jeudi, 05 juillet 2018 07:38

Entretien avec LAHOUAL Kouider, Expert en commerce international intégration Maghrébine Africaine et Arabe ; « Le Maroc ne cherche pas juste à vendre dans la CEDEAO mais transmettre aussi son savoir-faire » Spécial

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les pays de la CEDEAO s’intéressent à ce partenariat mais seulement chacun préserve d’abord son intérêt les pays de la CEDEAO s’intéressent à ce partenariat mais seulement chacun préserve d’abord son intérêt

Les chefs d’Etat et de gouvernements de la CEDEAO lors de leur sommet à Monrovia ont annoncé accepter la venue du Maroc en principe au sein de la CEDEAO et donnent ainsi mandat à la commission de la CEDEAO de pouvoir entreprendre des études approfondies et dans la recherche des analyses qui leur permettront de prendre des décisions définitives dans le futur.

Ils se sont réunis en décembre à Abuja et ils ont formé une commission faite de chefs d’Etats qui va superviser la commission dans la recherche de ses analyses qui leur permettront d’avoir une vision éclairée sur la question de l’adhésion d’un certains nombres de pays de l’Afrique du nord notamment le Maroc et la Tunisie.

Quel est l’avenir de ce nouveau partenariat entre le Maroc et la CEDEAO ? « C’est une négociation commerciale de longue haleine et difficile dont le processus a démarré mais qui va surement aboutir. Il faut approfondir les contacts, les communications entre le secteur privé et public et à l’ensemble des pays. Le Maroc ne cherche pas juste à vendre dans la CEDEAO mais transmettre aussi son savoir-faire », a expliqué LAHOUAL Kouider, Expert en commerce international intégration Maghrébine Africaine et Arabe dans cet entretien qui suit : 

 

Quel regard jetez-vous sur la future relation économique entre le Maroc et la CEDEAO ?

Merci pour l’intérêt que vous portez à la relation économique et commerciale entre le Maroc et la CEDEAO. Elle ne peut qu’être positive, pour preuve, elle est ancestrale, et se renforce à plusieurs niveaux dans le domaine économique, commercial, politique et culturel entre le Maroc et tous les pays de la CEDEAO. Egalement par des appuis techniques, les visites officielles de sa Majesté le Roi dans certains pays de l’Afrique de l’ouest pour soutenir de nombreuses familles. Le brassage du Maroc à accompagner, à redynamiser les pays de la CEDEAO dans leur effort de développement et d’intégration de leur économie régionale, africaine et internationale. Le Maroc est outillé par son expérience et savoir-faire avec un secteur privé très dynamique qui a cumulé des expériences importantes durant des années à travers des accords de libre-échange. Il faut signaler que le pays a des niveaux d’expériences dans la dynamique du commerce international. En 1987, le Maroc a adhéré à l’Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce (GATT), puis à l’OMC en 1995 et a été membre fondateur duSystème généralisé de préférences (SPG) commerciales entre les pays en voie de développement entre plusieurs Etats.Son majesté le Roi Hassan II avait lancé l’initiative en faveur des pays les moins avancés de l’Afrique en général et ceux des pays de la CEDEAO en particulier qui continuent à en profiter. Beaucoup de pays sont liés au Maroc soit par des accords commerciaux, soit des conventions commerciales et tarifaires qui prévoient des échanges de listes de produits à l’exonération des droits de douanes. Le Maroc a toujours prouvé son intérêt particulier à développer et à accorder une importance particulière au développement de ses relations avec les pays de la CEDEAO.

Quels sont les rapports particuliers du Maroc avec chaque pays ?

Il existe des relations bilatérales sur le plan économique et commercial mais aussi multilatérales. Les relations du Maroc avec les pays de la CEDEAO pris individuellement sont dans un cadre juridique mais l’équilibre dépend du dynamisme des uns et des autres. Par exemple, le secteur privé marocain est plus dynamique avec un objectif et met les moyens, en quelque sorte la volonté de pousser les relations. Je dirai qu’au niveau du Maroc, la porte n’est pas fermée aux produits compétitifs sur le marché local de la CEDEAO. Le pays est présent dans la sous-région ouest africaine dans la téléphonie, la télécommunication, les banques, l’agroalimentaire. Ce que cherche l’opérateur économique c’est de ne pas avoir tout simplement un cadre juridique pour des relations bilatérales ou multilatérales mais des mesures possibles, d’autres facteurs qui peuvent l’aider à accomplir sa mission et à commercialiser, à développer son business avec les deux parties, notamment le transport, un secteur dans lequel, le Maroc a ouvert longtemps des lignes avec pratiquement 14 pays de l’Afrique de l’ouest. La présence de nombreuses banques marocaines est importante également dans ces pays, tout ceci, dans l’intérêt de créer un environnement favorable aux opérations commerciales et de tranquilliser les opérations financières, sans oublier le soutien politique pour promouvoir et développer plus les échanges. Il ne faut pas rester cloisonner sur le déficit et l’excédent dans le commerce. Le Maroc sollicite un cadre juridique par la demande à son adhésion à la CEDEAO pour créer un environnement favorable surtout les domaines importants dans lesquels travaille la CEDEAO. Voilà, le Maroc est venu frapper à la porte, il est preneur. C’est une négociation qui est généralement difficile et longue mais qui a déjà commencé sur de bonne base avec le potentiel des uns et des autres!

Si le Maroc a déjà de bonne relation avec les pays de la CEDEAO, que veut-il gagner encore en adhérant à la CEDEAO ?

Il faut reconnaitre que la CEDEAO a franchi des étapes très importantes dans son intégration. Comme je l’ai déjà dit, le Maroc a un cadre juridique avec certains pays mais espère aller à des étapes plus avancées basées, sur le libre-échange, l’union douanière. La longue expérience sur le libre échange du Maroc pourra profiter beaucoup à la CEDEAO notamment le pays a conclu des accords de libre-échange avec plus de 54 pays avec les Etats unis, l’Union européenne, dans le contexte arabe, islamique, magrébin donc les hommes d’affaires ont cette culture de travailler dans un cadre juridique préférentiel, idem pour les opérateurs économiques de la CEDEAO. Maintenant, comment trouver un canal entre les opérateurs économiques marocains et ceux de la CEDEAO pour travailler dans un cadre préférentiel. Je crois que ce cadre ne peut qu’être judicieux aux uns et aux autres. C’est une volonté politique manifeste et ferme à un niveau très haut du Maroc avec une implication de sa Majesté le Roi de renforcer encore plus les relations économiques et commerciales.

Comment voyez-vous l’avenir des relations économiques et commerciales entre le Maroc et la CEDEAO ?

Je suis très confiant ! Car c’est une négociation commerciale de longue haleine et difficile dont le processus a démarré mais qui va surement aboutir. Il faut approfondir les contacts, les communications entre le secteur privé et public et à l’ensemble des pays. Le Maroc et la CEDEAO sont bien placés dans une dynamique et il ne faut pas qu’il soit dépassé par un cadre continental de libre échange qui a été déjà signé entre les pays africains. Le Maroc tend la main à la CEDEAO pour travailler avec elle mais aussi avec tout le continent africain. Le Maroc est l’un des signataires de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine (Zlec). D’une manière et d’une autre, la relation économique et commerciale entre la CEDEAO et le Maroc et l’ensemble des pays de l’Afrique ne va que prospérer et continuer pour répondre aux aspirations de la population africaine.

Quels sont les produits que propose le Maroc à la CEDEAO ?

Le Maroc a développé son savoir-faire dans plusieurs secteurs notamment dans la pêche, l’agroalimentaire, banques et services, la télécommunication etc. il y a plusieurs secteurs dans lesquels les deux entités peuvent travailler. Maintenant c’est à la CEDEAO de montrer son potentiel. Le commerce international est basé sur la compétitivité, qui implique la qualité des produits. C’est à la CEDEAO de développer son créneau pour produire certaines offres exportables sur le marché marocain. Le Maroc a déjà pas mal de produits exportables en Europe et sur d’autres continents qu’il proposera à la CEDEAO.

Comment le peuple Marocain accueille cette relation économique et commerciale ?

Les populations marocaines et africaines sont liées sur le plan religieux et humain. La majorité des cadres de l’Afrique de l’ouest ont étudié au Maroc. C’est un peuple qui se connait davantage et d’ailleurs c’est pour renforcer ces relations ancestrales que le Maroc tend la main à la CEDEAO pour créer encore un environnement propice et développer les relations humaines entre les populations et autres. Sur le plan économique, le Maroc a entamé déjà sa caravane d’exploration et de partenariat avec les pays de l’Afrique de l’ouest depuis 2010 en amenant ces hommes d’affaires, les encourager et proposer des partenariats, des investissements. Le Maroc ne cherche pas juste à vendre dans la CEDEAO mais transmettre aussi son savoir-faire. Par exemple dans les pays arabes, le Maroc a développé beaucoup de partenariats dans les secteurs stratégiques qui touchent les populations allant de la formation à la médecine, la pharmacie, énergie, télécom, informatique. Ces expériences acquises durant des années avec les pays européens et autres, dans un environnement régional seront transférées à la demande des pays de la CEDEAO.

Je constate que les pays de la CEDEAO s’intéressent à ce partenariat mais seulement chacun préserve d’abord son intérêt le temps de digérer le processus technique et en matière de statistique des données dans un débat continu sur tous les plans. Le Maroc reste toujours à la disposition de la CEDEAO pour toutes les questions préoccupantes. Travaillons pour une intégration régionale bénéfique pour l’économie de la CEDEAO et de l’Afrique.

 

Propos recueillis par GADAH Joseph

Lu 284 fois Dernière modification le jeudi, 05 juillet 2018 08:00

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