'une étape dans la crise togolaise quel qu'en soit ce que dira la CEDEAO ? Cette intervention de la CEDEAO avec sa feuille de route devra être une étape importante mais pas suffisante ?

La réponse à ces questionnements semble trouver sa réponse au niveau du gouvernement ; « Dès le 1er août prochain, le temps des diktats, des postures de blocage et d'une volonté manifeste de statu quo que dénoncent à juste titre certains dirigeants étrangers sera totalement révolu. S'ouvrira alors un chapitre nouveau et chacun comprendra que la sagesse et le sens de responsabilité de la majorité silencieuse et des pouvoirs publics ne sont nullement des signes de faiblesse et de résignation. Les togolais aspirent à la quiétude et au bien-être et c'est la responsabilité des pouvoirs publics de les leur assurer», rassure Gilbert Bawara.

« Les facilitateurs soutiendront les acteurs politiques togolais dans la réalisation des réformes constitutionnelles, dans le respect des délais légaux des réformes de la démocratie et des principes de l’Etat de droit », a déjà prévenu le président de la commission de la Cédéao dans une récente visite à Lomé.

Et le peuple regarde seulement!!!

Lu 339 fois Dernière modification le mardi, 24 juillet 2018 18:43

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