jeudi, 07 juin 2018 22:49

Agriculture : La CEDEAO ressuscite sa réserve de sécurité alimentaire

Écrit par
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Rendre opérationnellepour le bonheur des populations les plus vulnérables Rendre opérationnellepour le bonheur des populations les plus vulnérables

La région Afrique de l’Ouest et du Sahel connaît depuis plusieurs années, des situations d’insécurité alimentaire récurrente pour des raisons liées au secteur agricole par un manque de pluies, une hostilité de la nature sur l’homme et ses moyens de production, les effets du réchauffement climatique, la présence des prédateurs qui détruisent les productions.

La région récence également les réseaux djihadistes qui menacent un certain nombre de pays de la sous-région et qui ont des impacts sur les capacités de production des populations surtout dans le domaine du secteur agricole.

A force de réfléchir à ces phénomènes, les chefs d’État d’Afrique de la CEDEAO sont convenus de créer une Réserve régionale de sécurité alimentaire (RRSA).

C’est pourquoi, a été tenu le 06 juin à Ouagadougou le Comité technique ministériel spécialisé agriculture, environnement et ressources en eau de la CEDEAO dont les travaux sont axés sur l’examen et l’adoption des modalités de fonctionnement et d’opérationnalisation de la RRSA.

« Nous avons saisi cette opportunité, en tant que représentant du président en exercice de la conférence des chefs d’État de la CEDEAO, pour lancer un appel à tous les États de la CEDEAO afin que les fonds qui étaient prévus au niveau de chaque État pour la constitution de cette réserve soient levés de façon à la rendre opérationnelle, pour le bonheur des populations les plus vulnérables », a indiqué Colonel Ouro-Koura Agadazi, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche du Togo.

En outre, il est question de mettre en place une structure de gestion technique pour pouvoir mobiliser les stocks au niveau des pays de la région et convenir des conditions dans lesquelles les stocks devraient être déstockés pour répondre aux sollicitations des pays.

Pour le moment, la sous-région doit compter avec ses partenaires techniques et financiers que sont l’Union européenne, l’Agence française de coopération et la Coopération espagnole qui ont eu déjà à mobiliser 56 000 000 d’euros, soit plus de 36 milliards de F CFA, ce qui a permis à la CEDEAO de constituer un stock physique de 25 000 tonnes de céréales cette année.

Comme perspectives à moyen terme, la RRSA prévoit une réserve de 60 000 tonnes avec une mobilisation de fonds qui varie entre 25 à 30 millions de dollars.

Par ailleurs, il faut reconnaitre que la souveraineté de l’espace communautaire dépendra de la capacité dont les pays feront montre pour pouvoir constituer rapidement cette réserve en vue d’éviter l’importation des produits.

« En Afrique, 7 milliards de dollars sont engagés pour le riz. Cela est énorme et greffe nos économies. C’est la même tendance que nous avons au niveau de la CEDEAO.  La réserve va non seulement diminuer le taux d’importation des produits alimentaires d’Asie vers la CEDEAO mais aussi permettre de créer un espace communautaire à travers lequel les petits producteurs pourront placer leurs produits », a souligné Colonel Ouro-Koura Agadazi.

Le Burkina Faso a été désigné pour abriter le siège du Réseau des structures publiques en charge de la gestion des stocks nationaux de sécurité alimentaire.

Ce réseau regroupe les 15 États de la CEDEAO et deux « pays frères » que sont la Mauritanie et le Tchad, soit 17 États.

Lu 215 fois Dernière modification le jeudi, 07 juin 2018 23:33

Laissez un commentaire

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.